Il a été maire de la Cité du sel de 2005 à 2020, élu dans la majorité de droite des Rocca Serra depuis 1983. Mais il y a six ans, Georges Mela a été battu par le nationaliste Jean-Christophe Angelini. Chantre d'une opposition qui se voulait "constructive", Georges Mela repart aujourd'hui en campagne. Auprès de Corse Net Infos, il pointe les principaux désaccords qu'il nourrit à l'encontre de l'équipe sortante, évoque ses projets pour Porto-Vecchio, et sans éluder sa propre remise en question.

Georges Mela a été maire de Porto-Vecchio pendant quinze ans. Battu en 2020 par Jean-Christophe Angelini, il repart en campagne.
- Georges Mela, vous avez été maire de Porto-Vecchio pendant quinze ans, jusqu’en 2020. Qu’est-ce que ça fait de se retrouver dans l’opposition pour la première fois ?
L’opposition, j’ai découvert que c’était une culture particulière. Il est toujours beaucoup plus facile de critiquer lorsqu’on s’inscrit dans cette démarche, que de proposer. Pour éviter ces écueils, je voudrais tout de suite préciser une satisfaction : celle d’avoir démontré avec mon équipe, pour la première fois dans l’histoire politique de la ville, que le conseil municipal n’était pas condamné à voir des Porto-Vecchiais se dresser les uns contre les autres, de façon continue. J’ai surtout pris le temps d’observer, d’écouter. Lorsqu’on n’est plus maire, on perçoit différemment les colères, les inquiétudes et les attentes exprimées par les Porto-Vecchiais.
- Et quel a été le principal grief que vous avez pu faire à la majorité sortante ?
Je me suis rendu compte que cette municipalité avait une vision de la commune qui était davantage tournée vers l’initiative publique, ce qui en soi ne serait pas une mauvaise chose si ça ne prenait pas le pas sur l’initiative privée. Mais force est de constater que cela a été le cas, ce qui s’est traduit par une fiscalité supplémentaire, au détriment de l’investissement. Moi, je suis avant tout un libéral et je fais davantage confiance à la gestion privée. Une collectivité doit faire confiance à l’ensemble des entreprises qui l’entourent et qui constituent le tissu économique de cette région.
- Un exemple de cette gestion publique qui ne vous convient pas ?
Le plan « Accasà si ! » avec la production de 1 000 logements. Aussi nécessaire soit-elle, cette production de logements est essentiellement centrée sur le social.
- Ce plan prévoit principalement la création de logements locatifs intermédiaires (LLI), qui ont été conçus pour la classe moyenne qui n’a pas accès aux logements sociaux…
J’ai discuté avec bon nombre de personnes. Le prix au mètre carré pour un couple, si on veut un F2, il flirte avec les 310 000 euros. Or, quand on sait qu’il faut 35 % d’endettement, on comprend qu’il faut avoir un salaire moyen familial de 5 à 6 000 euros. Or, qui a ça aujourd’hui en salaire ? Il faudrait surtout engager des discussions avec des opérateurs ayant construit à Porto-Vecchio pour faire en sorte que ceux qui sont locataires de logements sociaux depuis 20 ou 25 ans, on les rende propriétaires de ces appartements. Le logement social, ça doit être du logement transitoire, pas du définitif. Cela déboucherait sur un afflux de populations extérieures qui risquerait de bouleverser profondément les équilibres sociaux et culturels de notre région. Le plan « Accasà si ! », ce n’est pas ma vision du logement pour la population porto-vecchiaise. Je préfère qu’elle puisse bâtir, avec en même temps toute une structure économique qui gravite autour, plutôt que de gros opérateurs. Je crois plutôt à l’initiative privée et à l’équilibre social à travers des lotissements communaux pour une population locale.
- Ce plan « Accasà si ! », il part d’un constat, celui de la quasi-impossibilité pour des Porto-Vecchiais de classe moyenne, aujourd’hui, à se loger. Il vise à opérer un rééquilibrage entre résidences principales et résidences secondaires. En 2006, au début de votre mandature, le nombre de résidences secondaires avait dépassé pour la première fois le nombre de résidences principales, selon l’Insee. Et le différentiel s’est ensuite creusé jusqu’en 2022, jusqu’à atteindre 55 % de résidences secondaires à Porto-Vecchio. Comme Jean-Christophe Angelini, est-ce que vous faites un lien de cause à effet entre ce déséquilibrage et la difficulté que les Porto-Vecchiais ont aujourd’hui à se loger à l’année ?
