Furiani : Lara Chipponi, une artiste en totale liberté

Rédigé le 01/04/2024
Philippe Jammes

A tout juste 28 ans, mais déjà pleine de talent, Lara Chipponi vient d’ouvrir un atelier d’art à Furiani. Un rêve se réalise pour cette jeune artiste insulaire.

Depuis son enfance, Lara baigne dans l'univers artistique, s'adonnant dès son plus jeune âge au dessin et à la peinture, sous l'œil bienveillant de sa grand-mère. « Toute petite je coloriais les dessins de ma grand-mère. C’était intuitif. Je n’ai jamais lâché les crayons ni les pinceaux » explique la jeune femme. Après un parcours scolaire classique à Furiani et Bastia, où elle se spécialise en Arts Plastiques, Lara décide de poursuivre sa passion en s'inscrivant dans une école de Design sur le continent. Mais cette filière ne la satisfait pas : « C’était trop rigide, trop mathématique ». Elle décide alors de s'inscrire à l’école des Beaux-Arts de Toulon. Le concours d’entrée passé avec brio, elle en ressort 4 ans plus tard avec son diplôme, une licence en Beaux-Arts. «Je pouvais continuer mon cursus, mais j’ai trouvé le corps enseignant très fermé d’esprit. Je me serais dirigée vers un art commercial alors que pour moi l’art est une passion avant tout. Je ne voulais pas entrer dans un moule, répondre à un cahier des charges. Je souhaitais vivre l’art à ma manière, en toute liberté ». A cette époque, son talent est remarqué et on lui propose même d’exposer à …. Londres. « C’était tentant bien sûr. Mais j’étais étudiante et cela aurait été trop onéreux pour moi ».   

En 2021, Lara rentre donc en Corse. Elle entre par la petite porte, en tant que vendeuse, à la « Petite usine », un commerce spécialisé dans les beaux-arts dans le quartier de Lupino à Bastia. Son talent une nouvelle fois reconnu, elle cumule bien vite une fonction d’intervenante en cours de dessin, peinture et sculpture. Elle dessine, peint et sculpte pour elle-même aussi . «Cela va du portrait au paysage, je n’ai pas de limites, plutôt inspirée par les impressionnistes que sont les Van Gogh ou Monet». En arrêt maternité, elle réfléchit alors à ce que peut être son futur. «Je n’avais qu’une idée : travailler pour moi. Je n’étais pas trop attirée par un poste en centre culturel car mon travail aurait été trop bridé, trop limité ». Point attirée non plus, malgré son magique coup de crayon, par l’illustration ou la BD. «Je suis fan de BD, j’en lis beaucoup, mais je préfère enseigner. J’ai donc mûri ce projet d’atelier pour y donner des cours de dessins, mosaïque, aquarelle ou sculpture pour les ados et adultes». Après avoir donné quelques cours à son domicile, l’opportunité vient de se présenter de pouvoir disposer d’un petit local dans la zone industrielle d’Erbajolo : L’atelier de Lara  est né ! « Ici je suis dans ma bulle, dans un cocon. C’est petit mais pratique pour y dispenser mes cours ». Car le partage, la soif de communiquer son art, est l’idée directrice de la jeune artiste. «Ne me limitant à aucun médium, je propose un large choix de cours : techniques sèches, peinture, sculpture, mosaïque et autres décorations fait main. Pour mes cours, je donne les bases à partir d’un thème. Ainsi les gens savent où ils peuvent aller et ça les rassure. Pour les plus timides, je propose des cours particuliers ». Pour les enfants, Lara préfère travailler à domicile, se déplaçant dans toute la région bastiaise. «Je fais aussi dans l’évènementiel en intervenant dans des anniversaires ou des mariages et j’occupe les enfants avec un atelier de dessin ou de peinture ». Rien n’arrête la jeune fille ouverte à toutes les expériences à partir du moment où elles laissent place à sa créativité. « A Noël j’ai même peint une fresque sur les vitrines d’un commerce. J’ai bien aimé. J’ai fait mienne cette phrase de Victor Hugo : En art, point de frontières».

Cet atelier qui vient d’ouvrir dans la zone industrielle d’Erbajolo à Bastia ne pourrait être qu’une étape pour l’artiste : « Mon rêve serait de créer en Corse une véritable école d’art ». Au vu de son talent, nous mettons sans hésitation une pièce sur elle !