Tribunal de Commerce d'Ajaccio : 28 135 entreprises inscrites au RCS

Rédigé le 14/01/2026
Alba Marcelli

L’audience solennelle de rentrée du Tribunal de Commerce d’Ajaccio et de la Corse-du-Sud s’est déroulée mercredi 14 janvier marquant le début de l’année judiciaire 2026. L’occasion de présenter le bilan de 2025 et les perspectives pour la nouvelle année. 28 135 entreprises sont inscrites au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés)

Tribunal de Commerce d'Ajaccio : 28 135 entreprises inscrites au RCS

(Photos Paule Santoni)

L’audience solennelle de rentrée du tribunal de Commerce d’Ajaccio et de la Corse-du-Sud s’est déroulée mercredi 14 janvier. L’occasion de présenter le bilan de l’année écoulée de cette juridiction de proximité et de se projeter sur 2026. Le procureur Nicolas Septe, le bâtonnier Me Stéphane Nesa et le président du Tribunal de Commerce David Istria sont revenus sur les tendances de cette année 2025 avant d’aborder les priorités de 2026. 
2025 a été marqué notamment par une activité record tant dans le contentieux que dans la création d’entreprise. 
Malgré des incertitudes pour l’avenir, des secteurs en difficulté et des entreprises sous pression, le département résiste et conserve une vitalité économique. 

Des secteurs fragilisés

Sur le plan économique, les chiffres de l’INSEE indiquent que le secteur du tourisme a connu un maintien de l’activité touristique saisonnière. Le secteur a bénéficié d’une excellente avant-saison (aérien, navigation, hôtellerie-restauration) « mais, en conséquence, on a aussi constaté un tassement de l’activité touristique traditionnelle pendant l’été avec peut-être une clientèle plus internationale, européenne que purement continentale » indique le procureur Nicolas Septe. 

Alors que des secteurs d’activités classiques, porteurs pour l’île, comme le BTP « surveillé de près » et particulièrement exposé, et l’industrie rencontrent des difficultés, l’économie insulaire résiste. Mais « il faudra être attentif à l’année 2026 ».
Le président du tribunal de Commerce observe « des entreprises résilientes, mais une tension au niveau de la trésorerie très importante ».

Les tendances de l’année 2025 : Une activité record tant dans le contentieux que dans la création d’entreprise

L'activité globale a atteint un niveau historique avec 3 131 décisions rendues, contre 2 773 l'année précédente.
Au niveau de l’activité contentieuse, on enregistre un record d’affaires nouvelles introduites devant le tribunal (+200). 
Concernant les entreprises en difficulté, le nombre de procédures collectives a légèrement diminué sur l’année 2025 avec 200 procédures collectives ouvertes contre 228 l’année précédente. 
Le nombre de faillites d’entreprise reste stable par rapport à l’année précédente.
« Nous avons des défaillances d’entreprises qui sont à peu près constantes par rapport à l’an dernier, on a un nombre de liquidations judiciaires ou de redressements judiciaires qui, peu ou prou, sont conformes à ce que l’on a connu l’an passé », détaille le procureur en début d’audience.
Le nombre de redressements judiciaires diminue de 22%, tandis que le nombre des procédures de liquidations judiciaires a été arrêté à 119 en 2025 contre 124 l’année précédente.

Les créations d’entreprises sont en nette augmentation : la confirmation d’un dynamisme du tissu local

« Cette année, on a encore battu un record de création d’entreprise », se réjouit le président, avec 2231 entreprises créées et une hausse de 6%. 
« C’est un marqueur fort pour le département.  Il y a un vrai dynamisme pour l’autoentreprise et l’entrepreneuriat en général (…) ce qui traduit une volonté entrepreneuriale dans des domaines très variés », commente le procureur. 
Et à David Istria de préciser la spécificité : « On constate qu’il y a énormément de création d’entreprise individuelle (756 immatriculations en 2025). Ça fait partie d’un record aussi cette année. » Cela représente un tiers des créations d’entreprises. 
Plus globalement, « nous avons 28 135 entreprises inscrites au RCS en 2025, ce qui est assez important si on ramène ce chiffre au nombre d’habitants du département. »

Le Tribunal pleinement mobilisé pour accompagner les entreprises

L’année 2026 démarre dans un contexte tendu et « les entreprises vont devoir continuer à se battre », rappelait le bâtonnier. Mais elles pourront s’appuyer sur le tribunal de Commerce : « Il accompagnera les entreprises encore fragilisées », précisait le président. Et de marteler : « Si des entreprises rencontrent des difficultés, il faut qu’elles viennent nous voir. »

Une année qui s’annonce « décisive » avec plusieurs chantiers et priorités : le renforcement de la prévention, l’innovation technologique, les réformes législatives et la lutte contre la criminalité économique. 

Lors de cette rentrée, le bâtonnier a réaffirmé la confiance mutuelle entre les avocats et les juges consulaires, tout en plaidant comme le président, pour une prévention précoce des difficultés d’entreprises. « Nous serons partout où les entreprises auront besoin de nous ». 

Malgré les difficultés, la juridiction a réaffirmé lors de cette audience de rentrée sa vocation à savoir prévenir et informer.
« Nous ne voulons pas être les juges de la faillite, mais du redressement », disait David Istria.