Restauré entre 2023 et 2024 par le Conservatoire du littoral, le site emblématique de la Pietra figure parmi les finalistes des Victoires du Paysage 2026. Ce jeudi 17 septembre, le jury national s’est rendu à L’Île-Rousse pour découvrir sur le terrain un projet qui a cherché à réconcilier fréquentation, patrimoine et nature.
Un paysage que l’on pourrait croire presque intact. Pourtant, derrière la promenade qui conduit aujourd’hui jusqu’au phare de la Pietra se cachent plusieurs années de réflexion, trois années de chantier et un important travail de restauration écologique et paysagère.
Ce jeudi 17 septembre, le site a accueilli le jury national des Victoires du Paysage 2026. Parmi 132 candidatures déposées cette année, la Pietra a franchi les différentes étapes de sélection et figure désormais parmi les finalistes dans la catégorie « Espaces à dominante naturelle ».
Portée par le Conservatoire du littoral avec la commune de L’Île-Rousse, la Collectivité de Corse et leurs partenaires, l’opération menée entre 2023 et 2024 avait un objectif particulièrement délicat, redonner sa place à la nature sur un espace soumis à de nombreuses contraintes, tout en maintenant son accessibilité et sa vocation de promenade.
Décharges et espaces dégradés ont été effacés, les sols requalifiés et une végétation locale adaptée aux conditions particulièrement rudes du bord de mer a été réintroduite. Le projet a également permis de créer un cheminement piéton continu et sécurisé jusqu’au phare, en réorganisant notamment la circulation et le stationnement.
« Trouver l’équilibre entre les deux »
Pour Bénédicte Benoît-Sisco, déléguée de rivage du Conservatoire du littoral, cette sélection constitue déjà « une reconnaissance de notre action quotidienne pour la protection des côtes », mais également du travail engagé pour leur restauration écologique et paysagère.
Car la Pietra constitue un cas particulier. À quelques mètres seulement cohabitent un port de commerce, des activités économiques, des restaurants, un hôtel, une importante fréquentation touristique et un espace naturel emblématique.
« C’est un site qui donne son nom à la commune, donc il a une grande valeur dans le cœur des gens et une grande valeur dans le paysage », souligne Bénédicte Benoît-Sisco. Toute la difficulté consistait ainsi à ne pas opposer ces différents usages. « La dualité entre ces demandes était au cœur du projet. Il fallait les réunir et trouver l’équilibre entre les deux».
Une ambition qui a précisément retenu l’attention du jury national.
Retrouver la nature sans effacer les usages
Président du concours, l’architecte paysagiste Michel Audouy a rappelé que les Victoires du Paysage, organisées tous les deux ans, ont pour vocation de mettre en lumière les réalisations et les différents métiers participant à l’aménagement du paysage.
Pour cette édition, 85 projets ont fait l’objet d’une visite du jury à travers la France.
À L’Île-Rousse, « c’est d’abord l’ambition » du projet qui a intéressé les jurés : retrouver davantage de nature sur un espace confronté dans le même temps à une très forte fréquentation.
« Ce qui nous intéressait, c’est comment on régule la fréquentation du public et comment on retrouve un paysage », explique Michel Audouy. Le jury s’intéresse également à la dimension technique de la renaturation, choix des semis et des plantations, travail sur les sols et retour d’une végétation locale correspondant au caractère originel du site.
La Pietra illustre ainsi, selon le président du concours, la possibilité de faire cohabiter « de l’infrastructure lourde liée aux activités portuaires et touristiques » avec la préservation de la nature.
« On a la chance de vivre là »
Du côté de la municipalité, cette place en finale est également accueillie comme une reconnaissance du travail accompli.
Jean-Paul Massiani, élu à la culture et au patrimoine, rappelle l’importance accordée dès l’origine à l’intégration du projet dans son environnement.
« On a la chance de vivre là. On est de passage et, à chaque fois qu’il y a des travaux, on doit rendre le lieu au maximum paysager, beau, naturel et accessible à tout le monde », insiste-t-il.
