Jean-Claude Franceschi : « A Aleria, nous allons poursuivre les efforts que nous avons faits jusqu’à présent »

Rédigé le 09/07/2024
Francesca-Orsula ANGELINI

Jean-Claude Franceschi, président de l’intercommunalité de l’Oriente, a été élu maire d’Aleria le 20 mai dernier, après la démission d'Ange Fraticelli. Le nouvel édile qui siège au conseil municipal depuis 1995, entend maintenir le fil rouge laissé par celui qui l’a désigné comme successeur.

- Vous avez succédé à Ange Fraticelli le 20 mai dernier. Comment le passage de flambeau s’est-il passé ?  
- Il faut savoir que cela n'a pas été une idée qui est sortie du chapeau du jour au lendemain. Avec Ange Fraticelli, nous sommes élus à Aleria depuis 1995. Nous avons longtemps travaillé ensemble et nous avons renouvelé régulièrement les équipes.  En 2020, lors des élections municipales, nous avions convenu qu’Ange Fraticelli ferait deux ou trois ans avant qu’il ne s’arrête et que je reprenne la suite pour préparer l'avenir. Tout le monde le savait, c’était une suite logique.

- Vous êtes devenu maire d’Aleria tout en restant président de l’intercommunalité de l’Oriente. N'est-ce pas trop de responsabilités d’un seul coup ? 
- J’effectuais ce travail déjà auparavant puisque j’avais une fonction de troisième adjoint. De ce fait, je suivais la plupart des gros dossiers. Actuellement, cumuler ces deux postes, ce n’est pas un problème.  Puis je reste modeste et raisonnable, ce ne sont pas des entités très importantes, donc c’est tout à fait faisable et c’est complémentaire.

- Est-ce que vous comptez continuer sur la même ligne de conduite de l’ancienne mandature ? 
- Oui, c’est une évidence. Nous allons poursuivre les efforts que nous avons faits jusqu'à présent pour développer notre commune. Nous avons d'ailleurs, depuis une vingtaine d'années, progressé en termes de population, d'équipements et sur bon nombre de choses.  Nous allons continuer tout en restant dans une logique. Dans le cadre de notre PLU (ndlr : Plan Local d’Urbanisme) par exemple, Aleria est une commune essentiellement agricole et nous souhaitons le rester. En parallèle, nous souhaitons donner aux jeunes des clés pour créer de l’emploi sur notre commune et pour qu’ils puissent trouver du travail sans avoir besoin de partir. Nous voulons ajouter un complément en matière de tourisme, d'industrie, d'artisanat ou de commerce. Nous travaillons sur ces actions-là.


- Quels seraient les secteurs à développer ?
- L'agriculture en premier bien sûr. L'Oriente représente aujourd'hui 75% de l'export agricole de la Corse, notamment avec la viticulture et l'agrumiculture. C’est énorme, il y a un dynamisme. Évidemment, il faut poursuivre en se diversifiant parce qu'il y a d'autres activités. Nous avons un fleuron, c’est Corstyrène et Kallisté Bois. C’est un groupe qui œuvre dans la transformation du polystyrène et dans les charpentes en bois qui s'est considérablement développé. Aujourd'hui, le groupe fait de la recherche en matière d'énergie et plus particulièrement sur l'hydrogène. Nous les soutenons dans cette démarche et la communauté des communes également. Nous sommes à leurs côtés pour qu'ils puissent se développer de la meilleure des façons. Sur le plan foncier ou autre, la commune apporte les aides nécessaires. Puis, il y a beaucoup à faire en matière de tourisme aussi.  
 


- Après l’avis défavorable du Conseil National de la Proctection de la Nature (CNPN) pour le projet de Victoria Corp au village de vacances de Costamare et le retrait du permis, quel est l’avenir du village de vacances de Casabianda?
- Le projet de rouvrir le village de vacances de Casabianda est encore d’actualité. C’était un village qui a fonctionné pendant 30 ans et qui a fermé au début des années 2000. Nous  avons tenté de le rouvrir assez récemment. Un projet avait été déposé ainsi qu’un permis. Ceux-ci ont été attaqués par l’association U Levante. Nous l’avons retiré depuis. Mais nous comptons poursuivre la réflexion. La réouverture du village de vacances est vitale pour la commune. En terme économique, l’établissement représente une manne importante : une centaine d'emplois, une fréquentation de 1500 à 1800 personnes en pic de saison et des retombées induites remarquables pour l'économie locale. 
 

- Quels sont les grands projets de la commune ?
Nous avons quelques projets très intéressants et d'envergure régionale, en matière de santé. Pour l’instant, cela reste encore à l'état d'idée. Je pense pouvoir l'affirmer, nous avons un projet de centre de néphrologie qui est porté par un privé. À Aleria, il y  a l’ATUP-C (ndlr : Assistance pour le Traitement des Urémiques en Provence-Corse). Il faut savoir qu'en Corse, toutes les pathologies du rein ne sont pas soignées, beaucoup de personnes sont obligées de partir sur le continent. Le professeur, qui gère notre ATUP-C, qui est à l’hôpital de la Timone, souhaite faire un centre dans lequel toutes les pathologies vont pouvoir être traitées sur place. Donc, c'est un plus qui est quand même intéressant.  C’est en gestation et nous devrions en savoir plus, assez rapidement. 
 

- Jeanne Ramazzotti-Pistoresi occupe désormais la place de 1ʳᵉ adjointe. Pourquoi avoir fait ce choix ? 
- Il y avait un impératif en termes d’égalité puisqu’il y avait cinq personnes et il fallait respecter la parité.  C’était une femme qui arrivait en premier. Mais surtout, je pense que Jeanne Ramazzotti-Pistoresi a le profil qu'il faut. C’est une personne qui a une formation universitaire de haut niveau. Elle a joué un rôle comptable important dans une entreprise privée de la microrégion. Aujourd'hui, Jeanne Ramazzotti-Pistoresi est la responsable des finances de la commune. À ce titre, elle était légitime et je pense qu’elle est tout à fait à la hauteur des enjeux du futur. Nous nous connaissons depuis très longtemps. Il y a une osmose. Nous allons fonctionner comme nous l'avons toujours fait : dans la confiance, dans le partenariat et dans le travail en commun. Pas seulement tous les deux d'ailleurs, mais avec l'équipe. Nous sommes une équipe soudée et solide, de façon que chacun prenne une tâche à sa charge afin que l'on puisse avancer. Chacun en important ses capacités, son savoir et sa disponibilité.