Bastia : André Casabianca et Zelda Colonna exposent à la galerie Noir et Blanc

Rédigé le 12/02/2024
Philippe Jammes

Jeudi dernier, André Casabianca et Zelda Colonna ont inauguré leurs expositions à la Galerie Noir et Blanc, place du Marché à Bastia. Deux artistes de talent pour deux styles différents, en noir et blanc et en couleurs....

« La peinture est une affaire de compagnonnage. Compagnonnage avec soi-même mais pas seulement, et avec des milliers de choses … et c'est là où cela se complique » explique André Casabianca. « Les idées. Les bonnes et les moins bonnes. Tordre ses rêves en mille morceaux. Se sentir en harmonie et quelques fois en rupture avec l'Histoire de la Peinture. Je suis toujours avec Matisse, Manet ...Bacon .... Je suis toujours avec eux ...Rimbaud ….Yeats ...Joyce .... Définitivement avec eux ...
Mais après il faut Peindre. Se jeter avec la Lumière. Se déchirer avec les jours…
À un moment j'ai voulu intituler cette nouvelle exposition à la Galerie Noir et Blanc... « Juste avant l'aube » parce que c'est à ce moment-là que je peins dans mon atelier rue Vattelapesca.  Et puis voilà… dans cette exposition il sera question du Passage du temps... L'enfance …Tunis, la mer … ma mère. Mon enfance. Et la Corse ».
 
Dans une autre salle, Zelda Colonna. Docteur en Arts-Plastiques et titulaire d'un Master 2 en Philosophie, elle a développé dans ces disciplines des recherches portant sur le corps comme objet de médecine et sa dimension esthétique, métaphorique, ainsi que sur notre approche du dégoût, de la perte et de la douleur. Ayant complété une partie de sa formation à Tokyo et à Londres, elle est par ailleurs réalisatrice de films fantastiques et rédactrice pour la revue culturelle Diacritik. Elle est lauréate en 2022 du prix Talentu Arti Visualidi a culletivitadu Corsica.
 
«Les œuvres de Zelda, en noir et blanc, contrastent avec les couleurs d’André Casabianca » explique Thierry Ottaviani, auteur de fictions et d’essais, notamment sur la Corse. « Des silhouettes fantomatiques hantent ses tableaux telles des ombres sorties du cinéma expressionniste de Robert Wiene ou de Murnau. Nous y retrouvons aussi l’esthétique poétique des Yeux sans visage, ainsi qu’un romantisme gothique qui caractérise son œuvre. Dans cet univers fantastique, les lignes sombres et décharnées dessinent des corps transis, parfois enveloppés de manteaux comme les spectres d’un doute cartésien. Les visages sont devenus des masques vides; leur corps n’est plus personne. Mais, au-delà de ces apparences, ces figures conservent l’expression du cri indicible d’une âme perdue. Nous en découvrons l’infirmité des formes tandis que des yeux transparaissent comme des bouches d’ombre. Des maux et des souffrances semblent s’en échapper. Tout renvoie à notre humanité, à ses sentiments et inquiétudes profondes. Ces scènes, déshumanisées en partie seulement, finissent par refléter étrangement notre quotidien, notre existence et ses vanités ; elles nous conduisent alors à nous interroger sur nos personnes, sur nos parts de lumière et d’obscurité ». Une belle Hâtez-vous, ces deux belles expositions sont à voir avant le 5 mars