En Corse, un habitant sur deux est né hors de l’île, selon l’Insee

Rédigé le 03/11/2026
Léana Serve

Une étude de l’Insee publiée ce mardi révèle qu’un habitant de Corse sur deux est né hors de l’île. Un chiffre qui témoigne de l’attractivité de la Corse, où les nouveaux arrivants viennent majoritairement d’autres régions françaises, notamment de PACA et d’Île-de-France. L’étude met également en lumière les différences de profils entre natifs et non-natifs, ainsi que le retour de jeunes Corses après leurs études.

Photo : Archive CNI - Michel Luccioni

Un résident corse sur deux est né hors de l’île : c’est ce que démontre une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Publiée ce mardi, elle se base sur les données du recensement de la population en 2023, en comparaison avec 2013, et s'intéresse aux habitants de Corse et à leur lieu de naissance. Ainsi, l’étude démontre qu’un résident sur deux est né hors de l’île (45 %). Une situation qui peut s’expliquer, selon l’Insee, par l’attractivité de la Corse. « La Corse n’est pas un cas isolé », indique Rachel Massiani, chargée d’études. « La part des non-natifs est aussi importante en région PACA (48 %), Occitanie (45 %) et Île-de-France (44 %), qui sont des territoires attractifs, et où, de fait, la proportion de non-natifs est relativement élevée. » À l’inverse, moins d’une personne sur cinq habitant dans les Hauts-de-France ou dans le Grand Est est non-native de la région.
 

Dans le détail, 70 % des non-natifs de Corse sont nés dans une autre région française, comme la région PACA (31 700 personnes), Île-de-France (25 000 personnes), la région Auvergne-Rhône-Alpes (9 800 personnes) et Occitanie (7 500 personnes). « Ces quatre régions comptent pour 50 % des non-natifs qui résident en Corse », précise la chargée d’études de l’Insee. De l’autre côté, 30 % des non-natifs de Corse sont nés à l’étranger, principalement au Maroc et au Portugal. « Si la part des non-natifs de Corse et nés dans une autre région est assez similaire entre la Haute-Corse et la Corse-du-Sud, il y a quand même une petite distinction sur la part des personnes nées à l’étranger entre la Haute-Corse et la Corse-du-Sud », détaille Rachel Massiani. « Les Marocains sont ainsi plus présents en Haute-Corse qu'en Corse-du-Sud (30 % contre 22 %), et à l'inverse, les Portugais sont plus présents en Corse-du-Sud qu'en Haute-Corse (21 % contre 13 %). »
 

L’étude démontre également que les non-natifs sont aussi plus souvent en âge de travailler et que leurs arrivées sont souvent liées à l’emploi. Ainsi, 55 % des résidents natifs corses sont en âge de travailler, contre 66 % des non-natifs. Des actifs qui sont, selon l’Insee, majoritairement en emploi : 69 % venant d’une autre région et 62 % nés à l’étranger. « Les natifs d’une autre région française ont aussi des diplômes plus élevés. 34 % d’entre eux ont un diplôme du supérieur, soit huit points de plus que les natifs. 16 % sont cadres, et 27 % occupent des professions intermédiaires. » À l’inverse, les natifs de Corse sont davantage représentés parmi les employés et les agriculteurs. Les personnes nées à l’étranger, elles, occupent plus souvent des emplois d’ouvriers(41 %), contre 15 % des natifs de Corse.
 

Enfin, l’étude de l’Insee s’est également intéressée aux natifs de Corse vivant dans une autre région française, représentant 52 100 personnes. La plupart d’entre eux vivent en région PACA (18 400 personnes) ou Île-de-France (9 600 personnes). De plus, sur les 7 300 arrivants sur l’année 2023, 11,5 % sont nés dans l’île, pour beaucoup des jeunes entre 20 et 29 ans « qui ont fait leurs études et leurs premières armes en dehors de l’île et qui reviennent vivre en Corse ».