Depuis quinze ans, Diana De Mari dessine les paysages corses dans son métier de paysagiste. Aujourd’hui, elle les dessine aussi pour elle. À l’encre de Chine, elle observe les reliefs, l’eau, les traces laissées par l’homme et cherche, derrière ce qu’elle voit, ce que raconte un territoire. Une nouvelle manière de prolonger un regard qu’elle porte depuis l’enfance.
Il y a chez Diana De Mari une manière de regarder avant même une manière de dessiner. Elle observe longtemps. Les arbres, leurs ombres, les reliefs, les traces de l’eau, mais aussi les gestes humains qui ont façonné les paysages. « J’ai toujours aimé observer les choses et me poser en tant que spectatrice de la vie qui défile devant moi », raconte-t-elle. Petite déjà, elle dessine. Avant dix ans, elle a trouvé dans le papier un moyen d’expression plus naturel que les mots.
Le chemin aurait pu la mener ailleurs. Il la conduit finalement vers le paysage. Après une licence d’arts plastiques à Corte, elle passe le concours de l’École nationale supérieure de paysage et part étudier quatre ans à Lille. En 2010, diplôme en poche, elle revient en Corse et s’installe à son compte.
Depuis, elle travaille principalement avec des communes. Réhabilitation de sentiers de randonnée, fontaines, fours, lavoirs ou aménagements de villages : son métier consiste rarement à faire table rase. Elle arrive sur un territoire qui existe déjà, en observe les contraintes et les usages, et cherche comment le valoriser sans le dénaturer. « On vient apporter des lignes d’aménagement pour pouvoir l’améliorer, le valoriser, le préserver », résume-t-elle.
Un métier qui apprend à regarder
Dans cette profession, le dessin est déjà partout. Elle dessine des plans, des perspectives, imagine ce que pourrait devenir un lieu et le montre à ceux qui devront le faire vivre. « Le visuel parle aux gens », explique-t-elle. Ce langage graphique, elle le maîtrise depuis longtemps. Mais depuis quelque temps, elle l’utilise autrement.
Ses dessins personnels sont eux aussi nourris par des territoires réels. Elle travaille notamment à partir de vues aériennes qu’elle simplifie, transforme et réinterprète. Ce qui l’intéresse n’est pas seulement la beauté d’un paysage, mais la manière dont il s’est construit. Dans un dessin consacré au lac de Ninu, elle cherche ainsi à montrer comment l’eau s’est concentrée dans la vallée, guidée par le relief. « Comment la nature a dessiné toute l’eau de la vallée, ça me fascine », dit-elle.
Cette fascination vaut aussi pour les paysages façonnés par l’homme. En Balagne, elle s’arrête sur les anciennes terrasses et les systèmes d’irrigation qui épousent le relief. Elle y voit une forme d’intelligence presque oubliée : celle qui consiste à aménager sans lutter contre le territoire. « L’intelligence humaine, là pour le coup, est juste ce qu’il faut », estime-t-elle.
C’est peut-être là que son métier et son travail artistique se rejoignent le plus. Dans les deux cas, Diana De Mari cherche moins à imposer sa vision qu’à comprendre ce qui est déjà là. « Le fait de dessiner, ça ralentit l’observation et on voit beaucoup plus de choses. Ça devient beaucoup plus riche », explique-t-elle.
Le chemin aurait pu la mener ailleurs. Il la conduit finalement vers le paysage. Après une licence d’arts plastiques à Corte, elle passe le concours de l’École nationale supérieure de paysage et part étudier quatre ans à Lille. En 2010, diplôme en poche, elle revient en Corse et s’installe à son compte.
Depuis, elle travaille principalement avec des communes. Réhabilitation de sentiers de randonnée, fontaines, fours, lavoirs ou aménagements de villages : son métier consiste rarement à faire table rase. Elle arrive sur un territoire qui existe déjà, en observe les contraintes et les usages, et cherche comment le valoriser sans le dénaturer. « On vient apporter des lignes d’aménagement pour pouvoir l’améliorer, le valoriser, le préserver », résume-t-elle.
Un métier qui apprend à regarder
Dans cette profession, le dessin est déjà partout. Elle dessine des plans, des perspectives, imagine ce que pourrait devenir un lieu et le montre à ceux qui devront le faire vivre. « Le visuel parle aux gens », explique-t-elle. Ce langage graphique, elle le maîtrise depuis longtemps. Mais depuis quelque temps, elle l’utilise autrement.
