Après plus de huit heures de réunion, l’État et la Collectivité de Corse se sont engagés à sécuriser le réseau d’écoles immersives en langue corse. Les six postes d’enseignants attendus doivent être contractualisés rapidement. Pour Scola Corsa, l’avancée est importante, mais le combat pour une généralisation de la contractualisation continue.
Plus d'une centaine de personnes étaient réunies jeudi soir pour soutenir Scola Corsa à Bastia (Photo Gérard Baldocchi)
« On a pu rentrer à la maison hier soir en disant à nos enfants qu’ils auront bien une école à la rentrée », lance Sylvain Giannecchini, membre de la fédération Scola Corsa. Après plus de huit heures de réunion avec les deux préfets et le recteur de l’académie, un accord de principe a finalement été trouvé dans la nuit de jeudi à vendredi, peu après minuit. L’État et la Collectivité de Corse se sont engagés à sécuriser le réseau d'écoles immersives en langue corse « dès la rentrée 2026 et pour les années à venir ». Dans l’immédiat, la contractualisation de six postes d’enseignants devrait être matérialisée dans la journée avec la signature des contrats. Parallèlement, l’État, la Collectivité de Corse et Scola Corsa doivent poursuivre les discussions dans les prochains jours afin de sécuriser les conditions de financement accordées au réseau avant la session de juillet de l’Assemblée de Corse.
Au lendemain de la réunion, les représentants de Scola Corsa et du comité de soutien saluent « une avancée importante ». « Ça faisait des mois qu’on attendait une réponse, qu’elle soit positive ou négative, et celle-ci n’arrivait pas. Maintenant, on commence à avoir des réponses concrètes », précise Sylvain Giannecchini. Des manifestations de soutien aux écoles immersives se sont en effet tenues à plusieurs reprises à Bastia et Ajaccio, et notamment ce jeudi après-midi, en même temps que la réunion. Alors qu’une délégation était réunie à la Maison des Affaires sociales pour rencontrer la préfète de Haute-Corse, en visioconférence avec la réunion qui se tenait à la préfecture d’Ajaccio, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant les locaux des services de l’État pour manifester pacifiquement leur soutien à Scola Corsa. Un rassemblement avait aussi lieu à Ajaccio.
Malgré les annonces faites, les représentants de Scola Corsa affirment aujourd’hui ne pas être « 100 % satisfaits ». « Au vu de ce qui se fait sur les autres réseaux immersifs partout en France, on estime qu'on peut aller un petit peu plus loin », souligne Sylvain Giannecchini en référence à la contractualisation généralisée des postes, une revendication que la fédération continue de porter. « La signature des six postes n’est pas suffisante. On veut tendre vers une contractualisation généralisée pour anticiper cette sécurisation dans un premier temps et surtout amoindrir le fait que la Collectivité de Corse ait à abonder le réseau d’une subvention qui grandit chaque année. Comme on ouvre un site chaque année, c'est le serpent qui se mord la queue. Si on ne généralise pas cette année, il faudrait qu'au moins à la rentrée 2027, la généralisation puisse être effective. »
Dans un communiqué co-signé par Éric Jalon, préfet de Corse, et Gilles Giovannangeli, président du Conseil exécutif de Corse, les deux parties indiquent que « les travaux engagés doivent permettre de sécuriser la prochaine rentrée scolaire ». « Pour le cas où la mobilisation de ces deux leviers ne serait pas suffisante, l’État et la Collectivité s’engagent à activer tout dispositif utile, la Collectivité de Corse continuant, dans ce cadre, à privilégier la voie de la contractualisation généralisée. La discussion sur la contractualisation a vocation à se poursuivre au-delà de la rentrée 2026-2027, dans le respect de l’équité entre le service public et Scola Corsa et en tenant compte des moyens mobilisés, conformément à l’engagement du Président de la République, pour mettre en œuvre un service public de l’enseignement bilingue ».