Les hommages se multiplient après la mort de Dominique Bucchini

Rédigé le 03/01/2026
La rédaction

Les hommages se multiplient en Corse, et au-delà, après la mort de Dominique Bucchini, ancien maire de Sartene et président de l'assemblée de Corse. Les hommages viennent de tous les bords. Ils saluent l'homme, son engagement et la fidélité à son engagement, l'élu, sa présence, son intégrité, sa droiture.


L’hommage d’Emile Zuccarelli

Les hommages se multiplient après la mort de Dominique Bucchini

(Archives CNI)

Dominique Bucchini n’est plus et je pense avec émotion combien nos routes ont été proches pendant 40 ans.Depuis, surtout, ce jour de 1982 qui nous voyait devenir vice-présidents, lui le premier et moi le 7ème, de la première Assemblée de Corse de l’histoire sous la présidence de Prosper Alfonsi. Et nous avons parcouru côte à côte, le plus souvent même ensemble, dans l’amitié, la suite d’évènements dramatiques ou, parfois, drôles qui raconteront plus tard la gestation de nos institutions insulaires. Dominique, membre du Parti Communiste en défendait les valeurs avec conviction, mais je lui ai toujours su gré de défendre avec courage celles de la République. On sait la diversité et l’importance des mandats qu’il a exercés du Parlement européen et l’Assemblée de Corse dont il assumera la présidence en 2010. Et bien sûr pendant 24 ans la mairie de sa chère ville de Sartène. Dominique Bucchini a marqué la vie politique de notre île tant par son action que par sa forte personnalité. Il ne pouvait laisser indifférent, l’accent chantant, la voix charmeuse capable de répliques brutales comme de pousser quelque vieille romance corse et une présence que l’on n’oubliera pas. On ne t’oubliera pas.    

Les fédérations de la Corse du Parti communiste français

Les communistes viennent de perdre un être cher : leur camarade Dominique Bucchini.

Difficile de choisir des mots pour décrire ce qu’il incarnait : Justice, Solidarité, Fraternité, Émancipation, Ouverture et Respect sont sans doute les plus justes.

On ajoutera "Humanité", le nom de son journal "que l'on vend le matin d'un dimanche à l'affiche qu'on colle au mur du lendemain ".

Nous n'oublierons pas son visage souriant, son regard vif, sa voix chantante, sa poignée de main ferme et sincère, ses paroles d'affection, tout ce qui faisait de lui un être rayonnant et attachant.

Nous n'oublierons pas non plus son élégance d’esprit et de cœur, son attachement à notre culture et notre langue dont il savait si bien mettre en valeur la richesse.

On retiendra de sa vie remarquable, son engagement indéfectible au Parti communiste français, son intégrité et sa droiture.

Dans ses nombreuses fonctions de Maire, de Député européen, de conseiller général, de président de l’Assemblée de Corse, Dominique a agi avec le souci permanent de promouvoir l’intérêt général au service "des spoliés de la terre".

Il avait fait siennes ces paroles si fortes de Jean Nicoli pour les perpétuer et faire en sorte que l’histoire de la Résistance ne s’efface pas. Il était admiratif de ces camarades qui se sont dressés contre la barbarie fachiste pour écrire cette page glorieuse.

Avec intelligence et humilité, le militant qu’il était n’a jamais oublié ses racines populaires et sartenaises.

Partout où il exerça, dans l’éducation nationale, en Afrique puis sur le continent en Vendée ou à Montreuil en région parisienne, il a laissé l’empreinte de son passage comme homme, comme pédagogue, comme passionné de foot, comme militant communiste. Les témoignages nombreux sont unanimes.

Très souvent au stand de la Corse à la Fête de l’Huma celles et ceux qui ont eu, comme nous la chance de le côtoyer, venaient le saluer et exprimer leur plaisir d’avoir eu ces beaux moments avec Dominique.

Homme de culture, il se tournait, dans les moments difficiles vers les grands poètes Aragon, Eluard ou Prévert. Il n’était pas rare qu’il récite ou chante quelques strophes avec un réel bonheur de nous les faire entendre.

En ce moment nos pensées émues vont à sa famille à sa femme, ses enfants et petits-enfants qu’il chérissait.


PNC

U Partitu di a Nazione Corsa salue la mémoire de Dominique Bucchini, u Sartinesu, l’homme de conviction et militant communiste de toujours, l’élu de Sartè et celui de la Corse.
 
