À Ajaccio, les agents du secteur de l'énergie dans la rue : « C’est le premier jour d’une bataille »

Rédigé le 15/09/2026
Jeanne Soury

Plus de 300 agents de l’énergie, actifs et retraités, se sont rassemblés mardi 15 septembre devant les locaux d’EDF à Ajaccio, à l’appel de la CGT Énergie Corse. Inscrite dans un mouvement national, la mobilisation vise à dénoncer la remise en cause de plusieurs acquis statutaires. Une délégation a été reçue en fin de matinée par le préfet de Corse, Éric Jalon.

La mobilisation vise à dénoncer la remise en cause de plusieurs acquis statutaires (Photos : Paule Santoni)

Drapeaux rouges au vent, pancartes brandies et pétards lancés devant la préfecture : les agents de l’énergie ont donné de la voix mardi matin à Ajaccio. Venus de toute la Corse, plus de 300 salariés et retraités se sont d’abord réunis devant les locaux d’EDF, avant de prendre la direction de la préfecture en opération escargot.

Le cortège a notamment perturbé la circulation sur le cours Napoléon en fin de matinée. Une fois arrivés devant les services de l’État, les manifestants ont poursuivi leur mobilisation avant qu’une délégation soit reçue par le préfet Éric Jalon pour lui exposer leurs revendications.

Retraites, salaires et protection sociale dans le viseur

Derrière cette journée de mobilisation nationale, c’est le statut des électriciens et gaziers que la CGT entend défendre. « Tout un tas de choses est aujourd’hui remis en cause », dénonce Michel Fazzini, secrétaire général de la CGT Énergie Corse, citant notamment le régime de retraite, la protection sociale, les salaires et le tarif agent.

Pour le syndicat, la question dépasse les seuls intérêts des salariés. « Quand on attaque le statut des électriciens et gaziers, on attaque aussi le service public de l’énergie et le service qu’on rend aux usagers », estime Michel Fazzini.
 

Le cortège a notamment perturbé la circulation sur le cours Napoléon en fin de matinée

Une inquiétude que partage Baptiste Flori, agent EDF depuis 2014 et venu de Bastia. Selon lui, la dégradation des acquis pourrait finir par peser sur les conditions d’intervention des agents. « Quand on intervient le jour, la nuit, pendant les tempêtes, on a certains acquis qui nous protègent. Et si demain on nous les enlève, on n’interviendra pas de la même manière », affirme-t-il.

« Pas touche à nos droits ! »

Dans son discours devant les manifestants, Michel Fazzini a insisté sur la transmission des acquis aux nouvelles générations. « L’enjeu d’aujourd’hui va être de transmettre ce que les anciens nous ont légué à la jeunesse qui va rentrer demain à l’entreprise », a-t-il lancé.

La CGT conteste également l’idée selon laquelle les avantages accordés aux agents seraient responsables du niveau des factures d’énergie. Michel Fazzini affirme ainsi que le tarif agent représente environ 1 % de la facture des usagers, tandis que « les dividendes et les taxes représentent plus de 40 % » de celle-ci. Le syndicat estime par ailleurs que le prix de l’énergie a augmenté de 100 % en dix ans, alors que le pouvoir d’achat des électriciens et gaziers aurait diminué de plus de 25 %.

Une mobilisation interprofessionnelle est annoncée le 29 septembre

Pour les agents mobilisés, cette journée constitue donc un premier avertissement. « C’est le premier jour d’une bataille », a résumé Michel Fazzini. La CGT Énergie Corse prévient que le mouvement pourrait se durcir si le gouvernement poursuit sa trajectoire. De nouvelles actions sur les outils de travail sont envisagées, tandis qu’une mobilisation interprofessionnelle est annoncée le 29 septembre.