Dans un courrier adressé à la ministre de la Santé, les médecins généralistes de la Plaine orientale sud alertent sur les difficultés d’accès aux soins dans leur territoire. Ils réclament la création d’une structure de proximité ouverte 24 heures sur 24 afin d’améliorer la prise en charge des patients.
« Il faut sortir de cette situation. » Face à ce qu’ils considèrent comme un déficit d’offre de soins sur leur territoire, les médecins généralistes de la Plaine orientale sud ont décidé de faire entendre leurs préoccupations. Dans un courrier adressé à la ministre de la Santé, avec l’Agence régionale de santé de Corse en copie, ils réclament la création d’une structure de proximité pouvant accueillir des patients 24 heures sur 24. « Il ne s’agit pas de faire un hôpital, mais une structure équivalente à ce qui existe dans d’autres régions rurales, comme à Calvi, Corte, Sartène ou Bonifacio », indique le Dr François Benedetti, l’un des médecins à l’origine de cette démarche collective, précisant que la Plaine orientale « est la seule région à être dépourvue de structures de proximité ».
Selon lui, les médecins « se trouvent un peu pris en otage sur la Plaine orientale », la région représentant « une grande partie de la population rurale de la Corse » avec 25 000 habitants à l’année, un chiffre multiplié par quatre en période estivale. « À la demande des médecins, on est arrivé à obtenir une structure sur Ghisonaccia qui est absolument insuffisante, parce que c’est un hôpital temporaire partiel avec quelques lits et ouvert trois jours par semaine », explique le médecin. « De plus, les patients ne sont reçus qu’à la demande de leur médecin traitant ou d’un médecin spécialiste. On est vraiment loin du compte. »
Au-delà du manque de structure, les médecins alertent également sur les conséquences de la régulation médicale actuelle. « Depuis quelque temps, l’ARS, pour alléger les urgences de l’hôpital de Bastia, a mis en place un système de tri des appels par le 15 », explique François Benedetti. Selon lui, les patients de la Plaine orientale sont « pratiquement systématiquement orientés vers Corte », y compris pour des pathologies qui nécessiteraient ensuite une prise en charge spécialisée à Bastia. « Je ne conteste pas le dévouement des compétences des médecins de Corte, mais quand ça dépasse le cadre de leurs compétences, ils transfèrent les patients sur Bastia, mais parfois avec un retard considérable, comme c’est arrivé récemment. Il y a une perte de temps pour les patients, le tri doit être fait sur place. »
Pour les médecins généralistes de la Plaine orientale sud, l’objectif n’est donc pas de remplacer les établissements existants, mais de créer un niveau intermédiaire permettant d’assurer une première prise en charge sur le territoire. « Il faut une structure qui permette de recevoir les patients sur place, de les garder éventuellement et de les transférer ensuite dans un service spécialisé de Bastia. Ce qu’on demande, c’est que les régulations se fassent de manière cohérente et efficace pour les patients. »
À travers ce courrier, les praticiens demandent ainsi à l’État de lancer « une étude en urgence de faisabilité » pour la création d’un hôpital de proximité en Plaine orientale. « On est dans un premier temps dans la demande, mais on pourra ensuite mobiliser la population parce qu’il est certain que les gens sont tout à fait mécontents de la situation. »