Non, en aucun cas. Dans cette évolution, il y a des immeubles entiers, certes, qui ont été faits pour des résidences secondaires. Mais il y a surtout des résidences secondaires et des facilités opérationnelles qui ont été permises à des investisseurs locaux, qui ont acheté ces appartements-là. On ne peut pas dire qu’il y a eu des périodes qui ont fait la part belle à la résidence secondaire. Lorsqu’un permis de construire est déposé, le maire n’a pas de boule de cristal pour savoir s’il s’agit d’une résidence principale ou d’une résidence secondaire… Et puis moi, je fais une distinction très forte entre les Porto-Vecchiais qui possèdent une résidence secondaire et ceux qui viennent du Continent. Les Porto-Vecchiais qui possèdent une résidence secondaire, à la montagne, par exemple, plus il y en a et mieux je me porte. Donc, quand on lit ces chiffres de l’Insee, il faut faire cette distinction-là. Quand j’étais toujours en responsabilité, la proportion de résidences secondaires réelles était plutôt autour des 38 à 40 %.
- Comment expliquez-vous qu’entre 2016 et 2022, la population porto-vecchiaise a diminué, alors que, dans le même temps, le nombre de logements continuait d’augmenter ?
C’est très simple et rationnel. Les Porto-Vecchiais étant démunis de Plan local d’urbanisme, les constructeurs se sont réfugiés derrière de la constructibilité à étages, sans pour autant se soucier de qui devait y habiter, et bon nombre de personnes ont acheté dans ces résidences. D’ailleurs, on n’a jamais vu autant d’immeubles pousser que ces dernières années. Pourquoi ? Parce que la commune était gelée au niveau de son sol. S’il y avait plus de terrains à bâtir et de terrains constructibles, le prix baisserait et les gens pourraient acheter.
L’opposition, j’ai découvert que c’était une culture particulière. Il est toujours beaucoup plus facile de critiquer lorsqu’on s’inscrit dans cette démarche, que de proposer. Pour éviter ces écueils, je voudrais tout de suite préciser une satisfaction : celle d’avoir démontré avec mon équipe, pour la première fois dans l’histoire politique de la ville, que le conseil municipal n’était pas condamné à voir des Porto-Vecchiais se dresser les uns contre les autres, de façon continue. J’ai surtout pris le temps d’observer, d’écouter. Lorsqu’on n’est plus maire, on perçoit différemment les colères, les inquiétudes et les attentes exprimées par les Porto-Vecchiais.
- Et quel a été le principal grief que vous avez pu faire à la majorité sortante ?
Je me suis rendu compte que cette municipalité avait une vision de la commune qui était davantage tournée vers l’initiative publique, ce qui en soi ne serait pas une mauvaise chose si ça ne prenait pas le pas sur l’initiative privée. Mais force est de constater que cela a été le cas, ce qui s’est traduit par une fiscalité supplémentaire, au détriment de l’investissement. Moi, je suis avant tout un libéral et je fais davantage confiance à la gestion privée. Une collectivité doit faire confiance à l’ensemble des entreprises qui l’entourent et qui constituent le tissu économique de cette région.
- Un exemple de cette gestion publique qui ne vous convient pas ?
Le plan « Accasà si ! » avec la production de 1 000 logements. Aussi nécessaire soit-elle, cette production de logements est essentiellement centrée sur le social.
- Ce plan prévoit principalement la création de logements locatifs intermédiaires (LLI), qui ont été conçus pour la classe moyenne qui n’a pas accès aux logements sociaux…
J’ai discuté avec bon nombre de personnes. Le prix au mètre carré pour un couple, si on veut un F2, il flirte avec les 310 000 euros. Or, quand on sait qu’il faut 35 % d’endettement, on comprend qu’il faut avoir un salaire moyen familial de 5 à 6 000 euros. Or, qui a ça aujourd’hui en salaire ? Il faudrait surtout engager des discussions avec des opérateurs ayant construit à Porto-Vecchio pour faire en sorte que ceux qui sont locataires de logements sociaux depuis 20 ou 25 ans, on les rende propriétaires de ces appartements. Le logement social, ça doit être du logement transitoire, pas du définitif. Cela déboucherait sur un afflux de populations extérieures qui risquerait de bouleverser profondément les équilibres sociaux et culturels de notre région. Le plan « Accasà si ! », ce n’est pas ma vision du logement pour la population porto-vecchiaise. Je préfère qu’elle puisse bâtir, avec en même temps toute une structure économique qui gravite autour, plutôt que de gros opérateurs. Je crois plutôt à l’initiative privée et à l’équilibre social à travers des lotissements communaux pour une population locale.
