France 3 Corse ViaStella a présenté, ce jeudi 10 septembre dans ses locaux ajacciens, les grandes lignes de sa grille de rentrée 2026-2027. Une saison qui s’annonce particulièrement dense, entre la séquence politique et institutionnelle autour de l’autonomie de la Corse, les prochaines échéances électorales et la couverture des grands événements insulaires. La chaîne régionale mise également sur plusieurs nouveaux programmes, renforce son offre numérique pour toucher de nouveaux publics et réaffirme la place centrale de l’information de proximité et de la langue corse dans son identité.
Nouveaux programmes, information, numérique, langue corse et grands événements : France 3 Corse ViaStella a dévoilé ce jeudi 10 septembre, dans ses locaux d’Ajaccio, les grandes lignes de sa saison 2026-2027. Une rentrée que la chaîne régionale aborde dans un contexte particulier, alors que la Corse s'apprête à vivre une séquence politique et institutionnelle particulièrement dense. « Sénatoriales, présidentielles, législatives… et réforme constitutionnelle. Pour la Corse, la séquence électorale qui s’ouvre est inédite », souligne Sylvie Acquaviva, directrice territoriale de France 3 Corse ViaStella. Au premier rang des rendez-vous attendus figure bien sûr la poursuite du processus d'autonomie, avec l'examen du texte au Sénat. « Cette saison 2026-2027 sera celle qui verra le projet d’autonomie de l’île entrer dans une phase aussi décisive qu’historique. »
L'actualité politique au premier plan
Retransmissions, décryptages, analyses et débats doivent ainsi rythmer les prochains mois sur l'ensemble des supports de la chaîne. Une priorité que confirme Pierre Simonpoli, rédacteur en chef du service information. « Face aux enjeux et aux événements à venir, la rédaction de ViaStella prendra toute sa part de manière à accompagner au mieux ceux qui nous suivent, désireux de recevoir l’information la plus fiable et indépendante possible. » Outre les débats au Sénat sur l'autonomie, la rédaction se projette déjà vers l'élection présidentielle de 2027 et les élections législatives qui devraient suivre. « Nous accompagnerons, décrypterons et analyserons tout ce qui fait l’actualité de notre île dans une multitude de formats et sur l’ensemble des canaux de diffusion », poursuit Pierre Simonpoli.
L'information demeure ainsi au cœur de l'identité de ViaStella avec trois éditions quotidiennes – en français, bilingue et en langue corse –, des magazines de décryptage, des formats longs consacrés aux sujets de société et des débats. Le Corsica Sera conserve son rôle de rendez-vous phare, mais la chaîne entend parallèlement accentuer sa présence sur le terrain. « Nos journaux s’inscrivent plus que jamais dans la proximité, au plus près des Corses et de leurs microrégions, et dans la mobilité, avec une information en temps réel », insiste Sylvie Acquaviva.
Cette volonté de faire vivre le débat se retrouvera également dans Aux armes et cætera, nouveau rendez-vous mensuel de 52 minutes animé par Caroline Ettori. Deux grands témoins y confronteront leurs points de vue sur les enjeux de la Corse, de la Méditerranée et de la démocratie. Pour son premier numéro, le 13 octobre, l'émission posera une question directement inscrite dans l'actualité institutionnelle : « Peut-on encore être contre l'autonomie de la Corse ? ». Jean-Baptiste Geronimi et l'historien Michel Vergé-Franceschi ouvriront les débats.
Une grille entre nouveautés et valeurs sûres
Côté programmes, la chaîne entend trouver un équilibre entre renouvellement et continuité. « Cette rentrée se présente sous un triple signe : celui de la nouveauté, celui des valeurs sûres de la chaîne qui continuent et enfin celui des événements », résume Jean-François Karpinski, directeur des antennes et des contenus. Parmi les programmes installés, A nostra ghjurnata, animé par Davia Bourgeois et son équipe du lundi au vendredi, fera peau neuve. Nouveau décor, studio plus resserré et sujets davantage tournés vers les préoccupations quotidiennes – éducation, travail ou encore conséquences du changement climatique – doivent renforcer la proximité avec le public.
La rentrée sera aussi marquée par l'arrivée d'Asso. Chaque semaine, Laurent Vitali partira à la rencontre d'une personne engagée dans le monde associatif. Au-delà du portrait, l'émission entend donner « un coup de pouce » à une initiative ou à un projet. L'UNSS, U Liamu Gravunincu et La Marie-Do compteront parmi les premiers invités de ce format de 13 minutes diffusé à partir du 26 septembre. Autre nouveauté, Conta mi l'ore puisera dans les images amateurs conservées par la Cinémathèque de Corse pour raconter les transformations de la société insulaire. Le premier numéro, diffusé le 27 septembre, s'intéressera notamment à l'évolution du travail de la terre et de la viticulture, des micro-parcelles du début du XXe siècle jusqu'à l'industrialisation des années 1970. La mémoire de l'île sera également explorée à travers Décors de rêve in Corsica. La série reviendra sur les lieux de tournage de trois films emblématiques, Le Jour le plus long, Liza et Les Randonneurs, pour confronter les images du cinéma aux paysages corses d'aujourd'hui.
