Piazz’à u filmu à Portivechju : une première soirée entre héritage et nouveau départ

Rédigé le 18/09/2026
Julien Castelli

Ce jeudi soir, à Porto-Vecchio, des centaines de Porto-Vecchiais ont renoué avec le plaisir de se rendre à un festival de cinéma, bien curieux de découvrir celui qui veut désormais s’installer dans le paysage : Piazz’à u filmu, qui remplace le Portivechju film festival en dépit de deux éditions réussies.

Piazz'à u filmu, c'est du bleu et du vert pour une nouvelle identité visuelle.

Il y avait quelque chose d’un peu étrange, ce jeudi soir, à voir le cinéma reprendre ses quartiers à Porto-Vecchio. Ce n’était pas une question de scénario. Dans la Salle Rouge, la trame était bien ficelée, avec en ouverture de Piazz’à u filmu, une prometteuse avant-première : Le Corset de Louis Clichy. Tandis qu’en haut, sur la piazza’llu quartieri, on retrouvait le cocktail gagnant concerts, food trucks et bonne ambiance, histoire de passer le temps en famille ou entre amis avant la prochaine séance. 

L'heure de la reconstruction

Ce scénario, c’est celui qui avait fait le succès du Portivechju film festival, deux années durant. Mais aujourd’hui, le PFF n’est plus. Vaincu par des désaccords irréconciliables. En quelques semaines, la municipalité porto-vecchiaise - aidée par la Cinémathèque de Corse, le complexe Galaxy et la Collectivité de Corse - a dû reconstruire un nouveau festival. Et pour la production, pas question de toucher à la recette du succès. Le changement était ailleurs : dans le nom (Piazz’à u filmu), dans les décors (le bleu et le vert pour remplacer l’orange), dans l’expression artistique, plus jazzy, moins pop. Et surtout, dans le casting : si la ville de Portivechju est toujours là, l’associu Cinema Paradisu, créatrice du concept et pourvoyeuse d’idées, manque cruellement. Tout comme Michel Ferracci. L’acteur qu’il est avait su prendre parfaitement la lumière du festival de sa ville, jusqu’à en devenir l’ambassadeur. Jean-Christophe Angelini a d’ailleurs tenu à avoir « une pensée » pour ces chevilles ouvrières d’hier : « Les chemins peuvent diverger, mais ils peuvent aussi se rapprocher, car au-delà des hommes, il y a une passion en commun », a rappelé le maire de Porto-Vecchio.

La Salle Rouge n'était pas remplie pour cette première soirée d'ouverture. C'est un film d'animation, "Le Corset" de Louis Clichy, qui était projeté.

Dès lors, c’est cette impression étrange de continuité dans le changement qui était perceptible, ce jeudi soir. Surtout ne pas toucher au scénario, mais opérer des choix de mise en scène forts, susceptibles d’évoluer lors des prochaines éditions. Car il ne faut pas oublier qu’en dépit de son héritage, Piazz’à u filmu repart de zéro. Il lui faudra convaincre les Porto-Vecchiais, autant que le milieu du cinéma, de la consistance de sa nouvelle ambition. Jean-Christophe Angelini en est conscient, lui qui n’était pas bien à l’aise dans ce costume de maître de cérémonie : « Je n’aime pas beaucoup l’idée qu’un maire ouvre un festival de cinéma. Je fais le vœu qu’un président de jury se tienne devant vous la prochaine fois. Car nous voulons nous inscrire dans la durée et donner à Piazz’a u filmu un relief particulier. »

"Piazz'à u filmu", jusqu'à dimanche à la Salle Rouge de l'espace culturel Jean-Paul de Rocca Serra. Food trucks et concerts sur la piazza'llu quartieri. Le programme est à retrouver ici.