À Saint-Florent, le pont rouvre six mois après son effondrement

Rédigé le 24/06/2026
Léana Serve

Très attendu par les habitants, les commerçants et les professionnels du tourisme, le pont de Saint-Florent a rouvert ce mercredi après-midi, six mois après son effondrement lors des intempéries de décembre. Un chantier rendu complexe par la présence d'amiante et la reconstruction complète de ses fondations.

(Photos Gérard Baldocchi)


Six mois après son effondrement lors des intempéries du 26 décembre dernier, le pont de Saint-Florent est de nouveau ouvert à la circulation depuis ce mercredi après-midi. Une réouverture accueillie avec soulagement par les habitants, les commerçants et les élus, à quelques jours du début de la saison estivale. « Ça me rend heureux, surtout pour les commerçants et pour la circulation, ça va éviter les embouteillages qu’il y avait du matin au soir et permettre aux touristes et aux locaux de pouvoir entrer normalement dans la ville », indique Paul Costa, premier adjoint au maire. Un avis partagé par une commerçante du quartier : « C’est un gros soulagement, surtout avant la saison touristique qui arrive. »
 

Pour la Collectivité de Corse, porteuse du projet, l’objectif fixé a été atteint. Les travaux ont été achevés avec quelques jours d’avance sur le calendrier annoncé. « Nous avions annoncé une ouverture le 27 juin, nous sommes le 24. Le délai est respecté », se félicite Jean-Félix Acquaviva, conseiller exécutif chargé des transports et des infrastructures routières. Le chantier, d’un coût total de 3,3 millions d’euros, a toutefois dû faire face à plusieurs difficultés techniques. Après l’effondrement de l’ouvrage, les premiers diagnostics ont notamment mis en évidence la présence d’amiante, entraînant des contraintes supplémentaires et un surcoût important lié à son extraction et à son évacuation. Les investigations ont également révélé l’absence de pieux sécants sous l’ancien pont. « Il a fallu faire six pieux de 20 mètres, donc tout cela a engendré des surcoûts », précise-t-il.


Mandataire du groupement chargé de la reconstruction, la société Terraco a également dû adapter son organisation pour respecter les délais. « Pour gagner du temps, nous avons préfabriqué six poutres de 26 tonnes pour constituer le pont, et nous avons réalisé des coulages avec des bétons de formulation spéciale qui nous ont permis une réouverture rapide sans délai de séchage contraint », détaille Petru-Ghjuvanni Torre, président de la société. « Le délai nous a surtout imposé de mobiliser des équipes sur des plages horaires assez importantes, ce qui n'est pas possible en condition amiante, puisqu'on doit se limiter à un nombre restreint de deux heures par jour. Mais une fois qu'on est sortis des conditions amiantifères et qu'on est revenus sur des conditions dites normales, on a pu aller jusqu'au maximum de ce que nous permettait la réglementation en termes d’heures de travail. »
 

Si le pont est désormais accessible aux véhicules, le chantier n’est pas encore totalement terminé. Une nouvelle phase de travaux est prévue après la saison estivale. Elle concernera notamment « la réalisation des trottoirs, de la chaussée définitive et de plusieurs ouvrages enterrés ». Les interventions devraient être programmées à l’automne afin de limiter leur impact sur la fréquentation de la ville.