Alors que le projet d’autonomie de la Corse poursuit son parcours parlementaire, un nouveau collectif souhaite que les Corses soient consultés avant que les contours de leur futur statut ne soient définitivement arrêtés. Présenté dimanche à Bastia, « Un référendum pour la Corse », porté par François Filoni. veut ouvrir le débat dans toute l’île.
« On décide du contenant sans décider du contenu. » C’est ainsi que François Filoni décrit le processus engagé autour de l’évolution institutionnelle de la Corse. Dimanche, le conseiller municipal d’Ajaccio et conseiller communautaire a présenté à Bastia, aux côtés de plusieurs membres fondateurs, le collectif « Un référendum pour la Corse ». Leur revendication : permettre aux Corses de se prononcer sur l'évolution institutionnelle de l'île avant l’examen de la future loi organique. Pour le collectif, le débat sur l'avenir institutionnel de la Corse ne peut en effet pas se poursuivre sans une consultation directe de la population. « On a l’impression que le vrai débat sur les besoins des Corses est confisqué, alors que c’est un débat qui engage pour les deux décennies à venir », estime-t-il.
Le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale en juin, prévoit bien une consultation des électeurs corses sur le futur statut de l’île. Mais avant cette consultation, les modalités du futur statut doivent être précisées dans une loi organique, qui doit notamment déterminer les conditions d’exercice des nouvelles compétences accordées à la Collectivité de Corse. Pour le collectif, les Corses doivent au contraire être consultés en amont, avant que le contenu de cette future loi soit arrêté. « La loi organique, c'est un chèque en blanc, et ce n’est pas acceptable », poursuit François Filoni. « C'est pour ça qu'on veut ouvrir un débat qui puisse toucher toutes les problématiques de la société. »
Une démarche revendiquée comme transpartisane
Le collectif demande la tenue d’un référendum « pour apporter des réponses concrètes sur le quotidien et les besoins des Corses ». « Vous pouvez faire une évolution institutionnelle mais on veut engager un vrai débat pour consulter les Corses sur leurs vrais désirs », précise François Filoni avant de parler de sujets comme « les transports, l’agriculture, le prix de l’essence, l’autosuffisance alimentaire ou la sécurité sociale ». « Le statu quo, c'est ce qu’il y a de pire, c’est pour ça qu’on veut un vrai débat sur tous ces domaines. On ne dit pas qu'on a raison : tout ce qu'on demande, c'est de peser tout ce qui peut être bien et ce qui peut être mal pour la Corse. Et c'est à travers un débat et un vote que ça peut se faire. On a besoin de réponses et de connaître le projet pour la Corse pour les 20 ou 30 ans à venir. »
François Filoni, ancien délégué territorial du Rassemblement national, insiste par ailleurs sur la diversité des membres du collectif. « Il y a des gens qui sont venus de Reconquête, d’anciens d’Identité Libertés comme Jean-Sébastien Weyth, des syndicalistes, d’autres engagés dans une gauche républicaine… Les membres qui sont dans le mouvement acceptent de dire qu'ils viennent en tant que membres d’un collectif pour un référendum pour la Corse. On veut cette consultation démocratique, cette respiration dont la Corse a besoin. On ne peut pas rester avec des institutions qui sont paralysées. »
Pour donner corps à cette démarche, le collectif a lancé une campagne d'affichage et de tractage dans plusieurs villes comme Bastia. Des réunions publiques doivent également être organisées dans les différentes microrégions de l'île. « Nous allons expliquer aux gens en quoi le référendum pourrait être utile, c'est la possibilité de s'exprimer, mais sur des textes qui vont être dévoilés avant la loi organique. Le mieux, quand tout est divisé comme ça, c'est de redonner la parole au peuple. »