- Ce plan « Accasà si ! », il part d’un constat, celui de la quasi-impossibilité pour des Porto-Vecchiais de classe moyenne, aujourd’hui, à se loger. Il vise à opérer un rééquilibrage entre résidences principales et résidences secondaires. En 2006, au début de votre mandature, le nombre de résidences secondaires avait dépassé pour la première fois le nombre de résidences principales, selon l’Insee. Et le différentiel s’est ensuite creusé jusqu’en 2022, jusqu’à atteindre 55 % de résidences secondaires à Porto-Vecchio. Comme Jean-Christophe Angelini, est-ce que vous faites un lien de cause à effet entre ce déséquilibrage et la difficulté que les Porto-Vecchiais ont aujourd’hui à se loger à l’année ?
Non, en aucun cas. Dans cette évolution, il y a des immeubles entiers, certes, qui ont été faits pour des résidences secondaires. Mais il y a surtout des résidences secondaires et des facilités opérationnelles qui ont été permises à des investisseurs locaux, qui ont acheté ces appartements-là. On ne peut pas dire qu’il y a eu des périodes qui ont fait la part belle à la résidence secondaire. Lorsqu’un permis de construire est déposé, le maire n’a pas de boule de cristal pour savoir s’il s’agit d’une résidence principale ou d’une résidence secondaire… Et puis moi, je fais une distinction très forte entre les Porto-Vecchiais qui possèdent une résidence secondaire et ceux qui viennent du Continent. Les Porto-Vecchiais qui possèdent une résidence secondaire, à la montagne, par exemple, plus il y en a et mieux je me porte. Donc, quand on lit ces chiffres de l’Insee, il faut faire cette distinction-là. Quand j’étais toujours en responsabilité, la proportion de résidences secondaires réelles était plutôt autour des 38 à 40 %.
- Comment expliquez-vous qu’entre 2016 et 2022, la population porto-vecchiaise a diminué, alors que, dans le même temps, le nombre de logements continuait d’augmenter ?
C’est très simple et rationnel. Les Porto-Vecchiais étant démunis de Plan local d’urbanisme, les constructeurs se sont réfugiés derrière de la constructibilité à étages, sans pour autant se soucier de qui devait y habiter, et bon nombre de personnes ont acheté dans ces résidences. D’ailleurs, on n’a jamais vu autant d’immeubles pousser que ces dernières années. Pourquoi ? Parce que la commune était gelée au niveau de son sol. S’il y avait plus de terrains à bâtir et de terrains constructibles, le prix baisserait et les gens pourraient acheter.
- Aujourd’hui, que prévoyez-vous de faire pour faciliter l’accès au logement à l’année ?
Avoir comme objectif de vie un logement, et finir dans un logement social, ou, quel qu’il soit... je pense que les Porto-Vecchiais peuvent aspirer à autre chose. Aspirer à autre chose, c’est quoi ? C’est prévoir dans un Plan local d’urbanisme des possibilités qui seraient discutées avec l’État. On a un territoire vaste, avec seulement 17 à 18 % qui est urbanisé. Il faut donner aux gens la possibilité de construire sur les terrains qui sont les leurs. Je parle de terrains qui peuvent apparaître en densité ou en extension limitée de certains hameaux.
- L’action sur le logement constitue le gros point de désaccord que vous nourrissez à l’égard de la politique menée par Jean-Christophe Angelini. Pour le reste, on a eu le sentiment de voir en vous un opposant qui se sera finalement peu opposé au maire. Pour quelles raisons ?
