En Corse, le chauffage au fioul désormais marginal dans les foyers

Rédigé le 21/01/2026
La rédaction

Selon une étude de l'INSEE publiée ce mardi, le chauffage au fioul concerne encore 2 700 ménages en Corse en 2022, principalement dans les territoires ruraux et au sein de l’habitat ancien. Alors que la loi Climat et Résilience interdit depuis juillet 2022 l’installation de nouvelles chaudières, une étude de l’Insee met en lumière une transition déjà bien engagée mais encore inachevée

En Corse, le chauffage au fioul désormais marginal dans les foyers

(Photo d'illustration Pixabay)

En Corse, le fioul continue de chauffer une part résiduelle des ménages, alors même qu’il figure parmi les énergies les plus polluantes. Selon une étude de l’INSEE publiée ce lundi, en 2022, 2 700 foyers utilisaient encore ce combustible comme mode principal de chauffage sur l’île. Or, ce mode d’énergie étant particulièrement émetteur de particules fines et de gaz à effet de serre, la loi Climat et Résilience interdit, depuis le 1er juillet 2022, l’installation de nouvelles chaudières au fioul. « Sur l’île, à cette nécessité de non-remplacement, s'ajoute l’enjeu de la production électrique, qui provient encore principalement de centrales thermiques au fioul assurant la production de la moitié de l'électricité locale », note l’INSEE.
 
Sur l’île, ce mode de chauffage reste toutefois marginal, seules 1,7 % des résidences principales étant équipées de chaudières au fioul en Corse, contre 8,5 % en France hexagonale. La Corse apparaît même comme la région où ce mode de chauffage est le moins répandu, loin derrière la Bourgogne-Franche-Comté, où il concerne encore 13,3 % des ménages. Mais derrière cette moyenne se cachent de fortes disparités territoriales et sociales, relève l’étude de l’INSEE.
 
Les logements chauffés au fioul sont avant tout des maisons individuelles, souvent anciennes et de grande taille. L’Insee souligne ainsi que « les logements de plus de 120 m² sont six fois plus souvent chauffés au fioul que les logements de moins de 60 m² », tandis que « les logements construits entre les années 70 et 90 sont dix fois plus fréquemment équipés de chaudières que ceux construits depuis 2006 ». Sans surprise, les ménages vivant en maison sont trois fois plus concernés que ceux habitant en appartement, ce qui explique une présence plus marquée du fioul dans les espaces ruraux, où 1,9 % des logements ruraux y ont recours sur l’île, contre 1,4 % dans les communes urbaines. Une proportion toutefois sans commune mesure avec celle observée sur le continent, où jusqu’à 18,6 % des logements ruraux sont encore chauffés au fioul. En Corse, le recours au fioul est évidemment particulièrement marqué dans l’intérieur du Centre-Corse (3,9 %) au Cap Corse (3,4 %), en passant par l’intercommunalité Pasquale Paoli (3,6 %). 
 
 « Les ménages seniors ou installés de longue date dans leur résidence principale se chauffent trois fois plus souvent au fioul que les jeunes », indique en outre l’étude. Les propriétaires sont également deux fois plus nombreux que les locataires à utiliser ce mode de chauffage. Autre catégorie fortement exposée, les agriculteurs, dont 4,1 % se chauffent encore au fioul, soit quatre fois plus que les foyers d’ouvriers ou d’employés. Par ailleurs, l’INSEE observe que l’inflation a ralenti en 2025 et que les prix de l’énergie amorcent une décrue, les niveaux restent bien supérieurs à ceux d’avant-crise, pesant particulièrement sur les ménages ruraux et âgés. Or, ce sont précisément ces populations qui dépendent le plus du fioul, à la fois pour le chauffage et pour leurs déplacements, accentuant leur vulnérabilité économique.
 
Mais en parallèle, l’institut observe toutefois que la page se tourne sur le fioul. Entre 2006 et 2022, le nombre de résidences principales chauffées au fioul a chuté de 60 % en Corse, passant de 6 600 à 2 700. Un recul plus marqué qu’en France hexagonale, où 45 % des ménages ont abandonné ce combustible sur la même période. « L’électricité s’impose comme le principal mode de chauffage, utilisée par 69,4 % des ménages corses en 2022, contre 50,3 % en 2006. Cependant, la production électrique repose encore pour moitié sur le fioul en Corse », pose encore l’étude.
 
Enfin, l’INSEE indique qu’à l’échelle nationale « le chauffage, les besoins en eau chaude sanitaire et les appareils de cuisson du secteur résidentiel représentent 8 % des émissions directes de GES » en 2023, alors que le fioul domestique est responsable à lui seul de 23 % de ces émissions. « Pour avancer vers l’objectif de neutralité carbone fixé pour 2050, la loi Climat et Résilience, adoptée en 2021, a interdit l’installation de nouvelles chaudières au fioul à partir du premier juillet 2022. Pour celles déjà installées, les incitations et aides financières au changement ont été renforcées », rappelle encore l’institut.