Ses dessins personnels sont eux aussi nourris par des territoires réels. Elle travaille notamment à partir de vues aériennes qu’elle simplifie, transforme et réinterprète. Ce qui l’intéresse n’est pas seulement la beauté d’un paysage, mais la manière dont il s’est construit. Dans un dessin consacré au lac de Ninu, elle cherche ainsi à montrer comment l’eau s’est concentrée dans la vallée, guidée par le relief. « Comment la nature a dessiné toute l’eau de la vallée, ça me fascine », dit-elle.
Cette fascination vaut aussi pour les paysages façonnés par l’homme. En Balagne, elle s’arrête sur les anciennes terrasses et les systèmes d’irrigation qui épousent le relief. Elle y voit une forme d’intelligence presque oubliée : celle qui consiste à aménager sans lutter contre le territoire. « L’intelligence humaine, là pour le coup, est juste ce qu’il faut », estime-t-elle.
C’est peut-être là que son métier et son travail artistique se rejoignent le plus. Dans les deux cas, Diana De Mari cherche moins à imposer sa vision qu’à comprendre ce qui est déjà là. « Le fait de dessiner, ça ralentit l’observation et on voit beaucoup plus de choses. Ça devient beaucoup plus riche », explique-t-elle.
De l’intime à l’exposition
Pendant longtemps, elle dessine surtout pour elle. Elle peint aussi, beaucoup, et dans des couleurs très vives. Mais pour ses œuvres actuelles, elle choisit l’encre de Chine et le noir et blanc. Un choix qui vient en partie de son métier : les contrastes, la lisibilité, la capacité d’une image à fonctionner de loin comme de près. Elle aime surtout le geste lui-même. La plume sur le papier, son bruit, la concentration nécessaire pour avancer millimètre après millimètre. Certaines œuvres sont reprises quatre ou cinq fois : « J’adore l’encre de Chine, juste la plume, le bruit, l’espèce de bulle de méditation dans laquelle elle nous plonge ».
Fin juin, elle a présenté son travail dans le cadre d’une exposition collective. Une occasion de sortir de sa zone de confort et de donner une nouvelle place à une pratique longtemps restée personnelle. Ses œuvres sont parfois à vendre et elle propose également des tirages d’art. Elle ne vit pas encore de cette activité, mais aimerait en faire une nouvelle branche de son parcours, sans pour autant renoncer à son métier de paysagiste. « Si je peux faire les deux », résume-t-elle, préférant l’idée de les faire cohabiter.
Car après quinze ans de métier, Diana De Mari ne semble pas chercher à changer de vie. Plutôt à en prolonger le geste. Paysagiste ou artiste, elle reste attachée à la même chose : regarder, comprendre et faire avec la nature. Très ancrée en Corse, elle reconnaît l’être « peut-être même un peu trop ». Elle pourrait exercer son métier ailleurs, mais ses racines continuent de nourrir son travail. La Corse, son patrimoine, ses paysages et ceux qui les ont façonnés sont devenus une matière de travail autant qu’une source d’inspiration, car finalement : « Ce sont mes racines et mes origines qui m'impulsent cet élan ».
Pendant longtemps, elle dessine surtout pour elle. Elle peint aussi, beaucoup, et dans des couleurs très vives. Mais pour ses œuvres actuelles, elle choisit l’encre de Chine et le noir et blanc. Un choix qui vient en partie de son métier : les contrastes, la lisibilité, la capacité d’une image à fonctionner de loin comme de près. Elle aime surtout le geste lui-même. La plume sur le papier, son bruit, la concentration nécessaire pour avancer millimètre après millimètre. Certaines œuvres sont reprises quatre ou cinq fois : « J’adore l’encre de Chine, juste la plume, le bruit, l’espèce de bulle de méditation dans laquelle elle nous plonge ».
Fin juin, elle a présenté son travail dans le cadre d’une exposition collective. Une occasion de sortir de sa zone de confort et de donner une nouvelle place à une pratique longtemps restée personnelle. Ses œuvres sont parfois à vendre et elle propose également des tirages d’art. Elle ne vit pas encore de cette activité, mais aimerait en faire une nouvelle branche de son parcours, sans pour autant renoncer à son métier de paysagiste. « Si je peux faire les deux », résume-t-elle, préférant l’idée de les faire cohabiter.
Car après quinze ans de métier, Diana De Mari ne semble pas chercher à changer de vie. Plutôt à en prolonger le geste. Paysagiste ou artiste, elle reste attachée à la même chose : regarder, comprendre et faire avec la nature. Très ancrée en Corse, elle reconnaît l’être « peut-être même un peu trop ». Elle pourrait exercer son métier ailleurs, mais ses racines continuent de nourrir son travail. La Corse, son patrimoine, ses paysages et ceux qui les ont façonnés sont devenus une matière de travail autant qu’une source d’inspiration, car finalement : « Ce sont mes racines et mes origines qui m'impulsent cet élan ».