La raison essentielle, c’est parce qu’il n’y a pas eu de véritable rupture avec la politique que j’ai menée précédemment ! Si on enlève ces programmes de logements, 80 % des projets qui ont été concrétisés par la municipalité sortante ont été votés, conçus et financés sous la mandature précédente. Par exemple, sur Pifano, qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ils ont fait une maison de quartier, une école… Mais c’est la suite du programme que j’avais lancé avec la médiathèque ! Donc, j’allais voter contre ? Non. Une maison de quartier se justifie. Une école se justifie. La seule différence, c’est qu’ils ont préféré la reconstruire plutôt que de restructurer l’école qui existait. Ensuite, est-ce qu’on doit adopter un comportement politique politicien, qui serait de dire : un opposant doit s’opposer ? Moi, je pense plutôt qu’un opposant doit faire preuve d’humilité s’il a été battu, et essayer de construire. Ce qui prime, au-delà des querelles politiques, c’est de défendre Porto-Vecchio et les Porto-Vecchiais. Ce n’était pas pour autant que j’allais imposer à cette nouvelle majorité une opposition totalement stérile, sans jamais rien proposer. Je voulais une opposition constructive, loin de celle qui m’avait été imposée pendant tant d’années quand j’étais maire.
- Sur le projet d’extension du port de plaisance, le plus emblématique du mandat écoulé, on vous a senti à l’unisson de la majorité municipale. Si c’est vous qui aviez porté ce projet durant ces dernières années, serait-il si différent de celui qui est en cours de réalisation aujourd’hui ?
Déjà, on parle souvent de 2 000 anneaux, ce qui est faux. Le projet à 2 000 anneaux de plaisance, c’était au tout début, suite à une étude qui nous avait été soumise et qu’on n’avait pas partagée. La preuve, nous avions revu la copie tous ensemble quand j’étais maire en fin de mandature et nous étions tombés d’accord sur un projet commun de 830 anneaux. Donc, dire qu’il y a eu un projet de l’ancienne municipalité qui a été revu et corrigé par la nouvelle équipe puis mis en œuvre aujourd’hui, ce n’est pas juste. Le projet qui a été mis en œuvre aujourd’hui est celui qui a été défini par nous tous, y compris avec l’opposition. Là où il y a eu du changement, c’est sur certaines définitions, notamment le port à sec, qui aujourd’hui n’est plus dans le projet. Moi, j’y tenais particulièrement car c’était un espace qui pouvait être dédié, certes à la plaisance, mais surtout aux Porto-Vecchiais, parce qu’il permettait d’avoir une fiscalité et une accroche différente sur le prix de l’anneau. Et puis il y avait quelque chose que je n’avais pas défini que je trouvais compliqué à mettre en œuvre, c’était l’espace commercial. Je voulais laisser cette initiative à l’appréciation et au fonctionnement des Porto-Vecchiais.
- Au bout du compte, il y a eu des discussions pour faire liste commune avec Jean-Christophe Angelini. Y étiez-vous favorable ?
Oui, j’ai contribué à ces discussions, donc j’y étais favorable. Sauf qu’il s’est passé la même chose qu’en 2020. En 2020, c’était moi qui avais le manche. Et les uns et les autres nous ont reproché de ne pas faire l’union. En 2026, c’est Jean-Christophe qui a le manche et on lui reproche de ne pas faire l’union... Ensuite, je crois que nos divergences politiques ont compliqué les choses, et du point de vue des gens qui composaient sa liste, c’était peut-être plus délicat. Mais je ne regrette rien. Cette discussion, elle a existé jusqu’à son terme. Et j’aurai mauvaise grâce aujourd’hui de critiquer Jean-Christophe Angelini. J’aurais pu travailler avec lui, c’est quelqu’un d’intelligent et qui a une vue. Mais le problème, c’est surtout l’influence que l’on peut subir l’un comme l’autre, des uns et des autres.
Avoir comme objectif de vie un logement, et finir dans un logement social, ou, quel qu’il soit... je pense que les Porto-Vecchiais peuvent aspirer à autre chose. Aspirer à autre chose, c’est quoi ? C’est prévoir dans un Plan local d’urbanisme des possibilités qui seraient discutées avec l’État. On a un territoire vaste, avec seulement 17 à 18 % qui est urbanisé. Il faut donner aux gens la possibilité de construire sur les terrains qui sont les leurs. Je parle de terrains qui peuvent apparaître en densité ou en extension limitée de certains hameaux.
- L’action sur le logement constitue le gros point de désaccord que vous nourrissez à l’égard de la politique menée par Jean-Christophe Angelini. Pour le reste, on a eu le sentiment de voir en vous un opposant qui se sera finalement peu opposé au maire. Pour quelles raisons ?
