"Nature(s)" : la Tribune des chercheurs réunit doctorants et grand public à Bastia le 2 juillet

Rédigé le 01/07/2026
Matteo Lanfranchi

La dix-septième édition de la Tribune des Chercheurs se tient ce jeudi 2 juillet 2026, de 8h30 à 17h30, dans la salle des délibérations de la Chambre des Territoires de Corse, à Bastia. Organisée par la Société des Sciences Historiques et Naturelles de la Corse en partenariat avec l'Université de Corse Pasquale Paoli, cette journée ouverte au public donne la parole à des doctorants de disciplines variées, réunis autour d'un thème commun : "Nature(s)".

Photo d'illustration

Si le thème est choisi chaque année par l'école doctorale de l'université, qui sélectionne aussi les doctorants intervenants, la Société des Sciences en assure l'organisation et la publication dans sa revue Corse d'hier et de demain. "Le thème n'est pas anodin, explique Jean-Michel Casta, président de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de la Corse. La nature est en ce moment particulièrement façonnée par l'homme, elle est en souffrance, on le voit avec les modifications climatiques que l'on subit." Depuis la convention signée avec l'université en 2008, plusieurs éditions ont déjà exploré ce terrain, des énergies renouvelables aux feux de forêt en passant par la gestion de l'eau en Méditerranée. "Il y a un fil conducteur qui aboutit aujourd'hui à la nature, avec un S entre parenthèses", résume Jean-Michel Casta.

 


Quatre temps, une logique : définir, façonner, protéger, réparer

Le programme de la journée s'articule en quatre grandes séquences qui suivent une progression réfléchie. Si toutes les interventions sont liées entre elles, Jean-Michel Casta met en avant la dernière étape, consacrée à la réparation de la nature. "Nous vivons l'anthropocène, une ère géologique façonnée par l'homme, où son influence est plus importante que les influences géophysiques. Réparer la nature, c'est une urgence." Une nouveauté marque cette édition : l'intégration d'un volet juridique, avec des interventions sur le droit de l'environnement et la réparation des préjudices écologiques.


Un ancrage corse assumé

Araignée de mer, oursins, plantes traditionnelles : les sujets abordés restent fidèles à la vocation de la société savante. "Il faut toujours qu'il y ait une référence à la Corse, c'est l'ADN de la société, elle porte son nom", souligne son président. Sur les moyens consacrés à la recherche environnementale dans l'île, Jean-Michel Casta reste mesuré : il salue la création de la plateforme Stella Mare par l'université, à l'origine de découvertes notables sur le milieu marin, tout en pointant un manque criant sur d'autres fronts, comme la préservation de la châtaigneraie corse. "Il faudrait une politique agricole plus volontariste, c'est une évidence."

 


Une vitrine pour les jeunes chercheurs

Pour les doctorants qui interviendront, cette tribune représente une publication dans une revue reconnue, diffusée au-delà de l'Europe, jusqu'aux États-Unis. "Pour un étudiant, c'est une belle référence", note Jean-Michel Casta, tout en reconnaissant la fragilité de cet équilibre face à la concurrence des revues scientifiques spécialisées.

 


"La prise de conscience de la fragilité de la planète"

Interrogé sur le message qu'il souhaite voir retenu de cette journée, Jean-Michel Casta cite le volcanologue Haroun Tazieff : "Vous pouvez nucléariser la planète, la réduire en cendres, elle s'en remettra toujours, avec ou sans l'homme." Une réflexion qu'il compte rappeler en ouverture des travaux. "Si on arrive à faire comprendre que l'instant est grave, il faut vraiment sensibiliser, alors on aura gagné quelque chose."