Chef de service à l’hôpital de Bastia, Franck Le Duff publie Le souvenir de l’invisible, un premier roman initiatique entre science, spiritualité et quête de soi. Breton d’origine, installé en Corse depuis 2010, il évoque ici son parcours, ses influences, et sa vision du monde, marquée par la foi, l’humanité et le mystère.
Qui est Franck Le Duff, le médecin ?
Je suis originaire de Bretagne. J’ai d’abord étudié l’économie avant de bifurquer vers la médecine à la faculté de Rennes, avec une spécialisation en santé publique. J’ai ensuite exercé dans plusieurs grandes villes, aux urgences notamment : à Nice, Monaco, à La Réunion… avant d’arriver en Corse en 2010. J’ai rejoint alors le Centre régional de coordination du dépistage des cancers (CRCDC) à Bastia. Depuis 2023, je suis chef de service en médecine polyvalente à l’hôpital de Bastia.
Et vous voilà écrivain. Une surprise ?
Pas vraiment. J’ai grandi entouré de livres. Ma mère, qui avait interrompu ses études de médecine, dirigeait une librairie. C’est là que j’ai découvert la lecture, et elle ne m’a plus quitté. J’ai toujours lu, énormément, et avec une curiosité très large.
Vous êtes attiré par l’ésotérisme ?
Oui, l’ésotérisme, la dimension spirituelle m’accompagnent depuis longtemps. Dans mon quotidien de médecin, je suis confronté à la souffrance, à la maladie, à la mort. Alors je crois profondément qu’il existe quelque chose de plus grand que nous. Une présence, une force. J’ai foi en cette idée que chacun d’entre nous a un rôle à jouer dans ce monde. Une trajectoire à accomplir.
Comment est née l’idée de ce livre ?
Il y a des textes qui vous marquent durablement. Pour moi, L’Alchimiste, un conte philosophique de Paulo Coelho et Le Prophète de Khalil Gibran ont été des révélateurs. Plus récemment, j’ai lu Spinoza, l’homme qui a tué Dieu de Dos Santos. Ce dernier ouvrage m’a décidé : il fallait que je passe à l’écriture, poser sur papier cette dimension qui m’habite. Le souvenir de l’invisible est né de ce moment-là. C’est un roman, mais porté par un double regard : celui du médecin, et celui de l’homme en quête de sens.
Un roman philosophique ?
Plutôt un roman initiatique. Un texte pour aider à se retrouver. Je pense que nous sommes plus qu’un corps. Chacun a en soi une dimension spirituelle à découvrir. C’est une forme de philosophie ésotérique.
Une approche presque religieuse ?
Je ne me reconnais pas dans le dogme catholique, mais j’adhère à la foi chrétienne. Ce que dit Jésus me parle profondément, notamment dans sa dimension humaine et spirituelle. Il est pour moi un homme éveillé, qui est devenu Christ par l’acte ultime de se donner pour les autres. Il y a dans son parcours une leçon sur la manière de se retrouver soi-même et d’aider les autres à en faire autant. On est corps/âme et le travail consiste à trouver l’esprit. De notre vivant il y a quelque chose à faire pour retrouver plus grand que soi, trouver une dimension supérieure
Quel est le synopsis de ce roman ?
Attention, ce n’est pas une autobiographie, même si mon personnage principal, Elias, est médecin. Il est pris dans la routine, dans une vie où il soigne, accompagne… mais se perd. Son travail le nourrit, mais ne l’élève pas. Un jour, au milieu du silence, quelque chose surgit. Une lumière. Une faille. Il commence alors un chemin de transformation, s’éloigne du monde, traverse des épreuves, et découvre une autre manière d’habiter le réel. C’est une quête spirituelle, intérieure, une reconquête de soi.
Est-ce un livre "mode d’emploi" ?
J’aimerais bien ! Disons qu’il donne des pistes. Le personnage principal trace un chemin que d’autres peuvent suivre à leur manière. Si ce livre peut servir de passage, de lumière pour d’autres, j’en serais très heureux.
Votre préface est une déclaration d’amour à la Corse…
Il est des terres qui vous bouleversent. Elles vous accueillent. Elles vous reconnaissent. Elles vous initient. La Corse est une terre qui m’a transformé. Pas seulement par sa beauté, mais par ce qu’elle contient de profond, d’exigeant. Elle ne se donne pas facilement. Elle oblige à être sincère. Pour moi, elle a été une matrice. Une terre d’initiation. J’ai compris ici que l’invisible n’était pas ailleurs, mais bien sous nos pieds, dans les gestes simples, les mots, les silences. C’est ici que mon regard a changé.
Un autre livre est en préparation ?
Oui. Il est presque terminé. Il s’intitulera Hannah sur les pas du Messie. Ce sera l’histoire d’une femme hébreue, qui vit à Jérusalem et croise Jésus, sans jamais entrer directement en contact avec lui. Elle l’observe, le côtoie, mais reste à distance. Le livre devrait paraître en 2026.
Le souvenir de l’invisible, de Franck Le Duff, est autoédité et disponible à la commande ICI. Un premier roman à la croisée du soin et de l’âme, dans un monde où la quête de sens devient, elle aussi, une urgence.