La raison essentielle, c’est parce qu’il n’y a pas eu de véritable rupture avec la politique que j’ai menée précédemment ! Si on enlève ces programmes de logements, 80 % des projets qui ont été concrétisés par la municipalité sortante ont été votés, conçus et financés sous la mandature précédente. Par exemple, sur Pifano, qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ils ont fait une maison de quartier, une école… Mais c’est la suite du programme que j’avais lancé avec la médiathèque ! Donc, j’allais voter contre ? Non. Une maison de quartier se justifie. Une école se justifie. La seule différence, c’est qu’ils ont préféré la reconstruire plutôt que de restructurer l’école qui existait. Ensuite, est-ce qu’on doit adopter un comportement politique politicien, qui serait de dire : un opposant doit s’opposer ? Moi, je pense plutôt qu’un opposant doit faire preuve d’humilité s’il a été battu, et essayer de construire. Ce qui prime, au-delà des querelles politiques, c’est de défendre Porto-Vecchio et les Porto-Vecchiais. Ce n’était pas pour autant que j’allais imposer à cette nouvelle majorité une opposition totalement stérile, sans jamais rien proposer. Je voulais une opposition constructive, loin de celle qui m’avait été imposée pendant tant d’années quand j’étais maire.
- Sur le projet d’extension du port de plaisance, le plus emblématique du mandat écoulé, on vous a senti à l’unisson de la majorité municipale. Si c’est vous qui aviez porté ce projet durant ces dernières années, serait-il si différent de celui qui est en cours de réalisation aujourd’hui ?
Déjà, on parle souvent de 2 000 anneaux, ce qui est faux. Le projet à 2 000 anneaux de plaisance, c’était au tout début, suite à une étude qui nous avait été soumise et qu’on n’avait pas partagée. La preuve, nous avions revu la copie tous ensemble quand j’étais maire en fin de mandature et nous étions tombés d’accord sur un projet commun de 830 anneaux. Donc, dire qu’il y a eu un projet de l’ancienne municipalité qui a été revu et corrigé par la nouvelle équipe puis mis en œuvre aujourd’hui, ce n’est pas juste. Le projet qui a été mis en œuvre aujourd’hui est celui qui a été défini par nous tous, y compris avec l’opposition. Là où il y a eu du changement, c’est sur certaines définitions, notamment le port à sec, qui aujourd’hui n’est plus dans le projet. Moi, j’y tenais particulièrement car c’était un espace qui pouvait être dédié, certes à la plaisance, mais surtout aux Porto-Vecchiais, parce qu’il permettait d’avoir une fiscalité et une accroche différente sur le prix de l’anneau. Et puis il y avait quelque chose que je n’avais pas défini que je trouvais compliqué à mettre en œuvre, c’était l’espace commercial. Je voulais laisser cette initiative à l’appréciation et au fonctionnement des Porto-Vecchiais.
- Au bout du compte, il y a eu des discussions pour faire liste commune avec Jean-Christophe Angelini. Y étiez-vous favorable ?
Oui, j’ai contribué à ces discussions, donc j’y étais favorable. Sauf qu’il s’est passé la même chose qu’en 2020. En 2020, c’était moi qui avais le manche. Et les uns et les autres nous ont reproché de ne pas faire l’union. En 2026, c’est Jean-Christophe qui a le manche et on lui reproche de ne pas faire l’union... Ensuite, je crois que nos divergences politiques ont compliqué les choses, et du point de vue des gens qui composaient sa liste, c’était peut-être plus délicat. Mais je ne regrette rien. Cette discussion, elle a existé jusqu’à son terme. Et j’aurai mauvaise grâce aujourd’hui de critiquer Jean-Christophe Angelini. J’aurais pu travailler avec lui, c’est quelqu’un d’intelligent et qui a une vue. Mais le problème, c’est surtout l’influence que l’on peut subir l’un comme l’autre, des uns et des autres.
- Est-ce que vous vous revendiquez, encore aujourd’hui, de l’héritage politique de Jean-Paul De Rocca Serra ?
Les temps ont tellement changé. Aujourd’hui, si on me dit, est-ce que Jean-Paul de Rocca Serra a été un visionnaire pour cette région, je dis oui. Est-ce qu’aujourd’hui il ferait les mêmes choses que par le passé, je dis peut-être non. Et est-ce que je m’inscris dans la vision qui a toujours caractérisé Porto-Vecchio, à savoir essentiellement centrée sur le développement, je dis oui. Maintenant, moi, je suis Georges Mela. Je ne suis pas dans la dynastie des Rocca Serra. Je suis moi-même. Avec ma personnalité, mon tempérament et ma volonté de continuer à développer cette région.
