Contrôles sanitaires : la CGAD de Haute-Corse appelle les artisans de l’alimentaire à redoubler de vigilance

Rédigé le 09/03/2026
Léana Serve

Face à la multiplication des contrôles sanitaires dans les commerces de bouche insulaires, parfois suivis de fermetures temporaires, la Confédération générale de l’alimentation en détail de Haute-Corse appelle les professionnels à renforcer leur vigilance sur l’hygiène et la conformité de leurs établissements. Elle plaide aussi contre la médiatisation immédiate des sanctions sur les réseaux sociaux.

Contrôles sanitaires : la CGAD de Haute-Corse appelle les artisans de l’alimentaire à redoubler de vigilance

Photo d'illustration / Pexels

Alors que les contrôles sanitaires se multiplient depuis plusieurs mois dans les commerces de bouche insulaires, certains ayant entraîné des fermetures temporaires, la Confédération générale de l’alimentation en détail (CGAD) de Haute-Corse lance un appel à « l’ensemble des boulangers, pâtissiers, bouchers, charcutiers, traiteurs et artisans de l’alimentaire » concernant « l’hygiène et la conformité sanitaire de leurs établissements ». « Notre rôle en tant que syndicat, c'est de mettre en garde nos adhérents afin qu'ils soient vigilants sur le travail qu'ils effectuent », explique Louis Constant, président de la CGAD de Haute-Corse.
 

À travers cet appel, la CGAD invite « chaque chef d’entreprise à anticiper et vérifier que son établissement respecte pleinement les normes en vigueur, notamment en matière d’hygiène, de nettoyage, de stockage, de chaîne du froid et de formation “HACCP” [une formation en hygiène alimentaire, ndlr] ». « Nous voulons que nos adhérents, mais aussi nos non-adhérents, sachent que nous sommes là », précise Louis Constant. « Si demain, ils ont des difficultés pour avoir des renseignements sur l’hygiène dans leur métier, sur certaines choses qu'il faut faire et ne pas faire, nous avons au niveau national des documents qui nous permettent de renseigner ces personnes, ces artisans. »
 

Il précise également que « nous mettons aussi en place des formations sur l’hygiène, qui sont obligatoires dans les entreprises. » Les formations, « spécifiques à chaque métier », doivent permettre aux chefs d’entreprises « d’avoir toutes les informations ». « Parfois, ils ont la tête dans le guidon, ils sont un peu déconnectés de ce qui se passe autour, ils font confiance à leurs salariés, mais on laisse aller un peu, et c’est là qu’on a un contrôle », souligne le président de la CGAD. « C’est surtout pour faire de la prévention. »
 

Avec son communiqué, la CGAD de Haute-Corse « demande également aux services de l’État de privilégier l’accompagnement et le conseil aux entreprises ». « On ne refuse pas les sanctions », assure Louis Constant. « Si vous avez fait une faute, vous êtes sanctionné, mais par contre, le mettre sur les réseaux sociaux, c'est quelque chose qu'on n'a jamais voulu », indique-t-il, faisant référence aux publications de la préfecture visant à informer la population des fermetures temporaires d’établissements. « Au niveau national, on s'est battu pour ne pas que ce soit médiatisé tout de suite. S’il y a une faute qui n'est pas rétablie dans la semaine ou après qu'on ait donné un temps pour faire les travaux, on sanctionne et on peut mettre sur les réseaux sociaux, mais là, c'est double sanction. »

Selon lui, la publication des fermetures d’établissements sur les réseaux sociaux « peut casser une entreprise ». « Si ça se trouve, c'est peut-être une étagère en bois qui n'a pas lieu d'être ici parce qu'il faut qu'elle soit en inox. Parfois, il s’agit de petites fautes qui peuvent être corrigées rapidement sans faire la double sanction, avec simplement une amende. Mais là, on a une information qui est donnée, et qui est un peu fausse parce qu’on dit que c'est fermé pour hygiène, mais on ne donne pas la raison exacte, alors on peut s'imaginer tout et n'importe quoi. L’État doit faire en sorte de ne pas stigmatiser tout de suite les gens qui ont fait la faute. »