Après le décès d'Antoine Ciosi, une pluie d’hommages pour une voix qui a traversé les générations

Rédigé le 04/10/2026
Christophe Giudicelli

La disparition d’Antoine Ciosi, ce dimanche 4 octobre à l’âge de 94 ans, suscite une vive émotion en Corse. Artistes, chanteurs et responsables politiques rendent hommage à celui dont la voix aura traversé les générations et marqué plus de 70 ans de chanson corse.

(Photo : Gérard Baldocchi)

L’annonce du décès d’Antoine Ciosi, ce dimanche, à l’âge de 94 ans, a rapidement été suivie d’une pluie d’hommages. Artistes, chanteurs, politiques et bien d'autres ont tenu à évoquer la mémoire du chanteur qui, par sa longue carrière de plus de 70 ans, aura traversé toutes les générations.

Dans le monde culturel notamment, l'émotion est immense. « Sa voix, ses mots, ses chansons ont traversé des générations avec brio. Ses productions resteront une référence pour nous tous », souligne Patrizia Gattaceca, insistant sur ses textes « guidés par sa grandeur d’âme, au-delà de son public intergénérationnel ». Pour la chanteuse, « Antoine Ciosi a toujours eu à cœur de partager la poésie et la musique avec toutes les générations d’artistes ».  « J’ai eu la chance d’écrire et de composer pour lui sur l’album Luisa, ce fut pour moi un très grand honneur », s'émeut-elle avant de poursuivre : « Antone restera à jamais un puntellu maiò di a nostra cultura. A so voce mai si spinghjerà. »




Diana Saliceti, qui a souvent accompagné le chanteur sur scène, a tenu, dans un message publié sur ses réseaux sociaux, à le remercier pour « l’héritage (qu'il) laisse à la Corse entière pour les chansons qui rassemblent », avant de conclure : « A prestu Anto, canteremu torna inseme ! In tantu, chi a to voce trapanessi mare è monti per dà u “LA” in paradisu. »

Contacté par CNI, Jean-François Bernardini, le leader du groupe I Muvrini, rend hommage à une voix : « Il y a des voix qui chantent… e ci sò quelle chì diventanu un paese. Antoine Ciosi a porté la Corse qui risquait de perdre sa voix. Il a aidé la Corse à se souvenir d’elle-même, la Corse qui risquait de ne plus rien savoir d’elle-même. Il a aidé les Corses à comprendre que ce qu’ils croyaient vieux, pauvre et condamné était en fait un trésor, leur trésor. Il a tenu la Lumière allumée. Canta in celu per noi cumpagnu caru… »

Plus loin, ce dimanche après-midi, partout sur les réseaux sociaux, les hommages sont nombreux : Voce Ventu, L’Arcusgi, Pierre Gambini, et bien d'autres. Christophe Mondoloni a notamment salué son ami, « une des grandes voix de la Corse qui ont accompagné son histoire contemporaine ».

Antoine Ciosi aura aussi marqué toutes les générations d’artistes, y compris les plus jeunes. « Si n’hè andatu à l’eternu Antoine Ciosi, tercanu di a nostra cultura è di u cantu corsu. A so lascita tremenda firmarà viva à traversu e so canzone. », écrit ainsi le groupe Suarina.





Des hommages qui se multiplient dans la classe politique

Pilier culturel de notre île, Antoine Ciosi fait également partie de ceux qui ont, à un moment donné, porté la culture corse sur le terrain politique pour éviter qu’elle ne disparaisse. Et la classe politique insulaire n'est pas en reste pour lui rendre un dernier hommage après sa disparition. 

Gilles Giovannangeli, le président de l’Exécutif salue ainsi  un « munumentu di a canzona corsa, (chì) si n’hè andatu ». « À un mumentu difficiuli di a noscia storia, Antoine era quì pà apra un caminu di riacquistu linguisticu è culturali, è cuntà a storia di i nosci paesi d’una certa manera », écrit-il en outre sur ses réseaux sociaux. 
 



De son côté, Gilles Simeoni, maire de Bastia, rend un dernier hommage à un « munimentu di u cantu è di a cultura nustrale ». L’ancien président de l’Exécutif de Corse voit aussi dans le chanteur celui qui « hà apertu, à l’orlu di u settanta, u chjassu di u riacquistu, amachjatu da a dimenticanza. »

Marie-Antoinette Maupertuis, la présidente de l’Assemblée de Corse, parle pour sa part d’une voix  « chì ci accumpagnanu dapoi a zitellina ». « Voce chì portanu mentre elle e nostre gioie è i nostri pienti, a nostra giuventù è quella di i nostri parenti, l’anima di a Corsica, paisana è schietta. »




Pour Paul-André Colombani, député de la 2e circonscription de Corse-du-Sud, « la Corse perd l’un de ses plus grands interprètes », qui aura « chanté notre île, ses villages, sa mémoire et son peuple ». Pour Michel Castellani, député de la 1ère circonscription de Haute-Corse, Antoine Ciosi « a fait vivre notre culture avec un talent immense ».

C’est « l’enfant de Casinca » que tient à saluer François-Xavier Ceccoli, député de la 2e circonscription de Haute-Corse. Celui qui « était pour tous les Corses une voix familière depuis plus de 60 ans » et qui « fut un pionnier de la chanson corse, qui fit vibrer notre langue plusieurs années avant que le Riacquistu ne consacre son renouveau ». Le chanteur d’une « Corse éternelle à laquelle nous demeurons tous viscéralement attachés ».




Jean-Charles Orsucci, le maire de Bonifacio, voit dans le chanteur « le père du Riacquistu », ajoutant que son répertoire « appartient déjà au panthéon musical insulaire ». Il salue aussi l’homme qui « portait aussi un engagement politique, dont la seule motivation était de promouvoir une société plus juste et plus humaniste ».

Un humanisme repris également par Jean-Baptiste Arena, président de la Chambre d’agriculture de Corse, saluant un « Omu di Stintu, d’Universale, e di Valore ». Il évoque également celui qui « ghjè statu un Fanale per una Corsica tribulata » et dont la voix « ci rimenterà Che a nostra Tarra lamperà u fascismu à u mare ».