- Camille de Rocca Serra (maire de 1997 à 2004, fils de Jean-Paul De Rocca Serra et siégeant sur les bancs de l’opposition durant ce dernier mandat, NDLR) sera-t-il sur votre liste ?
La liste, il faut la déposer le 26 février. D’ici là… Les Porto-Vecchiais savent que je ne les ai pas habitués à aller vite en besogne. Je n’ai aucune difficulté pour faire ma liste aujourd’hui. C’est plutôt le trop-plein que le vide. Mais bien entendu, cette question va se poser. Pour le moment, j’avoue sincèrement que je ne me la suis pas encore posée. Aujourd’hui, j’échange avec Camille comme j’échange avec l’ensemble des colistiers.
- Peut-on s’attendre à un important renouvellement ?
Je pense que les Porto-Vecchiais attendent cela, oui. J’ai été sollicité à plusieurs reprises pour continuer, parce que la démocratie s’accomplit lorsqu’il y a une pluralité politique. Aujourd’hui, je me suis dit que je ne pouvais pas rester spectateur dans cette consultation. On apprend de ses échecs, et j’ai eu le temps d’analyser le mien. J’ai eu le temps de regarder ce qui n’avait pas emporté l’adhésion des Porto-Vecchiais. Ce qui me fait dire aujourd’hui que la liste doit être revue de façon substantielle. Ma principale conviction, c’est de mener une équipe de jeunes en responsabilité pour la gestion de cette ville demain. Les gens ne sont pas éternels. Et je ne vais pas monopoliser le terrain des vingtaines d’années encore.
- Justement, c’était trop tôt pour vous, 2026, pour envisager de passer la main dans l’idée d’ouvrir une nouvelle ère politique à droite à Porto-Vecchio ?
Bien entendu. Je suis lucide. Porto-Vecchio est une commune vaste, pleine de contrastes. Il faut une petite expérience pour gérer une ville comme celle-ci. Aujourd’hui, force est de constater qu’on est venu me chercher. C’est peut-être parce qu’il n’y avait pas d’alternative. Personne ne s’est découvert, pour dire : « Je vais y aller. » Ce sont les autres qui m’ont sollicité, y compris de nombreux jeunes, qui m’ont dit : « Il faut que tu nous tires vers le haut. »
- Quelles sont vos priorités pour Porto-Vecchio ?
Aujourd’hui, il faudrait fonder une démarche sur nos hameaux. Le logement, le cadre de vie, la circulation, la propreté sont des thèmes qui sont devenus beaucoup plus sensibles qu’auparavant. Les parcs de stationnement aussi. Peut-être faut-il en faire encore pour redonner vie à ce cœur de ville. Et je suis favorable à des zones franches qui permettraient d’exonérer de fiscalité les commerçants. Je pense principalement à certains qui font l’effort de rester ouverts toute l’année. Sinon, on ne pourra pas espérer que Porto-Vecchio retrouve une activité débordante pendant l’hiver. Ensuite, les acteurs économiques, à un moment donné, il faut leur donner la possibilité de s’exprimer. J’en fais mon mea culpa, puisque j’ai dirigé cette commune, mais je ne les ai pas suffisamment associés, eux qui représentent une part essentielle de la vie de notre territoire. Je serai d’une disponibilité totale pour Porto-Vecchio. Je ne me suis jamais perdu dans d’autres mandats. Je veux dire aux Porto-Vecchiais que je ne ferai rien sans eux. Et non pas décider à leur place, comme je l’ai peut-être fait, oui c’est vrai. Durant la campagne, j’inviterai l’ensemble des Porto-Vecchiais à venir échanger sur des thèmes qui seront les piliers de mon engagement pour cette commune.
- Qu’en est-il aujourd’hui du rayonnement de Porto-Vecchio en Corse ? Est-il à la hauteur de son statut de troisième ville insulaire ?
