Depuis quelques mois, l’offre en hébergement touristique s’est étoffée d’un « hostel », à Porto-Vecchio. Cette auberge de jeunesse qui ne dit pas son nom (sauf en anglais) est la première à voir le jour dans l’Extrême-Sud. Reportage.
Il est près de 9 h 30 quand Jean, cheveux mi-longs poivre et sel, débarque dans la cuisine du Corsica Hostel, en marcel et short jaune canari. Il a passé une bonne nuit : « Ici, c’est très paisible. La dernière fois que j’étais en auberge de jeunesse, c’était à Barcelone et c’était infernal. Il y avait eu la fête toute la nuit... », soupire le vacancier originaire de Grenoble. Jean, qui a 68 ans, aspire tout de même à un peu de tranquillité, et pour son escapade à Porto-Vecchio, il a décidé de retenter l’expérience de l’hostel. Sans le regretter : « Vu les prix, c’était compliqué de trouver un autre logement en fait. Mais j’aime avoir la possibilité d’échanger avec les autres voyageurs. Sinon je ne serai pas là ! » Et n’allez pas lui dire qu’il a passé l’âge de fréquenter les auberges de jeunesse : « J’ai vu ici même une dame d’une cinquantaine d’années ! » sourit-il.
"L'hostel, c'est un état d'esprit"
L’auberge de jeunesse, c’est une offre d’hébergement qui manquait à Porto-Vecchio. Plus confortable que le camping, calibrée pour les baroudeurs ou les voyages entre amis, et généralement moins chère que l’hôtellerie et les Airbnb. Quand on demande aux voyageurs ce qui les a fait atterrir ici, « le prix » et « le confort » reviennent assez souvent dans les réponses. Le prix ? « A partir de 26 euros la nuit et jusqu’à 50 euros par personne », annonce Noëlle Agostini, la propriétaire de l’établissement. A ce tarif, qui fluctue durant la saison, on a droit à un lit dans un dortoir partagé. C’est avantageux quand on est seul, pas forcément quand on est deux (ou plus) puisqu’il n’est pas possible de diviser les frais, contrairement aux autres types d’hébergement. « Venir dans un hostel, c’est un état d’esprit, loue Marina Meduri, l’assistante de direction. On arrive, on est seul, et puis on part à la plage avec des gens qu’on ne connaissait pas avant. C’est un melting pot, avec une diversité sociale et culturelle. »
"L'hostel, c'est un état d'esprit"
L’auberge de jeunesse, c’est une offre d’hébergement qui manquait à Porto-Vecchio. Plus confortable que le camping, calibrée pour les baroudeurs ou les voyages entre amis, et généralement moins chère que l’hôtellerie et les Airbnb. Quand on demande aux voyageurs ce qui les a fait atterrir ici, « le prix » et « le confort » reviennent assez souvent dans les réponses. Le prix ? « A partir de 26 euros la nuit et jusqu’à 50 euros par personne », annonce Noëlle Agostini, la propriétaire de l’établissement. A ce tarif, qui fluctue durant la saison, on a droit à un lit dans un dortoir partagé. C’est avantageux quand on est seul, pas forcément quand on est deux (ou plus) puisqu’il n’est pas possible de diviser les frais, contrairement aux autres types d’hébergement. « Venir dans un hostel, c’est un état d’esprit, loue Marina Meduri, l’assistante de direction. On arrive, on est seul, et puis on part à la plage avec des gens qu’on ne connaissait pas avant. C’est un melting pot, avec une diversité sociale et culturelle. »
