À Bastia, le tribunal judiciaire fixe ses priorités pour les mois à venir

Rédigé le 04/09/2026
Léana Serve

Réuni ce vendredi pour son audience solennelle de rentrée, le tribunal judiciaire de Bastia a installé sept nouveaux magistrats et dressé la feuille de route de la juridiction. Parmi les principaux enjeux : la lutte contre la criminalité organisée et une meilleure prise en charge des victimes de violences aux personnes.

(Photos Gérard Baldocchi)


Le tribunal judiciaire de Bastia a tenu ce vendredi après-midi sa traditionnelle audience solennelle de rentrée, présidée par Régis France. Un rendez-vous consacré à l’installation de nouveaux magistrats et greffiers, mais aussi l’occasion pour la juridiction de présenter les principaux enjeux des mois à venir. « C’est un moment singulier, un rituel de notre juridiction particulier qui consiste à présenter ceux qui vont œuvrer à nos côtés dans l’exercice des fonctions de magistrats », a rappelé Jean-Philippe Navarre, procureur de la République, à l’occasion de cette audience. Sept magistrats ont ainsi été installés cet après-midi.
 

Ces arrivées interviennent dans une juridiction où les effectifs sont, comme l’a rappelé le président du tribunal, « en perpétuel mouvement ». Il a néanmoins souligné que la juridiction bastiaise restait « opérationnelle » et accessible aux justiciables « au sein du palais de justice ou par le biais de permanences dans le département ». Au-delà de son fonctionnement quotidien, le tribunal judiciaire de Bastia entend également « poursuivre son ouverture vers l’extérieur ». Régis France a notamment évoqué les échanges avec les avocats et désormais les notaires, ainsi que la place accordée à la médiation. La juridiction accueille également « autant de stagiaires que possible, de la troisième au Master 2 » et participe « à différents colloques ou actions de sensibilisation ». La prochaine Nuit du Droit, prévue le 5 octobre, s’inscrit dans cette volonté d’ouverture, selon le président du tribunal.
 

Mais cette rentrée est surtout l’occasion de regarder les mois à venir, qui s’annoncent particulièrement chargés pour le parquet de Bastia. Plusieurs procès importants doivent notamment se tenir, et la juridiction poursuit son travail sur plusieurs dossiers comme la criminalité organisée, la lutte contre les fraudes ou les atteintes à la probité. « C’est une année particulière parce qu’elle va montrer sans doute la concrétisation de notre action sur un certain nombre de chantiers prioritaires », estime Jean-Philippe Navarre. Le procureur cite notamment, au-delà de la lutte contre la criminalité organisée, la question des violences faites aux personnes et de l’accompagnement des victimes.
 

Parmi ces dossiers, les violences sexuelles, notamment celles commises sur des mineurs, occupent une place particulière. Un sujet largement évoqué ces derniers mois partout en France, et qui mobilise également le parquet de Bastia. Sur les enquêtes actuellement menées, Jean-Philippe Navarre se montre toutefois prudent. « Il y en a, comme dans tous les départements et partout sur le territoire national », indique-t-il. « La seule chose qu'on peut dire sur ce sujet, c'est qu’il nous oblige à œuvrer collectivement, qu'il s'agisse de la justice évidemment, des services d'enquête, mais aussi de l'ensemble des administrations, des services hospitaliers, des médecins, des psychologues. C'est une œuvre collective et nous le devons aux victimes. »
 

Une exigence qui prend une résonance particulière en Corse, où le procureur évoque « une société de proximité » et « un retentissement particulier » des affaires. Cette proximité implique, selon lui, « un devoir d’exemplarité de la justice dans la réponse pénale apportée pour chaque infraction ». « Je crois que partout en France, les victimes et nos concitoyens attendent de la justice des réponses qui soient lisibles, transparentes et efficaces, c'est-à-dire rendues dans des délais qui soient peut-être plus raisonnables. »