Il portait cette mémoire de la première Assemblée de Corse où il a été élu dès l’installation du statut particulier de 1982, et où il siègera sans discontinuer jusqu’à 2017.
 
Durant ces décennies, il aura été d’abord un adversaire politique parfois très dur du courant nationaliste corse dans les années 80, dans un respect total des différences et des idées, mais dans une estime constante des hommes qui le représentaient.
 
Par la suite, il sera un acteur important d’un dialogue renoué entre corses, mais également artisan dans cette recherche irréversible de convergences indispensables à la construction d’une société Corse moderne, apaisée, soucieuse de son développement raisonné et fortement ancrée dans son identité.
 
Au-delà de son empreinte forte laissée sur Sartè et son territoire, nous retiendrons aussi les avancées votées sous sa présidence de l’assemblée de Corse, entre 2010 et 2015, en particulier son implication et son total engagement, notamment au moment du vote sur la demande de coofficialité de la langue Corse, sur le PADDUC ou encore lors d’un rapport notable sur la violence et les dérives qu’il a patiemment construit.
 
À l’heure des hommages, nous avons une pensée pour les siens en ces tristes moments, et saluons le destin d’un homme resté jusqu’au bout au service des hommes, de sa terre et de son peuple.
 
Addiu o Dumè, 
Riposa in pace."

LDH

Dominique Bucchini nous a quittés. Il aura marqué de son empreinte l’histoire contemporaine de la Corse, l’histoire de ses luttes d’émancipation. Communiste, il avait chevillés au corps la justice sociale et un engagement pour l’égale dignité de chacun et de chacune. Corse, il était militant de notre langue et de notre culture dans ce qu’elle porte de respect de l’Autre et d’aspirations démocratiques. Que sa mémoire nous accompagne et nous guide dans ces temps d’inquiétude et de violences. A son épouse, à ses enfants, la ligue des droits de l’Homme présente ses plus sincères condoléances ainsi qu’à ses camarades

Uniti

La liste UNITI tient à exprimer son émotion et son immense respect à l’annonce de la disparition de Dominique Bucchini, ancien président de l’Assemblée de Corse.

Acteur majeur de la vie publique insulaire, Dominique Bucchini a incarné, tout au long de son parcours, une conception exigeante et sincère du service public. Son engagement, guidé par la justice sociale, la démocratie et la dignité humaine, a marqué durablement notre histoire collective.

Homme de convictions fortes, mais toujours ouvert au dialogue, il a su porter la voix de la Corse avec hauteur de vue, sens des responsabilités et attachement indéfectible au bien commun. Son héritage politique et moral demeure une référence pour celles et ceux qui considèrent l’action publique comme un devoir au service de tous.

La liste UNITI s’associe à la douleur de sa famille, de ses proches, de ses amis et de l’ensemble de celles et ceux qui ont travaillé à ses côtés. Nous leur adressons nos condoléances les plus sincères et notre profonde solidarité.

​Parti socialiste de Corse-du-Sud

La fédération du Parti socialiste de Corse-du-Sud rend hommage à Dominique Bucchini, grande figure de la gauche corse et ami fidèle du Parti socialiste, décédé à Sartène à l’âge de 82 ans.

Enseignant, militant communiste, maire de Sartène pendant près de vingt-cinq ans, député européen et président de l’Assemblée de Corse de 2010 à 2015, Dominique Bucchini a incarné une gauche populaire, exigeante et républicaine, engagée sans relâche pour la justice sociale, l’égalité et la solidarité.

Son combat constant contre la violence, le racket et toutes les formes d’intimidation, au nom de l’État de droit et de la primauté de la loi républicaine, restera l’un des marqueurs forts de son engagement politique. Ce courage force le respect.

La mandature 2010–2015 à l’Assemblée de Corse restera celle d’un dialogue politique exigeant et sans tabou sur les grands enjeux qui traversent la Corse : logement, précarité, aménagement du territoire, questions sociales et sociétales, mais aussi les sujets transversaux qui interpellent l’ensemble des Corses, tels que la langue, la terre et la sortie de la clandestinité, sur lesquels des avancées réelles ont été obtenues.

Homme de culture et de transmission, Dominique Bucchini croyait à l’émancipation par le savoir comme fondement de l’égalité républicaine.

Avec sa disparition, la Corse perd une voix de gauche forte et libre, la République un ardent défenseur.

