Il y a trente-sept ans, le Cap Corse vivait l'un des incendies les plus dévastateurs de son histoire contemporaine. Sous l'assaut d'un mistral hurlant en rafales jusqu'à 140 km/h, les flammes dévorèrent plusieurs milliers d'hectares de maquis, isolèrent la presqu'île durant de longues heures et fauchèrent deux touristes italiens.
Le drame survient le 31 juillet 1989, sur la route départementale de Meria à Luri, au lieu-dit « Murtedda ». Quatre amis milanais, arrivés en Corse dix jours plus tôt, roulent à bord d'une Rover.
Partis en milieu d'après-midi de Macinaggio pour Bastia, ils n'atteindront jamais le port : le feu, par sa virulence, bloque leur progression.
La route, étroite, encaissée entre la falaise et la mer, se mue en piège mortel. Les flammes cernent la Rover en quelques secondes. Deux d'entre eux, Roberto Borcio et Paola Caciari, s'extirpent du véhicule, le corps déjà en flammes, et se jettent des rochers dans la Tyrhénienne. Les deux autres, Raffaele Gaeta et Laura Reboulaz, n'atteindront jamais le rivage, pourtant proche. Il faudra attendre que l'incendie recule, plusieurs heures plus tard, pour que les secours puissent enfin retrouver leurs corps.
Ces deux victimes n'étaient pas des touristes ordinaires. Lui, Raffaele Gaeta, 40 ans, économiste, enseignant à l'université de Modène, ancien de la Bocconi de Milan. Elle, Laura Reboulaz, 46 ans, sociologue, formatrice de travailleurs sociaux à la Società Umanitaria.
Compagnons depuis plusieurs années, ils devaient repartir le lendemain pour retrouver le fils adolescent de Laura, resté dans le Val d'Aoste. Ils ne le reverront jamais.
À l'échelle de l'île, c'est la sidération. Une quarantaine de foyers, des campings évacués, des hameaux isolés, et Bastia étouffant sous un nuage de fumée et de cendres. Canadair et les hélicoptères restent cloués au sol, impuissants face au mistral. Plus de 850 pompiers sont mobilisés, bientôt renforcés par des unités venues du continent. Les autorités évoquent des départs de feu suspects.
En Italie, l'émotion est vive. Les proches, dispersés par les congés d'été, sont introuvables. Le quotidien L'Unità rapporte un déchirement : la sœur de Raffaele Gaeta apprend la nouvelle par des journalistes venus l'attendre devant l'appartement de son frère, persuadés qu'il était déjà rentré. Quand la confirmation arrive de France, elle s'effondre avant de prendre immédiatementla route de Bastia.
Le drame de Meria reste gravé dans les mémoires comme l'un des incendies les plus meurtriers de la fin du XXe siècle en Corse. Mais au-delà du nombre d'hectares calcinés, il incarne une vérité brutale : sur cette route étroite, entre le maquis et la mer, le vent et le feu n'ont fait qu'un pour transformer un paysage de carte postale en un piège sans issue.
Partis en milieu d'après-midi de Macinaggio pour Bastia, ils n'atteindront jamais le port : le feu, par sa virulence, bloque leur progression.
La route, étroite, encaissée entre la falaise et la mer, se mue en piège mortel. Les flammes cernent la Rover en quelques secondes. Deux d'entre eux, Roberto Borcio et Paola Caciari, s'extirpent du véhicule, le corps déjà en flammes, et se jettent des rochers dans la Tyrhénienne. Les deux autres, Raffaele Gaeta et Laura Reboulaz, n'atteindront jamais le rivage, pourtant proche. Il faudra attendre que l'incendie recule, plusieurs heures plus tard, pour que les secours puissent enfin retrouver leurs corps.
Ces deux victimes n'étaient pas des touristes ordinaires. Lui, Raffaele Gaeta, 40 ans, économiste, enseignant à l'université de Modène, ancien de la Bocconi de Milan. Elle, Laura Reboulaz, 46 ans, sociologue, formatrice de travailleurs sociaux à la Società Umanitaria.
Compagnons depuis plusieurs années, ils devaient repartir le lendemain pour retrouver le fils adolescent de Laura, resté dans le Val d'Aoste. Ils ne le reverront jamais.
À l'échelle de l'île, c'est la sidération. Une quarantaine de foyers, des campings évacués, des hameaux isolés, et Bastia étouffant sous un nuage de fumée et de cendres. Canadair et les hélicoptères restent cloués au sol, impuissants face au mistral. Plus de 850 pompiers sont mobilisés, bientôt renforcés par des unités venues du continent. Les autorités évoquent des départs de feu suspects.
En Italie, l'émotion est vive. Les proches, dispersés par les congés d'été, sont introuvables. Le quotidien L'Unità rapporte un déchirement : la sœur de Raffaele Gaeta apprend la nouvelle par des journalistes venus l'attendre devant l'appartement de son frère, persuadés qu'il était déjà rentré. Quand la confirmation arrive de France, elle s'effondre avant de prendre immédiatementla route de Bastia.
Le drame de Meria reste gravé dans les mémoires comme l'un des incendies les plus meurtriers de la fin du XXe siècle en Corse. Mais au-delà du nombre d'hectares calcinés, il incarne une vérité brutale : sur cette route étroite, entre le maquis et la mer, le vent et le feu n'ont fait qu'un pour transformer un paysage de carte postale en un piège sans issue.


