Alors que la saison estivale est désormais bien installée, le port de commerce de Bastia voit défiler quotidiennement ferries, cargos et navires de croisière. À la tête de la capitainerie depuis septembre dernier, Thierry Cholet-Allegrini veille à la sécurité des opérations et coordonne les différents acteurs du port.
(Photos : Gérard Baldocchi)
Avec l’arrivée de l’été, le port de commerce de Bastia entre dans sa période la plus intense de l’année. Ferries, cargos et navires de croisière se succèdent toute la journée, nécessitant une organisation minutieuse pour assurer la sécurité des manœuvres et la fluidité du trafic maritime. À la tête de cette mécanique bien rodée, Thierry Cholet-Allegrini, commandant du port depuis le mois de septembre, veille au bon déroulement des opérations.
Ancien pêcheur, il découvre le monde portuaire après un incident sur son bateau qui le conduit à s'intéresser au lamanage. « Dès que j’ai découvert le métier d'officier de port, je me suis dit que c’était la voie qu'il fallait que je suive », raconte-t-il. Il devient lieutenant de port en 2010 sur les ports de Bastia, L'Île-Rousse et Calvi, avant de réussir le concours de capitaine de port en 2022. Après une première affectation à Nice et un passage comme directeur du port de Toga, il prend la tête de la capitainerie du port de commerce de Bastia en septembre.
Au cœur des opérations portuaires
En tant que capitaine de port, Thierry Cholet-Allegrini est chargé de veiller à la sécurité des opérations portuaires, de l’entrée des navires dans le port jusqu’à leur départ. « On dit qu’on est les chefs d'orchestre de l'ensemble des partenaires qui interviennent sur le port », résume-t-il. Pilotes, lamaneurs, dockers, agents d'exploitation ou encore compagnies maritimes interviennent à différentes étapes d'une escale. Le rôle de la capitainerie consiste à coordonner leurs actions afin d'assurer le bon déroulement des opérations. « Pour le compte de l’autorité portuaire, c’est-à-dire le propriétaire de l'infrastructure, ici la Collectivité de Corse, on attribue les postes à quai. Et pour le compte de Madame la préfète qui est autorité investie du pouvoir de police portuaire, on régule le trafic et on coordonne les entrées et les sorties. Ce sont deux missions complémentaires mais qui sont dévolues à des autorités différentes. » Pour assurer ces missions, la capitainerie s’appuie sur une équipe de cinq lieutenants de port, sous la coordination de Thierry Cholet-Allegrini.
Dès les premières heures de la journée, la capitainerie est en activité. Les premiers appels des navires arrivent avant leur entrée dans le port afin de préparer leur escale. « Les premiers navires ont appelé à 4h30 ce matin pour annoncer leur prise de pilote à 5h30 pour pouvoir être à quai à l'heure », détaille le capitaine du port. « On a toute une phase préparatoire où on annonce les conditions météorologiques, quelques informations sur l'éventuelle disponibilité de matériel ou autre. » Les officiers de port coordonnent ensuite l’embarquement des pilotes, l'amarrage des navires. Le relais est ensuite pris par les agents d'exploitation, les dockers et les agents des compagnies maritimes pour le débarquement et l’embarquement des passagers ou des marchandises. « On a entre deux et six navires qui vont se succéder dans la matinée, entre un et quatre sur le créneau de midi et entre deux et trois qui arrivent le soir, en plus du départ des cargos de la DSP. Ça fait des journées bien remplies. »
Un trafic plus dense et plus complexe
Avec la saison estivale, le travail de la capitainerie évolue. Si le nombre de navires n'augmente pas forcément, leur taille, elle, ne cesse de croître. « On a un changement de mode de trafic. On n'a pas plus de navires, au contraire, mais ce sont des navires qui sont plus grands et qui arrivent à atteindre des taux de remplissage importants, ce qui fait que le trafic de passagers et de fret revient à des volumes qu'on a pu connaître avant Covid », explique Thierry Cholet-Allegrini. À cette activité s'ajoute la présence des navires de croisière, qui doivent s'insérer dans un trafic déjà soutenu. « On doit jongler en permanence avec les disponibilités des quais et les caractéristiques des navires. Par exemple, on a sept emplacements actuellement, mais on descend à quatre lorsqu’on a de gros navires de plus de 180 mètres de long. On a une mission qui devient de plus en plus complexe parce que les caractéristiques des navires évoluent mais les infrastructures sont ce qu'elles sont et on doit faire avec. Mais effectivement, la présence des navires de croisière permet de voir une diversification du trafic, avec des bateaux d'exception qui ont fréquenté le port de Bastia. »