Ultra Trail di Corsica : Victoire et record pour Aurélien Dunand-Pallaz !

Rédigé le 10/07/2026
Mario Grazi

Vainqueur de la Diagonale des Fous à La Réunion, en 2023, 3e en octobre dernier, Aurélien Dunand-Pallaz a fait l’Ultra Trail di Corsica en tête de bout en en bout. Il n’a laissé aucune chance à ses adversaires et s’est même offert le record détenu depuis l’an passé par Louison Coiffet qui avait explosé de 30 minutes le précédent record de Lambert Santelli ! On croyait ce nouveau temps établi difficile à battre, mais le Savoyard est parvenu à l’améliorer de 4 minutes en un temps de 14h41’21’’ ! Epoustouflant…

Une fois encore cet Ultra Trail di Corsica a réservé bien des surprises. Après l’abandon rapide la nuit dernière après 17 kms de course de l’Américain Jess Rich, un trio de tête s’est vite détaché. Aurélien Dunand-Pellaz, Gautier Airiau et Louis Calais prenaient la direction des opérations en laissant loin derrière eux les principaux concurrents. Mais c’est dans la descente vers les Gruttelle que le Savoyard plaçait une première accélération avant de poursuivre son effort dans la montée vers le plateau d’Alzu. Calais perdait de plus de terrain, tandis que Airiau lâchait prise au fil des kilomètres. « Je ne pouvais plus le suivre », disait-il sur la ligne d’arrivée, « son rythme était trop élevé, j’ai dû ralentir pour ne pas exploser ».
Cyril, le speaker officiel de cet Restonica Trail by UTMB annonçait l’arrivée imminenete du Savoyard que l’on voyait pointer dans la vallée du Tavignanu. Visiblement pas gêné par les 32°, Aurélien Dunand-Pallaz était informé qu’il était sur le temps du record. Il en profitait pour passer la vitesse supérieure. Visiblement il en avait gardé sous la semelle ! Et le voilà pointer au dernier contrôle à l’entrée de la vallée. Plus que quelques centaines de mètres avant d’atteindre le cours Paoli. La montée vers le Musée de la Corse, la traversée de la vieille ville et le voilà dans la descente de la Sculiscia. La foule immense tape dans les mains. « La Goffa Lolita », martèle un rythme rapide dans les enceintes. Aurélien Dunand-Pallaz est galvanisé. Poussé par une foule en délire qui ne ménage pas ses encouragements il sprint en passant de devant la statue de Pascal Paoli sur les derniers mètres le conduisant sur la ligne d’arrivée. C’est fait. En un temps de 14h41’21’’ il bat le record de Louison Coiffet de 4 minutes. C’est juste énorme au vu de la chaleur accablante qui se dégage du cours Paoli avec un 34° de ressentie ! « Je suis parvenu à bien gérer ma course. Je suis extrêmement satisfait car la Corse c’est un terrain très difficile. J’ai accéléré au bon moment. Maintenant je vais continuer ma préparation pour tenter de battre le record du GR 20. Cela fait depuis 2020 que j’ai en tête de m’attaquer à ce sentier mythique. Je crois que cette année est la bonne année. C’est un projet qui me tient à cœur et je veux le tenter. Je connais bien la Corse car j’y viens en vacances avec mes parents depuis l’âge de 6 ans. Cela fera la 20e quand je m’élancerai pour le record du GR 20 ».


Quelques minutes avant l’arrivée d’Aurélien Dunand-Pallaz, on pouvait assister à l’arrivée de la première équipe en relais. Il s’agissait d’E Sintineddi de Mezzavia. L’équipe composée d’Antoine Ottaviani, Jean-François Nesa, Jan-Dominique Leca et Nabil Khemaissa franchissait la ligne d’arrivée en un temps exceptionnel aussi de 14h31’07’’. « C’était hyper dur. Nous avons commencé l’aventure l’an passé et nous avions fini 2e.  C’était assez stressant car nous n’étions pas premiers au premier relais ensuite Jean-Do rattrape le temps pour repasser devant et ensuite Jeff reprend encore l’avantage sur la fin. C’est vraiment incroyable. On s’est régalés. C’était une très belle aventure », expliquait Antoine Ottaviani.


Gautier Airiau, qui a fait une très grande partie de la course en tête avec le vainqueur, franchit enfin la ligne d’arrivée avec 50 minutes de retard sur Aurélien Dunand-Pallaz. Certes, il était déçu, mais en même temps extrêmement satisfait de sa deuxième place car il a cru être contraint à l’abandon en raison de la chaleur avant d’entamer les 13 derniers kilomètres. « Il a fait très chaud et ce terrain est très, très, très exigeant. Mais je me dois de féliciter Aurélien. On a couru les premiers kilomètres ensemble et après je ne l’ai plus vu. Il a eu un niveau stratosphérique sur ces terrains qu’il affectionne. Bravo à lui. Je suis très content pour lui. J’étais déjà venu sur l’UTC et sur le Restonica Trail, mais on a beau y retourner et c’est chaque fois différents. Je n’avais pas le souvenir que c’était aussi difficile. C’est le parcours le plus difficile. C4est rare les trails qui ont cette typicité et cette technicité. La Corse est particulière. Chapeau à l’organisation et surtout aux bénévoles qui ont une fois encore ont été serviables. Ils ont toujours le petit mot pour nous remettre en course quand on arrive défoncés sur les ravitaillements ».


Pour compléter le podium de cet UTC 2026, Louis Calais terminait l’épreuve en un temps de 16h17’30’’. Tandis qu’en relais la deuxième place revenait à l’équipe B-MAC composée de Miguel Portela, Cédric Luret-Gambotti, Benoït Delbé et Antoine Lainé (15h28’59’’). L’andatu Vecchju, l’équipe cortenaise, complétait le podium avec François Berger, Dominique Leonetti, Pierre-François Orru et Armand Leonetti (16h10’24’’).


Chez les féminines, l’arrivée de Manon Bohard était prévue vers 18 heures. Chloe Peliussard et Emilier Maroteaux étaient attendues sur la ligne d’arrivée vers 18h30.
Notons que le départ du Giru di Tumbone sera donné sur le coup de 18 heures. Rappelons enfin qu’en raison d’un risque d’orages violents, le départ du Restonica Trail (69 kms) sera donné cette nuit à 2 heures au lieu de 4h30).