À Ajaccio, les trois Cités éducatives de Corse réunies pour une première journée d’échanges

Rédigé le 06/10/2026
Jeanne Soury

Près de 200 professionnels d’Ajaccio, Bastia et Porto-Vecchio se sont retrouvés ce lundi 5 octobre au conservatoire Henri-Tomasi pour le premier séminaire régional des Cités éducatives. Une journée consacrée au partage d’expériences et à la coopération autour d’un même enjeu : mieux accompagner les enfants et les jeunes, de 0 à 25 ans.

Pas moins de 200 enseignants, personnels de l’Éducation nationale et acteurs de la politique de la ville étaient réunis pour le séminaire régional des Cités éducatives

Dès 9 heures, il y avait du monde dans les couloirs du conservatoire Henri-Tomasi. Pas moins de 200 enseignants, personnels de l’Éducation nationale et acteurs de la politique de la ville se sont retrouvés avant de rejoindre l’auditorium pour une matinée de présentations et d’interventions. Au programme : les enjeux des Cités éducatives, les actions menées sur les différents territoires, mais surtout une question au cœur de la journée : comment mieux travailler ensemble ?

Une journée rythmée par des interventions, des tables rondes sur la coopération et des témoignages de représentants des Cités éducatives de Corse. L’objectif : faire circuler les idées et les pratiques, plutôt que de laisser chaque territoire travailler dans son coin. « C’est la première fois qu'on réunit nos trois Cités éducatives d’Ajaccio, de Bastia et de Porto-Vecchio. C'est un moment de mutualisation », souligne Nathalie Mons, rectrice de Corse.

Pour Laetitia Costa, adjointe déléguée aux affaires scolaires et au temps de l’enfant à Ajaccio, cette rencontre doit justement permettre de créer ce réseau : « L’enjeu, c’est de créer ce lien, s’entraider et faire porter plus fortement la voix de nos territoires et de nos quartiers », explique-t-elle.

À Ajaccio, la Cité éducative touche environ 4 500 jeunes, de 0 à 25 ans, dans plusieurs quartiers prioritaires

Accompagner les jeunes de 0 à 25 ans

Car derrière cette volonté de coopération, il y a un dispositif qui concerne directement des milliers d’enfants et de jeunes. À Ajaccio, la Cité éducative touche environ 4 500 jeunes, de 0 à 25 ans, dans plusieurs quartiers prioritaires. Elle regroupe le établissements classés Réseau d’éducation Prioritaire (REP). Cela représente 16 écoles maternelles et primaires sur les 29 que compte la ville, trois collèges sur quatre et six crèches sur huit, et s’étend de Saint-Jean à Bodiccione, en incluant les quartiers Cannes-Salines et Nord-Rocade.

« C’est une prise en charge des enfants de 0 à 25 ans, sur tous les temps, scolaire, périscolaire et extrascolaire », explique Vincent Calendini, chef de projet Cité éducative pour la Ville d’Ajaccio. Une approche qui doit permettre, selon lui, de ne pas limiter l’accompagnement aux seuls apprentissages scolaires : « C’est les prendre en charge à court, moyen ou long terme, jusqu’à l’insertion professionnelle et la vie dans notre société. »

Six parcours structurent cette action : avenir, lecture, éducation artistique et culturelle, citoyenneté, sport et santé. « On les prend en charge sur des parcours », résume Vincent Calendini, qui cite notamment le parcours sport, centré sur l’apprentissage de la natation. Toutes les classes de grandes sections, CE1 et CM1 de la ville d’Ajaccio iront donc à la piscine cette année. 

Pour la rectrice, cette démarche répond d’abord à un enjeu d’égalité. « L’objectif de la Cité éducative, c’est de donner plus à ceux qui ont moins », insiste-t-elle. « Ces enfants-là, ils sont fragiles socialement, souvent scolairement, et donc on doit faire davantage pour eux. »

Six parcours structurent les Cités éducatives : avenir, lecture, éducation artistique et culturelle, citoyenneté, sport et santé

Des actions concrètes sur le terrain

À l’école maternelle de Pietralba, l’une de ces actions passe par les « Bouquinous ». Les enfants repartent chez eux avec un livre et un petit appareil contenant l’enregistrement de leur enseignant racontant l’histoire. « Beaucoup d’enfants n’ont pas de livres à la maison ou des parents qui puissent leur lire des histoires, tant en français qu’en corse », explique Emmanuelle Pelloni, directrice de l’école. Avec ce dispositif, le livre entre aussi dans les familles : « Les enfants se sont pris de passion pour la lecture et ils en sont très fiers parce qu’ils montrent aux parents le livre et les mots. »

Pour les professionnels présents, l’intérêt de cette journée est aussi de pouvoir découvrir ce qui se fait ailleurs et de repartir avec de nouvelles idées. « Nous faisons des projets, mais nous sommes isolés chacun dans notre coin. Là, ça nous permet d’avoir le retour de ce qui se fait ailleurs, on peut avoir des idées », témoigne Emmanuelle Pelloni.