Le conflit qui paralyse Corsica Linea depuis mardi matin vient de prendre une tout autre dimension. Dans un communiqué au vitriol publié ce vendredi, CM Holding, le consortium d'entrepreneurs corses actionnaire de la compagnie, annonce qu'il va réexaminer la nature de son engagement futur au sein de Corsica Linea. En outre, les actionnaires annoncent la suspension de l'ensemble de l'activité de l'entreprise jusqu'à lundi, date à laquelle ils arrêteront une « nouvelle ligne stratégique et sociale ».
C'est un communiqué qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire de la Corsica Linea. Trois jours après le début du mouvement de grève qui paralyse les navires de la compagnie, ses actionnaires ont décidé de prendre publiquement la parole afin de « dire la vérité à ses clients et aux Corses ». « Depuis plusieurs jours, les navires de Corsica Linea sont bloqués. Des clients, des transporteurs, des entreprises et des familles corses subissent les conséquences d'un conflit dont ils ne sont en rien responsables », dénoncent-ils, disant vouloir, face aux « fantasmes » et aux « contre-vérités » diffusés ces derniers jours, « rétablir les faits ». Plus loin, dans un communiqué intitulé « Ava Basta ! Dix ans d'engagement et un blocage de trop que rien ne justifie », la CM Holding annonce réfléchir à la nature même de « son engagement futur » dans la Corsica Linea, alors que le consortium d'entrepreneurs corses est engagé dans la compagnie depuis sa création en 2016, après la disparition de la SNCM.
Pour rappel, ce mouvement de grève, mené par la CGT des marins de Marseille et le STC, intervient notamment sur fond de désaccord autour de la réorganisation de la flotte de Corsica Linea. Au cœur du conflit figure notamment un projet d’affrètement du Massalia, navire de La Méridionale, pour assurer les dessertes de Propriano et de L’Île-Rousse au départ de Marseille, actuellement effectuées par le Vizzavona. Une réorganisation dont les syndicats redoutent les conséquences sur l’emploi. Une lecture que rejette toutefois fermement la CM Holding qui assure ainsi que ce projet de réorganisation de la flotte présenté « depuis des semaines » aux organisations syndicales et aux salariés n'entraînerait « aucune suppression de CDI » et garantirait même « de 60 à 500 CDD durant l'année ». Pour les actionnaires, le mouvement engagé mardi n'a donc pas lieu d'être. « Certaines organisations syndicales ont choisi de bloque nos navires. Ce choix va à l’encontre de l’intérêt général, de l’économie de la Corse et l’intérêt même des salariés », tonne le consortium en reprenant : « Rien ne justifie cette grève. Elle ne fait qu’affaiblir la confiance historiquement totale des actionnaires dans l’entreprise, mais aussi la confiance des partenaires et des clients, celle-là même qui permet d’investir dans de nouveaux projets et de créer des centaines d’emplois, comme nous l’avons fait ces dix dernières années ».
Pour étayer son propos, la CM Holding prend d'ailleurs soin de revenir longuement sur les dix dernières années dans son texte. « En 2016, nous avons repris une compagnie morte », rappelle ainsi le consortium, qui assure n'avoir « jamais été des investisseurs financiers », mais « des entrepreneurs corses, attachés à leur île », engagés pour permettre à la Corse de disposer « d'une compagnie maritime régionale forte, fiable et durable au service de tous ». Les actionnaires mettent ainsi en avant les centaines d'emplois créés ou préservés, notamment parmi les marins en Corse, la formation de centaines de jeunes avec le lycée maritime de Bastia, mais également le renouvellement de la flotte et les centaines de millions d'euros investis dans la transition environnementale. La CM Holding insiste par ailleurs sur le fait que les « bénéfices ont été réinvestis à 90% dans l’entreprise, et non distribués, alors que les performances auraient permis des dividendes importants ». « Nous avons assumé ce service public pour la Corse sans aucune rentabilité pour l’entreprise. Nous l’avons fait dans le dialogue et la pédagogie, y compris dans les périodes les plus difficiles », appuie encore le consortium.
Toute l'activité suspendue jusqu'à lundi
Dans le cadre du conflit actuel, tout en assurant que « le dialogue a été tenté, longuement et de bonne foi », la CM Holding estime désormais « se heurte(r) aujourd’hui à une position radicale d’une seule organisation syndicale, par ailleurs minoritaire dans l’entreprise, qui ne laisse aucune place au compromis ». « Les dirigeants de la compagnie et l’ensemble des actionnaires de CM Holding, unis, ne céderont jamais à cette logique de blocage », avertissent-ils en indiquant avoir décidé en conséquence « d’évaluer, d’ici lundi, la forme que prendra leur éventuel engagement futur dans Corsica Linea ». « Cet engagement n’est pas inconditionnel : il repose sur le sens des responsabilités, le respect du travail et la continuité du service rendu à la Corse », préviennent les actionnaires.