Les socialistes de Corse-du-Sud garderont de Dominique le souvenir d’un grand humaniste fidèle en amitié et avide de débattre.

Toujours prêt à l’affrontement au nom de ses idées et sans jamais se départir du respect de l’autre, c’était sa façon à lui de mener le combat politique.

Respectons sa mémoire et sachons suivre l’exemple qu’il nous a laissé.

Nous pensons à sa famille et à ses proches et leurs adressons nos condoléances les plus sincères.


CGT de Haute-Corse

C’est avec une profonde tristesse et une vive émotion que l’Union Départementale CGT de Haute-Corse a appris la
disparition de Dominique Bucchini.
Ancien Président de l’Assemblée de Corse, ancien Maire de Sartène et figure de proue du Parti Communiste,
Dominique était bien plus qu'un responsable politique : il était un repère moral, un homme de convictions
inébranlables et un ami fidèle du monde du travail.
Un homme de valeurs et d'engagements
Pour nous, militants syndicaux, Dominique Bucchini incarnait les mots de Justice, de Solidarité et de Fraternité. Tout
au long de son parcours — de l’Éducation Nationale à ses mandats de Député européen ou de conseiller général — il
a agi avec une obsession constante : la défense de l’intérêt général et le service de ceux qu'il appelait, à la suite de
Jean Nicoli, « les spoliés de la terre ».
Entre la Corse et la République
Dominique portait en lui une synthèse rare et exemplaire. Il était profondément attaché à sa terre, à sa culture et à
la langue corse, dont il savait si bien magnifier la richesse. Mais cet attachement ne fut jamais un repli ; il était
indissociable de son amour pour la République Française, une République sociale, laïque et universelle.
Il restera pour nous l'héritier de la Résistance, celui qui s'est toujours dressé contre la barbarie et l'injustice avec une
droiture qui forçait le respect de tous, au-delà des clivages.
Une empreinte humaine indélébile
Nous garderons en mémoire son élégance d’esprit, sa poignée de main ferme et son optimisme combatif. Qu’il soit
au stand de la Corse à la Fête de l’Humanité ou sur le terrain auprès des travailleurs en lutte, Dominique apportait sa
chaleur, sa culture immense et sa capacité à citer Aragon ou Éluard pour éclairer les moments les plus sombres.
« Avec lui, le militantisme n’était pas seulement un combat, c’était une forme de pédagogie et d’humanité. »
L’Union Départementale CGT de Haute-Corse adresse ses plus sincères condoléances à sa femme, ses enfants, ses
petits-enfants ainsi qu'à ses camarades du Parti Communiste.
Nous saluons une dernière fois le pédagogue, l'élu intègre et le militant infatigable.
À dopu Dominique, amicacciu di lotta, comme disait Aragon un de tes auteurs préférés : « Certains jours, j'ai rêvé
d'une gomme à effacer l'immondice humaine ».

Jean-Martin Mondoloni

Dominique Bucchini s'est éteint et emporte avec lui une façon d'être en
politique. Au-delà de nos échanges publics, nous avions su construire une
relation authentique depuis sa bienveillance, sa culture et sa profonde
corsitude. Cette rencontre aura aussi bien imprégné mes engagements
que mon parcours d’homme. Aussi, avec d'autres, je pleure sa disparition
et présente à sa famille et ses proches mes condoléances les plus émues.
Ch’ellu riposi in pace.

Jean-Jacques Panunzi

La disparition de Dominique Bucchini affecte tous ceux qui l’ont connu. Bien que ne partageant pas ses idées politiques qui lui venaient d’une histoire locale propre à Sartène, nous avions en commun une certaine idée de la Corse et une éthique en politique.
 
Il a traversé cinquante ans d’histoire politique de notre île, cinquante ans au cours desquels il a su prendre des positions courageuses. Du quart de siècle à la tête de la commune de Sartène à celle de l’Assemblée de Corse dont il fut le dernier président non nationaliste, sans compter les trente-six années passées au sein de cette institution, ainsi qu’au Conseil Général de la Corse du Sud et un passage au Parlement européen de 1981 à 1984, Dominique Bucchini a été de tous les combats, avec ardeur, convictions et un sens aigu de l’intérêt général tout au long de ce parcours d’exception. La Corse ne peut que lui en être reconnaissante.
 
A sa famille et à ses proches, je tiens à présenter mes condoléances attristées et sincères.