Une montre unique pour tenter de sauver le couvent San Francescu di Niolu

Rédigé le 24/09/2026
Jeanne Soury

Menacé dans sa structure, le couvent San Francescu di Niolu nécessite d’importants travaux de restauration et de sauvegarde. Pour contribuer à sa préservation, l’horloger-créateur Jean-Dominique Le Meur met en jeu, à-travers une tombola, une pièce unique réalisée spécialement pour l’édifice. Une démarche déjà expérimentée par l’artisan pour le clocher de Pioggiula et la SNSM de Porto-Vecchio.

Ébène, olivier et nacre forment le cadran, et l’olivier a été travaillé pour la croix de Saint-François (©Jean-Dominique Le Meur)

Le couvent San Francescu di Niolu, à Calacuccia, est aujourd’hui confronté à d’importants besoins de restauration. Pour contribuer à sa sauvegarde, Jean-Dominique Le Meur a choisi de mettre son savoir-faire au service du monument. L’horloger-créateur et artisan d’art de Solenzara a réalisé une montre unique, proposée dans le cadre d’une tombola jusqu’au 24 décembre.

Habitué à réaliser des pièces uniques et sur mesure, l’artisan a cette fois imaginé une montre directement inspirée du lieu qu’elle doit contribuer à préserver. Son cadran a été réalisé en micro-marqueterie, une technique qui consiste à assembler différentes essences de bois pour composer un motif.

Ébène, olivier et nacre forment le cadran, et l’olivier a été travaillé pour la croix de Saint-François. Au dos de la montre, une gravure représente également le couvent. « C’est une pièce sur mesure », explique Jean-Dominique Le Meur. Le cadran à lui seul lui a demandé environ 60 heures de travail, tandis que le projet a été préparé pendant plusieurs mois. Le prix de la pièce est estimé entre 6 500 et 7 000 euros.
 

Derrière cette création, l’enjeu est surtout celui de la sauvegarde du bâtiment

Mais derrière cette création, l’enjeu est surtout celui de la sauvegarde du bâtiment et de sa remise en état pour le réouvrir au public. « Structurellement, le couvent est en danger. C’est vraiment des travaux importants qui s’imposent », alerte l’artisan. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de préserver des murs : « Il y a aussi une part de notre histoire qui disparaîtrait avec ce couvent si on le laissait s’effondrer comme il le risque aujourd’hui. »

Un engagement pour les causes locales

Le principe de la tombola n’est pas nouveau pour Jean-Dominique Le Meur. Il y a quatre ans, il avait déjà offert une montre au profit du clocher de Pioggiula, qui avait besoin d’une nouvelle cloche. La montre, estimée à environ 3 000 euros, avait finalement permis de récolter 8 500 euros à-travers une tombola.

Un résultat qui illustre, selon lui, l’intérêt de mettre une création en jeu plutôt que de simplement la vendre. « On a vraiment quasiment triplé la valeur initiale de la pièce », souligne-t-il. Un effet de levier qu’il espère retrouver cette fois encore, alors que les besoins du couvent sont particulièrement importants.

Une autre opération avait ensuite été menée au profit de la SNSM de Porto-Vecchio. « J’essaye d’apporter ma petite contribution, à mon petit niveau, pour aider les causes qui me tiennent à cœur », résume l’horloger.

Le prix de la pièce est estimé entre 6 500 et 7 000 euros

Une opération qui se veut ponctuelle

Pour cette nouvelle tombola, les participants peuvent acheter plusieurs billets, avec un tarif dégressif. Les fonds récoltés seront reversés à l’association bénéficiaire, tandis que les frais liés à l’organisation et à la communication de l’opération sont pris en charge par l’entreprise du jeune artisan.

Mais il ne s’agit pas pour autant d’en multiplier les opérations. Chaque montre représente plusieurs dizaines d’heures de travail et un investissement pour son entreprise. « Si j’arrive à en faire une fois par an, c’est très bien », estime-t-il. Après Pioggiula et la SNSM de Porto-Vecchio, c’est donc au tour du couvent du Niolu de bénéficier de cette mobilisation. Avec toujours la même idée : utiliser son métier et son savoir-faire pour donner un peu plus de moyens à des causes locales qui en ont besoin.