Après avoir accueilli le passage de la flamme olympique ou encore le Défi Jacquemus, la Pietra s’est progressivement affirmée comme l’un des principaux emblèmes de L’Île-Rousse. Pour la municipalité, l’enjeu consiste précisément à permettre cette mise en valeur sans porter atteinte au site.
Huit années de projet
À l’origine de l’inscription de la Pietra aux Victoires du Paysage, Pauline Maraninchi, paysagiste conceptrice et maître d’œuvre du projet avec Philippe Deliau, voit également dans cette candidature une manière de célébrer le chemin parcouru.
« C’était une façon de célébrer huit ans de projet, trois ans de chantier et de faire partager au public, à travers un concours national, l’extraordinaire qualité de la nature », explique-t-elle.
Le principe a été de travailler avec le site plutôt que de chercher à le transformer radicalement : accompagner les dynamiques végétales, restaurer les paysages et repenser la manière dont le public rejoint le phare.
« C’est d’abord et avant tout une belle promenade », rappelle la paysagiste. Une promenade pensée comme un parcours permettant de mettre en scène aussi bien le patrimoine naturel de la Pietra que le phare et les panoramas sur les îlots, L’Île-Rousse et le littoral de Balagne.
Cette transformation a également imposé de modifier certaines habitudes, notamment en matière de circulation et de stationnement. Des changements parfois interrogés lors de leur mise en œuvre, mais qui prennent aujourd’hui leur sens une fois l’ensemble du projet achevé.
Laisser parler la nature
Pour Pauline Maraninchi, la sélection nationale récompense aussi les entreprises et les savoir-faire locaux mobilisés durant le chantier, plantations, maçonnerie, réalisation des cheminements et nombreux détails techniques qui participent à l’intégration du projet.
« Sur les sites naturels, on essaye de faire des choses qui semblent avoir toujours été là », résume-t-elle. « L’idée, c’est de laisser parler la nature».
C’est précisément cette discrétion qui constitue l’une des particularités de la transformation de la Pietra : un aménagement important dont l’ambition est finalement de se faire oublier au profit du paysage.
Après la visite du jury ce jeudi, les différents projets seront présentés au jury national chargé d’établir le palmarès de cette 10e édition des Victoires du Paysage. Les résultats seront officiellement dévoilés en décembre.
Quelle que soit l’issue du concours, la présence de la Pietra parmi les finalistes offre déjà au site de L’Île-Rousse et aux savoir-faire mobilisés pour sa restauration, une reconnaissance à l’échelle nationale.
Ce jeudi 17 septembre, le site a accueilli le jury national des Victoires du Paysage 2026. Parmi 132 candidatures déposées cette année, la Pietra a franchi les différentes étapes de sélection et figure désormais parmi les finalistes dans la catégorie « Espaces à dominante naturelle ».
Portée par le Conservatoire du littoral avec la commune de L’Île-Rousse, la Collectivité de Corse et leurs partenaires, l’opération menée entre 2023 et 2024 avait un objectif particulièrement délicat, redonner sa place à la nature sur un espace soumis à de nombreuses contraintes, tout en maintenant son accessibilité et sa vocation de promenade.
Décharges et espaces dégradés ont été effacés, les sols requalifiés et une végétation locale adaptée aux conditions particulièrement rudes du bord de mer a été réintroduite. Le projet a également permis de créer un cheminement piéton continu et sécurisé jusqu’au phare, en réorganisant notamment la circulation et le stationnement.
« Trouver l’équilibre entre les deux »
Pour Bénédicte Benoît-Sisco, déléguée de rivage du Conservatoire du littoral, cette sélection constitue déjà « une reconnaissance de notre action quotidienne pour la protection des côtes », mais également du travail engagé pour leur restauration écologique et paysagère.
Car la Pietra constitue un cas particulier. À quelques mètres seulement cohabitent un port de commerce, des activités économiques, des restaurants, un hôtel, une importante fréquentation touristique et un espace naturel emblématique.
« C’est un site qui donne son nom à la commune, donc il a une grande valeur dans le cœur des gens et une grande valeur dans le paysage », souligne Bénédicte Benoît-Sisco. Toute la difficulté consistait ainsi à ne pas opposer ces différents usages. « La dualité entre ces demandes était au cœur du projet. Il fallait les réunir et trouver l’équilibre entre les deux».