Très répandu en Espagne, en Allemagne, au Canada ou en Australie, le concept de l’hostel est encore embryonnaire en Corse. Quand Noëlle et David Agostini apprennent la fermeture de l’hôtel Le Porto-Vecchio, à deux pas du centre-ville et sur la route des plages du sud, ils se portent acquéreurs des murs : « La localisation, c’était pas glamour, avec un garage à côté. Alors on a réfléchi. On est hôteliers à Bonifacio et on travaille avec de nombreux saisonniers qui nous disent qu’une fois la saison terminée, ils partent en auberge de jeunesse sur le Continent. Ca nous est venu comme une évidence. Mais l’appellation "auberge de jeunesse", c’est réglementé en France (il y a une fédération et une ligue, NDLR), alors on a utilisé son anglicisme : "hostel". »
"Comme chez soi"
Le Corsica Hostel séduit par son mobilier en bois, sa déco mi-industrielle, mi-vintage dans les parties communes et ses murs blancs sur lesquels des chapeaux de paille ont été accrochés, ça et là. Des hostels, Mallory et Anaëlle en ont fréquenté plusieurs dans leur vie, « mais c’était rare que ce soit aussi joli », complimentent ces deux randonneuses originaires de Nantes. Ayant terminé le GR 20, elles ont trouvé dans le Corsica Hostel le même état d’esprit de voyage, le confort en plus : « Ici, on commande le pain, et il arrive tout chaud le matin », se réjouissent-elles. Joséphine, venue de Marseille, est aussi une habituée des hostels : « Ici, c’est nickel, tout est propre », salue-t-elle. « On se sent comme chez soi, complète David, qui débarque lui aussi du GR. On a retrouvé ici des gens qu’on voyait déjà dans les montagnes. »
"On en voit beaucoup faire du stop"
Le Corsica Hostel se trouve à peine à trente minutes de voiture de l’arrivée du GR 20, offrant une continuité à cette clientèle de randonneurs. Noëlle Agostini se demande encore pourquoi personne n’a eu l’idée avant elle : « Qui pense Porto-Vecchio, pense tourisme de luxe... », se hasarde-t-elle. « C’est peut-être encore un peu méconnu... », pense Marina Meduri. Les hostels sont aussi souvent fréquentés par des voyageurs non véhiculés, ce qui est déconseillé à Porto-Vecchio compte tenu de la pauvreté de l’offre en transport en commun. En cette fin du mois de juin, le Corsica Hostel est bien rempli – « il reste 13 places sur 60 », précise Marina Meduri – mais les cinq à six places de parking situées devant l’établissement sont quasiment toutes inoccupées. Pour aller à la plage, les clients de l’hostel non véhiculés ont le choix entre la navette A Berlina, qui va à Saint-Cyprien et un bus qui mène à Pinarello. Début juillet, cette offre a été complétée par deux privés, qui desservent jusqu’au 31 août les plages de Palombaggia et Santa Ghjulia. Alors, pour plus de souplesse horaire, plusieurs voyageurs préfèrent opter pour le taxi. « C’est vrai que c’est parfois un peu compliqué pour aller à la plage, constate la réceptionniste Pauline Limouzin. Mais on en voit aussi beaucoup faire du stop, ça se fait très facilement ici ». David a une suggestion : « Ce qui serait top, c’est d’avoir la possibilité de louer un scooter sur place. »
"Comme chez soi"
Le Corsica Hostel séduit par son mobilier en bois, sa déco mi-industrielle, mi-vintage dans les parties communes et ses murs blancs sur lesquels des chapeaux de paille ont été accrochés, ça et là. Des hostels, Mallory et Anaëlle en ont fréquenté plusieurs dans leur vie, « mais c’était rare que ce soit aussi joli », complimentent ces deux randonneuses originaires de Nantes. Ayant terminé le GR 20, elles ont trouvé dans le Corsica Hostel le même état d’esprit de voyage, le confort en plus : « Ici, on commande le pain, et il arrive tout chaud le matin », se réjouissent-elles. Joséphine, venue de Marseille, est aussi une habituée des hostels : « Ici, c’est nickel, tout est propre », salue-t-elle. « On se sent comme chez soi, complète David, qui débarque lui aussi du GR. On a retrouvé ici des gens qu’on voyait déjà dans les montagnes. »
"On en voit beaucoup faire du stop"
