"Un futur pour Bastia" présente son contre-projet du PLU de la ville

Rédigé le 23/03/2024
La rédaction

Le constat a été dressé samedi matin par "Le Mouvement , un futur pour Bastia" de Julien Morganti, conseiller municipal d'opposition de Bastia : " le nouveau PLU (Plan local d'urbanisme) est dangereux et manque d'ambition pour la ville et ses habitants. Il nous conduit vers un monde triste et punitif." Julien Morganti et Olvier Franceschi, coordinateur du document présenté, ont proposé un contre-projet qui, selon eux, constitue un "autre chemin vers un avenir meilleur". Les explications de Julien Morganti.

- Pourquoi ce projet de contre-PLU ?
- On a fait le choix et le pari de proposer un PLU beaucoup plus ambitieux, cohérent et durable, c'est-à-dire  que l'on souhaite transférer plus, mieux, tout en verdissant la ville et notamment le centre-ville.
Parce qu'aujourd'hui, on s'aperçoit que le PLU municipal pose des problèmes en termes de cohérence, de manque d'ambition, raréfie la terre fait qu'elle va être touchée, ça va faire fuir les classes moyennes et surtout le virage écologique pose degros problèmes d'un point de vue de l'environnement avec la ressource en eau.


- Pour vous on peut donc construire en zone naturelle agricole ?
- Elles ne sont naturelles que depuis quelques jours quand la mairie l'a décidé qu'elles le seraient. Mqis elles ne correspondent absolument pas à une vision agricole pour Bastia. Bastia n'a pas de vision agricole, elle a une vision tournée vers la mer et nous on souhaite garder cette vocation urbaine pour la ville, c'est-à-dire construire plus, mieux et en verdissant la ville avec le concept de renaturation, c'est-à-dire que tout le monde serait à au moins un quart d'heure à pied d'un espace naturel, mais pas simplement d'un banc ou d'un arbre.


- Se tourner vers la mer, c'est aussi pour vous  le port de la Carbonite, mais c'est la CTC qui à compétence en la matière pas la municipalité de Bastia ?
- C'est une concertation globale et c'est pour ça que dans le cadre d'une logique de métropole, qui récupérerait aussi la question du foncier, les grands projets d'infrastructures doivent être portés aussi par la mairie sur le concept de bien d'avenir.
Aujourd'hui les grands projets d'infrastructures régionaux sont à l'arrêt Bastia : les terrains de la gare appartiennent à la CDC il n'y a rien;  le couvent Saint-François appartient à la CDC il n'y a rien, la Carbonite appartient à CDC il n'y a rien, donc on voit bien le manque d'ambition de la région à Bastia.

- Selon vous, aujourd'hui la population notamment jeune de la ville, est en train de fuir en périphérie. Vous soutenez que cette désertion est imputable à la mairie de Bastia, pour  quelle raison ?
- On considère que en raréfiant la terre, en raréfiant la constructibilité, en n'offrant pas des services publics notamment des écoles, les classes moyennes, les jeunes ménages sont en train de partir notamment en périphérie sud. C'est pour cette raison que nous avons une stratégie très ambitieuse pour faire revenir ces jeunes ménages avec le concept de bail réel solidaire et d'augmenter le seuil de construction. C'est ce qui fait que nous pourrions proposer jusqu'à cent cinquante logements par an, c'est cinq fois plus que la municipalité pour les pour les primo-accédants.

 
- Qu'est-ce qui manque comme grosses infrastructures à Bastia ?
- L'enjeu c'est à la fois la question évidemment du port, mais pas tant le port de la Carbonite, c'est la reconversion du bassin actuel en nouveau quartier et là on pourrait implanter des logements mais aussi un cadre de vie, des infrastructures notamment pour à la fois les écoles, un campus universitaire, un centre d'affaires - on voit ce qui s'est passé avec l'ilôt de la poste :
c'est par les équipements publics, par l'attractivité économique qu'aujourd'hui des gens s'installent dans une ville.

- Vous réservez-vous la possibilité d'introduire un recours  en annulation du PLU adopté par le conseil municipal
- On a été surpris, au regard des retours très négatifs du PLU proposé  par la municipalité, d'avoir eu énormément de propositions de gens qui sont en attente d'une action politique forte.
Donc effectivement, on se réserve le droit d'attaquer en justice le PLU municipal.

- Le 23 mars 2014 - il y a 10 ans jour pour jour - le premier tour des municipales a permis à Gilles Simeoni d'accéder à la mairie. Au second tour vous avez été élu sur la même liste d'union : votre sentiment 10 ans après ? 
 - Un grand gâchis parce que justement beaucoup de Bastiais y ont cru et quand on voit le résultat... C'est pour ça que nous souhaitons, à présent, tourner rapidement la page de cette parenthèse malheureuse pour Bastia.

- Pas de regrets d'y avoir pris part au départ ?
- À l'époque cela a été un choix fait responsabilité, validé par les Bastiais, mais la page est tournée depuis neuf ans 



Olivier Franceschi, le coordinateur