Non, il s’est un petit peu perdu, notamment sur deux aspects essentiels : l’aspect culturel et l’aspect sportif. Ce qui a été fait ou encouragé au niveau de la langue corse, c’est une excellente chose. Et peut-être que nous-mêmes n’avions pas assez accentué les efforts dans ce domaine. Mais aujourd’hui, l’impression que j’ai, c’est que les autres domaines ont complètement disparu de la vie porto-vecchiaise. Il y avait une attractivité au niveau de ce territoire qui n’existe plus aujourd’hui. Et tout ça fait les affaires d’une commune limitrophe qui est Bonifacio. On accueillait énormément d’événements sportifs d’envergure, souvenons-nous de 2010, quand on avait fait venir ici le critérium international de cyclisme.
- Vous regrettez que la municipalité de Jean-Christophe Angelini n’ait pas fait revenir un événement sportif de cette ampleur à Porto-Vecchio ?
Bien entendu. Le critérium (dont la dernière édition a eu lieu en 2016, NDLR), c’est l’événement qui nous a apporté le départ du Tour de France en 2013. Le rôle de l’élu, c’est de sentir les choses. D’être précurseur en matière de développement. Et si j’ai encore un grief à faire à cette majorité sortante, c’est justement d’avoir manqué d’anticipation.
- Si vous êtes élu maire, comment porteriez-vous la voix de Porto-Vecchio à la Collectivité de Corse ?
Aujourd’hui, on peut faire un constat qui est simple, et qui a été fait aussi par le maire en place : rare est l’engouement de la Collectivité de Corse à nous prêter main-forte dans chacune de nos réalisations. J’en veux pour preuve le virage de la Matonara, où le conflit dure déjà depuis quatorze ans… Aujourd’hui, Porto-Vecchio pâtit de cette guerre intestine, ou de succession, entre Jean-Christophe Angelini et Gilles Simeoni. Moi, chacun sait que je suis un homme de droite. Et je suis un opposant à la politique que mène Gilles Simeoni à la Collectivité de Corse. Mais il n’y a pas d’autres antagonismes avec lui. Or, force est de constater qu’aujourd’hui, cet antagonisme entre Jean-Christophe Angelini et Gilles Simeoni coûte cher aux Porto-Vecchiais et à Porto-Vecchio.
Les temps ont tellement changé. Aujourd’hui, si on me dit, est-ce que Jean-Paul de Rocca Serra a été un visionnaire pour cette région, je dis oui. Est-ce qu’aujourd’hui il ferait les mêmes choses que par le passé, je dis peut-être non. Et est-ce que je m’inscris dans la vision qui a toujours caractérisé Porto-Vecchio, à savoir essentiellement centrée sur le développement, je dis oui. Maintenant, moi, je suis Georges Mela. Je ne suis pas dans la dynastie des Rocca Serra. Je suis moi-même. Avec ma personnalité, mon tempérament et ma volonté de continuer à développer cette région.
- Camille de Rocca Serra (maire de 1997 à 2004, fils de Jean-Paul De Rocca Serra et siégeant sur les bancs de l’opposition durant ce dernier mandat, NDLR) sera-t-il sur votre liste ?
La liste, il faut la déposer le 26 février. D’ici là… Les Porto-Vecchiais savent que je ne les ai pas habitués à aller vite en besogne. Je n’ai aucune difficulté pour faire ma liste aujourd’hui. C’est plutôt le trop-plein que le vide. Mais bien entendu, cette question va se poser. Pour le moment, j’avoue sincèrement que je ne me la suis pas encore posée. Aujourd’hui, j’échange avec Camille comme j’échange avec l’ensemble des colistiers.
- Peut-on s’attendre à un important renouvellement ?
Je pense que les Porto-Vecchiais attendent cela, oui. J’ai été sollicité à plusieurs reprises pour continuer, parce que la démocratie s’accomplit lorsqu’il y a une pluralité politique. Aujourd’hui, je me suis dit que je ne pouvais pas rester spectateur dans cette consultation. On apprend de ses échecs, et j’ai eu le temps d’analyser le mien. J’ai eu le temps de regarder ce qui n’avait pas emporté l’adhésion des Porto-Vecchiais. Ce qui me fait dire aujourd’hui que la liste doit être revue de façon substantielle. Ma principale conviction, c’est de mener une équipe de jeunes en responsabilité pour la gestion de cette ville demain. Les gens ne sont pas éternels. Et je ne vais pas monopoliser le terrain des vingtaines d’années encore.
- Justement, c’était trop tôt pour vous, 2026, pour envisager de passer la main dans l’idée d’ouvrir une nouvelle ère politique à droite à Porto-Vecchio ?
