Entre Bastia et Marseille, Corsica Linea teste le BioGNL pour réduire de 80 % les émissions de son navire

Rédigé le 11/07/2026
La rédaction

À partir de ce mois de juillet, A Galeotta, le navire propulsé au gaz naturel liquéfié de la compagnie maritime, intégrera du biométhane dans son approvisionnement sur la ligne Bastia-Marseille. Une expérimentation qui doit permettre de réduire de 80 % son bilan carbone.

(Crédits photo : Louis Moutard)

Nouvelle étape dans la stratégie de décarbonation de la Corsica Linea. Dans un communiqué, la compagnie maritime annonce en effet le lancement d'une phase pilote sur la ligne Bastia-Marseille avec l'intégration de BioGNL, ou biométhane liquéfié, dans l'approvisionnement énergétique de A Galeotta, son premier navire propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL).
 
Cette expérimentation sera menée tout au long de la saison estivale sur la principale ligne de fret entre la Corse et le continent. Elle s'inscrit dans les engagements environnementaux pris par la compagnie dans le cadre de la délégation de service public de continuité territoriale, mais également dans le respect des nouvelles exigences européennes, notamment le système ETS et le règlement FuelEU Maritime.
 
Concrètement, le dispositif repose sur un système européen certifié d'équivalence de volumes. Une quantité de biométhane renouvelable, produite à partir de déchets organiques, est injectée dans le réseau gazier européen en lien avec la consommation de GNL du navire. Un mécanisme qui permet de développer les énergies renouvelables tout en utilisant les infrastructures existantes. Selon Corsica Linea, cette solution permettra de réduire de 80 % le bilan carbone d'A Galeotta sur cette desserte de service public.
 
« Avec ce test BioGNL, Corsica Linea engage une nouvelle étape vers la création d'un corridor maritime à faible intensité carbone entre la Corse et le continent », explique Pierre-Antoine Villanova, directeur général de la compagnie. « L'ambition est de déployer progressivement des solutions concrètes, compatibles avec les exigences opérationnelles du transport maritime et les objectifs climatiques européens. Nous devons aller plus loin avec la structuration d'une filière d'approvisionnement locale », poursuit-il.
 
Au-delà de cette phase d'essai, la compagnie souhaite en effet voir émerger une véritable filière de production de biométhane à proximité de ses opérations. Elle identifie notamment la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer comme un territoire stratégique, afin de rapprocher les lieux de production et de consommation de cette énergie et de bâtir un véritable écosystème dédié à la transition énergétique du transport maritime.
 
Cette expérimentation s'inscrit en outre dans un plan de transition environnementale engagé par la compagnie depuis 2018. Plus de 350 millions d'euros ont déjà été investis dans une quarantaine de projets avec un objectif affiché de réduire de 40 % les émissions de CO₂ d'ici à 2030. Dans ce droit fil, Corsica Linea affirme avoir déjà diminué de 20 % ses émissions de CO₂ par mille nautique par rapport à 2022.
 
Cette stratégie repose sur plusieurs leviers. Six navires ont ainsi été équipés pour le branchement électrique à quai entre 2018 et 2025 à Marseille et à Sète, supprimant les émissions lors des escales. Depuis 2021, la vitesse de navigation a également été réduite afin de limiter la consommation de carburant, tandis que des biocarburants sont progressivement intégrés au mix énergétique depuis 2023. La compagnie met également en avant différentes optimisations techniques sur ses navires ainsi que sa certification Green Marine Europe, obtenue en 2020.
 
Après la mise en service d'A Galeotta en 2023, Corsica Linea a par ailleurs accueilli, le 15 juin dernier, le Capu Rossu, un deuxième navire propulsé au GNL. Elle souligne être aujourd'hui la première compagnie française à exploiter deux navires fonctionnant au GNL sur des lignes régulières de service public entre Marseille et la Corse. Selon la compagnie, cette énergie permet déjà de supprimer 95 % des émissions d'oxydes de soufre, 85 % des émissions d'oxydes d'azote et des particules fines, tout en réduisant d'environ 20 % les émissions de CO₂ par rapport à un carburant maritime traditionnel.