Une ambition qui a précisément retenu l’attention du jury national.
Retrouver la nature sans effacer les usages
Président du concours, l’architecte paysagiste Michel Audouy a rappelé que les Victoires du Paysage, organisées tous les deux ans, ont pour vocation de mettre en lumière les réalisations et les différents métiers participant à l’aménagement du paysage.
Pour cette édition, 85 projets ont fait l’objet d’une visite du jury à travers la France.
À L’Île-Rousse, « c’est d’abord l’ambition » du projet qui a intéressé les jurés : retrouver davantage de nature sur un espace confronté dans le même temps à une très forte fréquentation.
« Ce qui nous intéressait, c’est comment on régule la fréquentation du public et comment on retrouve un paysage », explique Michel Audouy. Le jury s’intéresse également à la dimension technique de la renaturation, choix des semis et des plantations, travail sur les sols et retour d’une végétation locale correspondant au caractère originel du site.
La Pietra illustre ainsi, selon le président du concours, la possibilité de faire cohabiter « de l’infrastructure lourde liée aux activités portuaires et touristiques » avec la préservation de la nature.
« On a la chance de vivre là »
Du côté de la municipalité, cette place en finale est également accueillie comme une reconnaissance du travail accompli.
Jean-Paul Massiani, élu à la culture et au patrimoine, rappelle l’importance accordée dès l’origine à l’intégration du projet dans son environnement.
« On a la chance de vivre là. On est de passage et, à chaque fois qu’il y a des travaux, on doit rendre le lieu au maximum paysager, beau, naturel et accessible à tout le monde », insiste-t-il.
Après avoir accueilli le passage de la flamme olympique ou encore le Défi Jacquemus, la Pietra s’est progressivement affirmée comme l’un des principaux emblèmes de L’Île-Rousse. Pour la municipalité, l’enjeu consiste précisément à permettre cette mise en valeur sans porter atteinte au site.
Huit années de projet
À l’origine de l’inscription de la Pietra aux Victoires du Paysage, Pauline Maraninchi, paysagiste conceptrice et maître d’œuvre du projet avec Philippe Deliau, voit également dans cette candidature une manière de célébrer le chemin parcouru.
« C’était une façon de célébrer huit ans de projet, trois ans de chantier et de faire partager au public, à travers un concours national, l’extraordinaire qualité de la nature », explique-t-elle.
Le principe a été de travailler avec le site plutôt que de chercher à le transformer radicalement : accompagner les dynamiques végétales, restaurer les paysages et repenser la manière dont le public rejoint le phare.
« C’est d’abord et avant tout une belle promenade », rappelle la paysagiste. Une promenade pensée comme un parcours permettant de mettre en scène aussi bien le patrimoine naturel de la Pietra que le phare et les panoramas sur les îlots, L’Île-Rousse et le littoral de Balagne.
Cette transformation a également imposé de modifier certaines habitudes, notamment en matière de circulation et de stationnement. Des changements parfois interrogés lors de leur mise en œuvre, mais qui prennent aujourd’hui leur sens une fois l’ensemble du projet achevé.
Laisser parler la nature
Pour Pauline Maraninchi, la sélection nationale récompense aussi les entreprises et les savoir-faire locaux mobilisés durant le chantier, plantations, maçonnerie, réalisation des cheminements et nombreux détails techniques qui participent à l’intégration du projet.
« Sur les sites naturels, on essaye de faire des choses qui semblent avoir toujours été là », résume-t-elle. « L’idée, c’est de laisser parler la nature».
C’est précisément cette discrétion qui constitue l’une des particularités de la transformation de la Pietra : un aménagement important dont l’ambition est finalement de se faire oublier au profit du paysage.
Après la visite du jury ce jeudi, les différents projets seront présentés au jury national chargé d’établir le palmarès de cette 10e édition des Victoires du Paysage. Les résultats seront officiellement dévoilés en décembre.
Quelle que soit l’issue du concours, la présence de la Pietra parmi les finalistes offre déjà au site de L’Île-Rousse et aux savoir-faire mobilisés pour sa restauration, une reconnaissance à l’échelle nationale.