Dans l'attente de cette décision, le consortium indique avoir demandé une mesure particulièrement forte : « suspendre l'ensemble de l'activité de l'entreprise, quelle que soit l'issue des préavis de grève actuels ». « La direction de l’entreprise sera informée lundi du cadre de la nouvelle ligne stratégique et sociale par le consortium CM Holding pour Corsica Linea, dans le vrai intérêt de la Corse et des Corses », posent encore les actionnaires. Et de conclure : « Chacun devra désormais assumer ses responsabilités ».
Pour rappel, ce mouvement de grève, mené par la CGT des marins de Marseille et le STC, intervient notamment sur fond de désaccord autour de la réorganisation de la flotte de Corsica Linea. Au cœur du conflit figure notamment un projet d’affrètement du Massalia, navire de La Méridionale, pour assurer les dessertes de Propriano et de L’Île-Rousse au départ de Marseille, actuellement effectuées par le Vizzavona. Une réorganisation dont les syndicats redoutent les conséquences sur l’emploi. Une lecture que rejette toutefois fermement la CM Holding qui assure ainsi que ce projet de réorganisation de la flotte présenté « depuis des semaines » aux organisations syndicales et aux salariés n'entraînerait « aucune suppression de CDI » et garantirait même « de 60 à 500 CDD durant l'année ». Pour les actionnaires, le mouvement engagé mardi n'a donc pas lieu d'être. « Certaines organisations syndicales ont choisi de bloque nos navires. Ce choix va à l’encontre de l’intérêt général, de l’économie de la Corse et l’intérêt même des salariés », tonne le consortium en reprenant : « Rien ne justifie cette grève. Elle ne fait qu’affaiblir la confiance historiquement totale des actionnaires dans l’entreprise, mais aussi la confiance des partenaires et des clients, celle-là même qui permet d’investir dans de nouveaux projets et de créer des centaines d’emplois, comme nous l’avons fait ces dix dernières années ».
Pour étayer son propos, la CM Holding prend d'ailleurs soin de revenir longuement sur les dix dernières années dans son texte. « En 2016, nous avons repris une compagnie morte », rappelle ainsi le consortium, qui assure n'avoir « jamais été des investisseurs financiers », mais « des entrepreneurs corses, attachés à leur île », engagés pour permettre à la Corse de disposer « d'une compagnie maritime régionale forte, fiable et durable au service de tous ». Les actionnaires mettent ainsi en avant les centaines d'emplois créés ou préservés, notamment parmi les marins en Corse, la formation de centaines de jeunes avec le lycée maritime de Bastia, mais également le renouvellement de la flotte et les centaines de millions d'euros investis dans la transition environnementale. La CM Holding insiste par ailleurs sur le fait que les « bénéfices ont été réinvestis à 90% dans l’entreprise, et non distribués, alors que les performances auraient permis des dividendes importants ». « Nous avons assumé ce service public pour la Corse sans aucune rentabilité pour l’entreprise. Nous l’avons fait dans le dialogue et la pédagogie, y compris dans les périodes les plus difficiles », appuie encore le consortium.
Toute l'activité suspendue jusqu'à lundi
Dans le cadre du conflit actuel, tout en assurant que « le dialogue a été tenté, longuement et de bonne foi », la CM Holding estime désormais « se heurte(r) aujourd’hui à une position radicale d’une seule organisation syndicale, par ailleurs minoritaire dans l’entreprise, qui ne laisse aucune place au compromis ». « Les dirigeants de la compagnie et l’ensemble des actionnaires de CM Holding, unis, ne céderont jamais à cette logique de blocage », avertissent-ils en indiquant avoir décidé en conséquence « d’évaluer, d’ici lundi, la forme que prendra leur éventuel engagement futur dans Corsica Linea ». « Cet engagement n’est pas inconditionnel : il repose sur le sens des responsabilités, le respect du travail et la continuité du service rendu à la Corse », préviennent les actionnaires.
Dans l'attente de cette décision, le consortium indique avoir demandé une mesure particulièrement forte : « suspendre l'ensemble de l'activité de l'entreprise, quelle que soit l'issue des préavis de grève actuels ». « La direction de l’entreprise sera informée lundi du cadre de la nouvelle ligne stratégique et sociale par le consortium CM Holding pour Corsica Linea, dans le vrai intérêt de la Corse et des Corses », posent encore les actionnaires. Et de conclure : « Chacun devra désormais assumer ses responsabilités ».