Bastia : l’opposition émet des doutes sur le bilan de la régulation des meublés touristiques

Rédigé le 16/07/2026
Christophe Giudicelli

Deux ans après la mise en place de ses mesures de régulation des meublés de tourisme, la majorité Bastiaise revendique le retour de 233 logements sur le marché locatif annuel. Des résultats contestés par l'opposition municipale, qui s'interroge sur la méthodologie employée et la réalité des effets observés sur le terrain.

Bastia : l’opposition émet des doutes sur le bilan de la régulation des meublés touristiques

Le conseil municipal de Bastia est revenu, ce mercredi 16 juillet, sur le bilan de la politique de la ville en matière de régulation des meublés de tourisme.

Déjà, le 11 juillet dernier, à l’occasion d’une présentation devant la presse, Gilles Simeoni, maire de Bastia, avait évoqué en détail deux années d’actions qui auraient, selon lui, permis de remettre sur le marché de la location annuelle 233 logements et d’augmenter mécaniquement l’offre locative : périmètre réglementaire, obligation d’enregistrement, principe de compensation pour les multipropriétaires, ou encore obligation d’une résidence de cinq ans avant de pouvoir mettre un bien en location touristique.

Ce mercredi soir, c’était au tour des conseillers municipaux de se voir présenter le bilan des mesures prises : « L’objectif était de concilier plusieurs niveaux d’exigence », soit la lutte contre la spéculation immobilière, mais aussi la possibilité pour les Corses de bénéficier d’un complément de revenu a précisé Gilles Simeoni.

Une politique qui a également permis de faire baisser les prix de 10 % dans le quartier de la Citadelle, fortement touché par l'"airbnbisation", s’est réjoui le maire de Bastia, qui a de nouveau salué « un dispositif sans équivalent en Corse et en France » ayant permis de « trouver le bon équilibre », avec des résultats encore « à renforcer et à sécuriser ».
Pourtant, si du côté de la majorité municipale on se félicite des résultats obtenus pour réguler les meublés de tourisme non réglementés, l’opposition se montre beaucoup plus sceptique quant aux résultats avancés par le maire de Bastia.

Pour Julien Morganti, cela ne correspond pas à la réalité : « Vous nous présentez un bilan qui a été fait en interne, avant la saison estivale. Il y a une forme d’autosatisfaction », a déclaré l’élu d’opposition, qui conteste deux chiffres avancés par la majorité municipale d’Uniti Per Dumane

Le premier concerne la baisse du nombre de meublés touristiques, qu’il estime faussée par un « dispositif usine à gaz » qui inciterait les loueurs à ne plus déclarer leurs biens.
Le second chiffre contesté par l’opposant à Gilles Simeoni est celui de la baisse du prix des biens en vente dans le quartier de la Citadelle : « On a listé plusieurs biens en vente, on est entre 4 500 et 5 000 euros le m². Dire que la Citadelle est devenue l’un des quartiers les moins chers de Bastia est assez surprenant. » Ce à quoi Emmanuelle De Gentili, adjointe à la politique de la ville, a tenu à préciser qu’il existe une « différence entre le prix auquel le vendeur souhaite vendre son bien et le prix de vente final », sur lequel est basée l’étude de la ville.

Julien Morganti s’interroge également : « Où sont les nouveaux habitants ? », faisant référence aux 233 logements remis sur le marché de la location à l’année. « Il y aurait dû y avoir plus de 400 nouveaux habitants », ajoute l’élu d’opposition, qui y voit là « les limites du déclaratif ».

Sur les bancs de l’opposition, Jean-Martin Mondoloni (Uniti Per Dumane) demande de son côté : « Est-ce qu’à la Citadelle, on a plus de personnes à l’année ? On y est tous passés pendant la campagne électorale. On trouvait surtout des boîtiers ! » avant de plaider pour une nouvelle étude qui permettrait « d’aller plus loin dans les précisions » et de vérifier s’il existe « un vase communicant entre les logements qui ne sont plus sur Airbnb et les logements mis en location à l’année ».