Bien entendu. Je suis lucide. Porto-Vecchio est une commune vaste, pleine de contrastes. Il faut une petite expérience pour gérer une ville comme celle-ci. Aujourd’hui, force est de constater qu’on est venu me chercher. C’est peut-être parce qu’il n’y avait pas d’alternative. Personne ne s’est découvert, pour dire : « Je vais y aller. » Ce sont les autres qui m’ont sollicité, y compris de nombreux jeunes, qui m’ont dit : « Il faut que tu nous tires vers le haut. »
- Quelles sont vos priorités pour Porto-Vecchio ?
Aujourd’hui, il faudrait fonder une démarche sur nos hameaux. Le logement, le cadre de vie, la circulation, la propreté sont des thèmes qui sont devenus beaucoup plus sensibles qu’auparavant. Les parcs de stationnement aussi. Peut-être faut-il en faire encore pour redonner vie à ce cœur de ville. Et je suis favorable à des zones franches qui permettraient d’exonérer de fiscalité les commerçants. Je pense principalement à certains qui font l’effort de rester ouverts toute l’année. Sinon, on ne pourra pas espérer que Porto-Vecchio retrouve une activité débordante pendant l’hiver. Ensuite, les acteurs économiques, à un moment donné, il faut leur donner la possibilité de s’exprimer. J’en fais mon mea culpa, puisque j’ai dirigé cette commune, mais je ne les ai pas suffisamment associés, eux qui représentent une part essentielle de la vie de notre territoire. Je serai d’une disponibilité totale pour Porto-Vecchio. Je ne me suis jamais perdu dans d’autres mandats. Je veux dire aux Porto-Vecchiais que je ne ferai rien sans eux. Et non pas décider à leur place, comme je l’ai peut-être fait, oui c’est vrai. Durant la campagne, j’inviterai l’ensemble des Porto-Vecchiais à venir échanger sur des thèmes qui seront les piliers de mon engagement pour cette commune.
- Qu’en est-il aujourd’hui du rayonnement de Porto-Vecchio en Corse ? Est-il à la hauteur de son statut de troisième ville insulaire ?
Non, il s’est un petit peu perdu, notamment sur deux aspects essentiels : l’aspect culturel et l’aspect sportif. Ce qui a été fait ou encouragé au niveau de la langue corse, c’est une excellente chose. Et peut-être que nous-mêmes n’avions pas assez accentué les efforts dans ce domaine. Mais aujourd’hui, l’impression que j’ai, c’est que les autres domaines ont complètement disparu de la vie porto-vecchiaise. Il y avait une attractivité au niveau de ce territoire qui n’existe plus aujourd’hui. Et tout ça fait les affaires d’une commune limitrophe qui est Bonifacio. On accueillait énormément d’événements sportifs d’envergure, souvenons-nous de 2010, quand on avait fait venir ici le critérium international de cyclisme.
- Vous regrettez que la municipalité de Jean-Christophe Angelini n’ait pas fait revenir un événement sportif de cette ampleur à Porto-Vecchio ?
Bien entendu. Le critérium (dont la dernière édition a eu lieu en 2016, NDLR), c’est l’événement qui nous a apporté le départ du Tour de France en 2013. Le rôle de l’élu, c’est de sentir les choses. D’être précurseur en matière de développement. Et si j’ai encore un grief à faire à cette majorité sortante, c’est justement d’avoir manqué d’anticipation.
- Si vous êtes élu maire, comment porteriez-vous la voix de Porto-Vecchio à la Collectivité de Corse ?
Aujourd’hui, on peut faire un constat qui est simple, et qui a été fait aussi par le maire en place : rare est l’engouement de la Collectivité de Corse à nous prêter main-forte dans chacune de nos réalisations. J’en veux pour preuve le virage de la Matonara, où le conflit dure déjà depuis quatorze ans… Aujourd’hui, Porto-Vecchio pâtit de cette guerre intestine, ou de succession, entre Jean-Christophe Angelini et Gilles Simeoni. Moi, chacun sait que je suis un homme de droite. Et je suis un opposant à la politique que mène Gilles Simeoni à la Collectivité de Corse. Mais il n’y a pas d’autres antagonismes avec lui. Or, force est de constater qu’aujourd’hui, cet antagonisme entre Jean-Christophe Angelini et Gilles Simeoni coûte cher aux Porto-Vecchiais et à Porto-Vecchio.