Le Corsica Hostel se trouve à peine à trente minutes de voiture de l’arrivée du GR 20, offrant une continuité à cette clientèle de randonneurs. Noëlle Agostini se demande encore pourquoi personne n’a eu l’idée avant elle : « Qui pense Porto-Vecchio, pense tourisme de luxe... », se hasarde-t-elle. « C’est peut-être encore un peu méconnu... », pense Marina Meduri. Les hostels sont aussi souvent fréquentés par des voyageurs non véhiculés, ce qui est déconseillé à Porto-Vecchio compte tenu de la pauvreté de l’offre en transport en commun. En cette fin du mois de juin, le Corsica Hostel est bien rempli – « il reste 13 places sur 60 », précise Marina Meduri – mais les cinq à six places de parking situées devant l’établissement sont quasiment toutes inoccupées. Pour aller à la plage, les clients de l’hostel non véhiculés ont le choix entre la navette A Berlina, qui va à Saint-Cyprien et un bus qui mène à Pinarello. Début juillet, cette offre a été complétée par deux privés, qui desservent jusqu’au 31 août les plages de Palombaggia et Santa Ghjulia. Alors, pour plus de souplesse horaire, plusieurs voyageurs préfèrent opter pour le taxi. « C’est vrai que c’est parfois un peu compliqué pour aller à la plage, constate la réceptionniste Pauline Limouzin. Mais on en voit aussi beaucoup faire du stop, ça se fait très facilement ici ». David a une suggestion : « Ce qui serait top, c’est d’avoir la possibilité de louer un scooter sur place. »
Le matin et le soir sont les moments privilégiés pour la vie en communauté. Dans la cuisine, chacun étiquette a son garde-manger, que ce soit dans les placards ou dans les deux grands frigos. Les plans de travail sont assez longs et la cuisine suffisamment spacieuse pour ne pas se marcher sur les pieds, tout en restant un lieu propice pour engager la discussion, le temps que dans la casserole d’à côté, les pâtes deviennent al dente. Pour les plus pressés, un distributeur automatique de café et barres chocolatées est à disposition. Et qui dit perspective de rencontres, dit aussi... préservatifs dans le distributeur. Dans la salle principale, trônent un billard, un baby-foot et une machine à pop corn. Des jeux de société et des fléchettes sont aussi disponibles à la demande. Et dans un petit salon, un piano et une guitare combleront les mélomanes, histoire d'enchaîner quelques soirées sur une grande banquette, dans une ambiance bohème communicative. Et tout ça (quasiment) sans alcool pour que la fête soit moins folle : le Corsica Hostel interdit en effet l’importation de boissons alcoolisées dans ses murs. « C’est pour éviter les débordements, principalement le soir », confirme Marina Meduri. Quelques bières peuvent néanmoins être achetées directement dans l’hostel porto-vecchiais : « Comme ça, on peut contrôler. »
Et l'hiver aussi ?
Ouvert en septembre 2024 pour un premier tour de chauffe touristique, le Corsica Hostel est réellement entré dans le dur de la saison en avril. Il fermera ses portes en octobre, sans s'interdire de les rouvrir ponctuellement l'hiver, espérant conquérir une clientèle de clubs sportifs venue de Corse ou bien du Continent le temps d'un week-end, pour un match ou un tournoi dans l'Extrême-Sud.
Et l'hiver aussi ?
Ouvert en septembre 2024 pour un premier tour de chauffe touristique, le Corsica Hostel est réellement entré dans le dur de la saison en avril. Il fermera ses portes en octobre, sans s'interdire de les rouvrir ponctuellement l'hiver, espérant conquérir une clientèle de clubs sportifs venue de Corse ou bien du Continent le temps d'un week-end, pour un match ou un tournoi dans l'Extrême-Sud.