Des fonds marins aux grandes familles corses
ViaStella entend aussi miser sur l'image et le spectaculaire avec 20 000 lieux sous la Corse. Cette série de 24 modules de 12 minutes entraînera le téléspectateur sous la surface de la Méditerranée. « C’est presque un peu comme si on avait constitué une salle de cinéma sous la mer », image Jean-François Karpinski. Sans incarnation particulière, le programme fera de l'image et du récit de plongée les principaux guides de la découverte des fonds marins insulaires. Le documentaire conservera plus largement une place importante dans la grille. Parmi les nouvelles collections figurent La Corse des Grandes familles, consacrée à des lignées qui ont marqué la vie politique, économique, culturelle ou historique de l'île, mais également des séries autour de Napoléon III et Tommy Recco. « Le documentaire est un élément structurant de nos grilles », rappelle Jean-François Karpinski. Avec une volonté : ne pas simplement produire des films, mais choisir des sujets « en résonance avec les questionnements » de la société corse et, lorsque cela s'y prête, prolonger leur diffusion par des débats. La chaîne conserve parallèlement ses programmes déjà identifiés par le public, parmi lesquels Avec ou sans filtre, tandis que Parolle, Parolle, Talenti et Tamantu Cucinaru reviennent pour une deuxième saison.
« On s'informe via Instagram, via TikTok »
Mais la transformation la plus profonde dépasse désormais la seule grille de télévision. ViaStella veut penser chaque projet pour plusieurs supports et toucher le public là où il consomme désormais ses contenus. « Aujourd’hui, chaque projet éditorial est porté de manière globale, à la fois par l’offre télé et l’offre numérique », explique Sébastien Tieri, rédacteur en chef en charge de la coordination numérique. « Les gens ont changé leur manière de consommer l’information ou le divertissement et d’aller chercher des contenus. » Site internet, France.tv, YouTube, Instagram ou TikTok : la chaîne multiplie donc les points de contact. Formats verticaux en 9/16, vidéos surtitrées et séquences plus courtes font désormais partie des nouvelles écritures développées par les équipes. « On s’informe via Instagram, via TikTok pour les plus jeunes. Si on veut être encore à la rencontre de ces publics, porter nos valeurs, celles du service public d’information en langue corse et en langue française, il faut savoir s’adapter », poursuit Sébastien Tieri.
Une évolution qui implique l'ensemble de la chaîne, des journalistes aux producteurs en passant par les équipes techniques. ViaStella veut notamment multiplier les directs numériques, après une vingtaine de prises d'antenne réalisées la saison dernière, et poursuivre le développement de contenus spécifiques comme Ritrattu, Cantu ou Memoria. Les chiffres confortent la chaîne dans cette stratégie : selon ViaStella, le nombre d'abonnés sur Instagram a progressé de 45 % depuis septembre, tandis que le site a franchi le cap des 20 millions de visites cette année. TikTok permet, de son côté, d'aller chercher une audience plus jeune que celle traditionnellement associée à une chaîne régionale.
La langue corse comme fil rouge
Ce développement numérique ne remet pas en question l'un des fondamentaux de ViaStella : la langue corse. Elle demeure présente dans l'information avec Corsica Prima, édition bilingue de la mi-journée, et U Nutiziale, entièrement en langue corse à 19 h 50. Elle se décline également dans les programmes de proximité, à l'image de Per Sti Lochi, qui parcourt les villages chaque vendredi, mais aussi dans les documentaires, les débats, les magazines, les jeux et les fictions. Théâtre, films doublés ou sous-titrés et contenus éducatifs viennent compléter un dispositif destiné aussi bien aux locuteurs confirmés qu'à ceux qui souhaitent découvrir ou pratiquer la langue. Enfin, ViaStella entend plus que jamais jouer la carte de l'événementiel. Après les Journées du patrimoine, les équipes seront notamment mobilisées sur l'International de pétanque de L'Île-Rousse, avant le Tour de Corse Historique. Des rendez-vous destinés à vivre simultanément à la télévision et sur les supports numériques. Une manière, finalement, de résumer la philosophie de cette rentrée : conserver les fondamentaux d'une chaîne régionale de service public – information, proximité, langue et territoire – tout en adaptant ses formats à des usages qui, eux, évoluent à grande vitesse.