Salmo Trek - Et de 4 pour Ghjuvà Azara-Mariani

Rédigé le 11/07/2026
Philippe Jammes

Le jeune, 23 ans, pêcheur d’Erbalonga dans le Cap Corse vient de boucler sa 4e « Salmo Trek ». Une épreuve particulièrement difficile qui mêle pêche et trekking.


 « La Salmo Trek », compétition de pêche aux salmonidés*, se déroule chaque année le premier week-end de juillet dans la Haute vallée d’Aure, au cœur des Pyrénées, dans le massif du Néouvielle. Une épreuve qui est un concept inédit dans la pêche de compétition dans laquelle les participants défient les éléments, la montagne et les salmonidés du Néouvielle. L’épreuve se déroule sur 3 jours, et 2 nuits, en équipe de deux compétiteurs, des pêcheurs de truites aux leurres et à la mouche, en autosuffisance totale. La Salmo Trek se veut éco responsable et préconise l’utilisation de leurres aux matières premières déclarées non toxiques. Les poissons pêchés sont remis à l'eau et les compétiteurs s’engagent respecter la nature environnante.


Cette 6e édition, du 3 au 5 juillet, constituait la 4e pour Ghjuvà Azara-Mariani qui faisait équipe cette année avec Kevin Gueniot. « Le parcours comprend 30 lacs différents avec 10 balises à absolument valider sous peine d’élimination et deux épreuves chronométrées, une au départ, l’autre à l’arrivée » explique le jeune pêcheur cap corsin. « On se déplace de lac en lac avec des points de passages obligatoires. Les 2 spéciales chronométrées donnent des bonus au classement qui, lui, se fait sur le nombre de salmonidés pris, sachant que le quota est de 20 ombles chevaliers** si on veut être classé. Le bivouac est libre mais sur des emplacements bien précis du parcours et qu’on doit rallier avant 22h. Le parcours est de 40 km minimum mais on peut faire plus en fonction des prises. Cette compétition réclame plusieurs aptitudes : Comprendre la pêche, savoir lire l’eau, maitriser les techniques de pêche au leurre ou à la mouche, être en capacité de marcher, savoir se repérer. Certains concurrents du continent font des repérages, des prè-fishing, mais pour nous autres insulaires c’est très compliqué. Cette année où nous avons un peu galéré nous avons dû couvrir 63 km sur les 3 jours avec un dénivelé positif de 4000 m ».
L’épreuve est d’autant plus physique que chaque concurrent supporte sur le dos un sac de plus de 10 kg contenant : tente, sac de couchage, duvet, rechange, réchaud, nourriture lyophilisée, barres énergétiques, cannes à pêche, épuisette et le matériel en rapport : leurres, mouches…  
 

​Une édition particulièrement difficile

De lac en lac pour obtenir le quota de 20 ombles chevaliers.

Pour cette 6e édition les pêcheurs n’ont pas été à la fête et les salmonidés bien difficiles à ramener sur le bord des lacs. « L’an passé, en binôme avec ma sœur Stella, nous avions mis 6 heures pour atteindre le quota, terminant 12e au général et 1er en mixte » souligne Ghjuvà. « Cette année il nous a fallu 12h30 et ça nous a mis un peu dedans au niveau du timing. Les autres concurrents ont également connu des difficultés et mis plus de temps. On peut peut-être l’expliquer par le changement climatique. Par exemple cette année avec chutes de neige tardives, les lacs se sont dégelés plus tardivement. Peut-être aussi que les poissons s’éduquent et se méfient de plus en plus. Nous avions mis en place une stratégie de départ, qui nous semblait pourtant logique, car le tracé était pratiquement le même que l’an passé mais elle ne s’est pas révélée payante. On a dû se rajouter un lac pour avoir le quota et 10 km en plus. Le manque d’activité des poissons, ajouté à quelques imprévus, comme des baigneurs sur un lac après une longue marche d’approche a vraiment rendu cette édition particulièrement compliquée avec une 13e place à la clé sur 101 équipes venues de tous horizons comme de Chine, de Belgique ou de Roumanie. Un résultat qui nous laisse un léger goût d’inachevé, car nous espérions mieux. Mais c’est aussi ça, la Salmo Trek : Savoir s’adapter, persévérer et ne jamais rien lâcher. C’est une aventure aussi exigeante que magnifique. Cette sixième édition restera une aventure humaine, sportive et halieutique inoubliable. Nous reviendrons plus forts l’an prochain. ».


Ghjuvà et Kevin n’étaient pas les seuls corses engagés sur ce Salmo Trek très prisé. « Un immense bravo à notre ami Morgan Calu, de Porto-Vecchio qui avec son fils Milo, 9 ans, terminent 4e ! Son autre fils, Marc, 11 ans, qui faisait équipe avec son parrain prend la 28e place. Bravo également à nos amis Michel Vittori et Joseph Tosi venus de Corte et dont c’était la 1ère participation et la découverte de l’omble chevalier qu’on ne trouve pas ici » conclut Ghjuvà Azara-Mariani.
 
*Les Salmonidés sont une famille de poissons à nageoires rayonnées. Elle comprend les saumons, les ombles, les ombres, les corégones et les truites.
** Espèce de poissons de la famille des salmonidés, communément appelé en France truite rouge.

Le délégation corse à la Salmo Trek.