Reprise de la Ligue B. - Paul Muracciole (Président du GFCA Volley) : « Nous avons les ingrédients pour réaliser une belle saison »

Rédigé le 14/10/2026
Patrice Paquier Lorenzi

À quelques jours de la reprise de la Ligue B, samedi à Reims, le président ajaccien Paul Muracciole revient sur une saison qu’il qualifie d’« horrible », marquée par les difficultés sportives, humaines et financières. Le club a renouvelé son effectif et vise le Final Four, sans afficher d’objectif immédiat de remontée. Après l’alerte lancée en fin de saison sur sa trésorerie, le dirigeant affirme également que les relations avec les collectivités se sont améliorées.

Après une saison dans l’élite et la redescente en Ligue B, comment avez-vous vécu ce résultat ? Quelles ont été les principales causes de cette saison difficile ?
On a vécu une saison difficile, horrible. Il y a eu une succession de dysfonctionnements, liés notamment au fait que le club est une association et que nous faisons le maximum avec les moyens dont nous disposons. Nous avons connu de vrais problèmes d’organisation, avec des personnes qui nous ont quittés en cours de saison. Ensuite, les contraintes imposées par la DNACG nous ont empêchés de disposer pleinement de deux joueurs importants : un passeur et un central, qui a finalement connu une saison blanche. Malgré cela, nous avons réussi à obtenir des résultats sportifs qui tenaient la route avec un effectif diminué. Nous avons aussi perdu une personne essentielle au fonctionnement quotidien du club. C’est une grande perte humaine, qui a bouleversé notre organisation. Et, pour finir, nous avons connu ce problème de trésorerie qui nous a empêchés de payer les salaires à temps. Tout cela, accumulé sur une seule saison, peut décourager beaucoup de monde. Malgré tout, avec un effectif amoindri, nous avions réussi à nous maintenir sur le terrain.
 

Le club a choisi de renouveler largement son effectif et de le rajeunir. Qu’est-ce qui a guidé ce choix : la relégation, les contraintes budgétaires ou la volonté de lancer un nouveau projet ?
Les trois. Les joueurs ont été sollicités et sont partis. Quand on redescend, on a forcément moins de moyens. Et puis c’est aussi une bonne chose de repartir dans un nouveau cycle avec un nouvel effectif. Cela concerne également l’encadrement technique : il y avait une certaine lassitude chez l’entraîneur principal. Il fallait lui redonner envie de s’investir, lui qui est passionné par ce club. Finalement, on repart sur des bases plus saines financièrement, avec de meilleurs rapports avec les collectivités et la mairie. Nous avons toujours cette épée de Damoclès avec la DNACG, car reconstituer des fonds propres reste compliqué. Mais l’effectif de cette année allie expérience et jeunesse, avec une vraie capacité à prendre sa part dans un championnat professionnel. Les premiers entraînements et les matchs amicaux montrent que nous sommes dans la bonne direction, même s’il reste du travail pour créer de la cohésion. Je pense que ces différents éléments nous permettent de repartir avec une nouvelle équipe et de l’ambition. Peut-être pas avec la prétention de monter que nous avions il y a deux saisons, mais au moins avec l’objectif de jouer le Final Four.
 

Vous ne promettez donc pas une remontée immédiate. Que peut-on attendre concrètement de cette saison en Ligue B ?
Nous avons un effectif professionnel qui mêle expérience et joueurs en devenir. Derrière, au moins quatre jeunes du centre de formation frappent à la porte pour jouer comme titulaires. Ils sont très professionnels dans leur état d’esprit et viennent réellement concurrencer les joueurs professionnels. Je pense que nous avons les ingrédients pour faire une belle saison. Je vais demander aux joueurs, surtout au Palatinu, de jouer tous les points. Si nous perdons parce que l’adversaire est meilleur, nous perdrons sportivement. Mais il faut se battre sur chaque ballon et défendre les couleurs d’Ajaccio et du GFCA comme le public l’attend, pour que chaque soirée donne lieu à une belle rencontre.
 

Le championnat compte 33 matchs, dont 17 à l’extérieur. Comment avez-vous préparé l’équipe à ce calendrier et aux déplacements, qui représentent un coût important pour un club insulaire ?
Cela va encore nous coûter très cher de nous déplacer sur le continent. Nous avons 17 déplacements alors que certaines équipes n’en auront que 16. C’est une petite injustice dans la formule du championnat. L’entraîneur a intégré la nécessité de faire tourner l’effectif, pour éviter de surcharger les joueurs et préserver leur fraîcheur. L’idée est de garder une équipe compétitive sur la durée. Je dis aux joueurs : « Soyons ensemble à partir du 15 avril. »


En fin de saison dernière, le club avait alerté sur une menace de cessation de paiement et sur près de 270 000 euros de financements publics qui restaient à percevoir. Où en est la situation aujourd’hui ?
La situation s’est améliorée, parce que tout le monde a pris la mesure de la réalité économique du club. La mairie a versé ce qu’elle devait verser, et même davantage compte tenu de ses difficultés. La Collectivité nous a également bien aidés. Je sens que nous sommes tous sur la même longueur d’onde, et cela fait plaisir.
 

Les désaccords avec les collectivités sont donc réglés ?
Les relations sont meilleures. Nous avons pu avancer et chacun a pris en compte la situation du club.
 

Le budget prévisionnel de cette saison est-il équilibré ?
Nous devons présenter, fin octobre, un budget prévisionnel révisé pour 2026. Nous avons essayé de coller à la réalité économique. J’espère que cette réalité sera prise en compte, mais je n’ai aucune confiance dans la DNACG, que je trouve hors sol sur le plan économique. Je n’en attends rien.
 

Quelle leçon le club a-t-il tirée de ces difficultés pour éviter de revivre une situation comparable ?
L’expérience permet d’avancer. Nous devons mettre encore davantage l’accent sur la commercialisation du GFCA Volley, pour moins dépendre des collectivités, et construire un tissu de partenaires qui nous donne de la visibilité au minimum sur deux ans.
 

La formation occupe une place importante dans ce nouveau projet. Quelle est la stratégie du club pour son centre de formation ?
C’est la base de notre survie. Nous avons un centre de formation de haut niveau, qui doit nous permettre de compléter les équipes professionnelles, y compris au plus haut niveau. Cette année, notre centre de formation compte de très bons jeunes, déjà très professionnels dans leur état d’esprit. Nous avons environ 80 jeunes. Je pense que la différence se fera en fin de saison avec la profondeur du banc. Les clubs n’ont pas tous des finances florissantes. Ceux qui pourront faire tourner leur effectif grâce à leurs jeunes auront peut-être un avantage. Nous avons mis l’accent sur cette rotation, et cela me donne un peu d’espoir pour la saison.
 

Le premier match se joue samedi à Reims. Dans quel état d’esprit l’équipe aborde-t-elle cette reprise ? Qu’attendez-vous de ce déplacement ?
L’ambiance est excellente dans l’équipe, entre les joueurs expérimentés et les jeunes. Il faut maintenant que cela se traduise sur le terrain par l’envie de gagner. Il reste des automatismes à créer, notamment entre le passeur et les attaquants, qui jouent ensemble depuis peu. Mais j’attends des joueurs qu’ils se battent et qu’ils aillent sur tous les ballons. Nous n’attendons pas forcément un résultat de ce premier déplacement. C’est surtout à domicile que nous voulons gagner dès le premier match, pour lancer une dynamique, attirer du monde et créer de la cohésion avec le public.