GFCA Volley : au bord de la cessation de paiement, le club interpelle les collectivités

Rédigé le 15/06/2026
Patrice Paquier Lorenzi

Les dirigeants du GFCA Volley ont lancé, ce lundi après-midi, un véritable cri d'alarme sur la situation financière du club. Malgré un budget annoncé à l'équilibre, le club ajaccien, relégué sportivement en Ligue B, affirme être menacé de cessation de paiement dès ce 30 juin 2026, en raison de retards de versement de subventions et de financements publics. La Ville d'Ajaccio et la Collectivité de Corse contestent toutefois en partie cette présentation et apportent leurs explications.

L'heure est grave au GFCA Volley. Réunis autour de leur président Paul Murracciole, les dirigeants du club ajaccien ont dressé ce lundi un constat alarmant de leur situation financière. Selon eux, près de 270 000 euros de financements publics attribués au club n'ont toujours pas été perçus, plaçant la structure dans une situation de trésorerie critique à quelques jours de la clôture de l'exercice comptable. « Malgré une gestion saine permettant un budget final estimé à l'équilibre, le GFCA Volley est en danger vital pour la poursuite de ses activités », a alerté Paul Murracciole.

Le président affirme que le club attend notamment 118 125 euros de la Ville d'Ajaccio dans le cadre de la convention triennale signée en mai 2025. Selon les documents présentés, 39 375 euros correspondant au dernier versement de la subvention 2025 ainsi que 78 750 euros représentant 50 % de la subvention 2026 auraient dû être versés depuis plusieurs mois.

À cela s'ajoutent 150 000 euros liés à un marché de communication conclu avec la Collectivité de Corse pour la saison 2025-2026. Au total, le GFCA estime que 268 125 euros restent à percevoir.
 

Une trésorerie dans le rouge

Les conséquences sont déjà visibles. Le club affiche un découvert bancaire de plus de 91 000 euros, proche de son autorisation maximale fixée à 100 000 euros. Plus inquiétant encore, près de 100 000 euros de dépenses incompressibles – salaires, charges sociales et créanciers – doivent être honorés avant la fin du mois. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, les salaires des joueurs, entraîneurs et salariés ont été versés avec six jours de retard au mois de mai. « Si aucun versement n'intervient d'ici au 30 juin, nous serons en cessation de paiement. Ce ne sera pas de notre fait », a insisté Paul Murracciole, qui affirme avoir alerté les collectivités depuis plusieurs mois. « On ne demande aucune aide exceptionnelle, mais seulement que les collectivités respectent leurs engagements ».

À ses côtés, l'entraîneur Frédéric Ferrandez a évoqué les conséquences sportives d'une telle situation. « Cela donne une mauvaise image du club alors que nous avons toujours tenu nos engagements. On ne peut pas construire une équipe de haut niveau sur des conventions signées qui ne sont pas respectées », a regretté le technicien, inquiet pour la préparation de la prochaine saison en Ligue B.
 

La Ville d'Ajaccio assure maintenir son soutien

Quelques heures après la conférence de presse du GFCA, la Ville d'Ajaccio a réagi par communiqué. La municipalité rappelle avoir versé près de 1,6 million d'euros de subventions de fonctionnement au club au cours des dix dernières années et souligne que son soutien annuel atteint aujourd'hui 157 500 euros.

Concernant les sommes réclamées par le GFCA, la Ville confirme que le solde de la subvention 2025, soit 39 375 euros, sera versé d'ici la fin du mois de juin. Pour la subvention 2026, la municipalité explique que son versement s'inscrira dans le cadre des procédures budgétaires habituelles et tient compte des difficultés de trésorerie actuellement rencontrées par la collectivité.

La Ville reconnaît ainsi des décalages ponctuels dans le règlement de certains paiements, qui concernent également des entreprises, des prestataires ou des associations, mais assure que « cette situation ne traduit en aucun cas une remise en cause de l'engagement de la Ville aux côtés du GFCA Volley ».

Elle rappelle également son soutien indirect au club à travers les conditions d'utilisation du Palatinu, occupé près de 150 jours par an, ainsi que diverses prises en charge liées à l'organisation des rencontres.

Tout en affirmant comprendre les difficultés rencontrées par le club, la municipalité regrette toutefois que la relation de longue date entretenue avec le GFCA soit présentée « sous le seul angle des délais de paiement ».


La Collectivité de Corse évoque des pièces administratives manquantes

Sur les 150 000 euros du marché de communication évoqués par le GFCA, la Collectivité de Corse apporte une explication différente. Selon ses services, la décision d'attribution du marché a été signée le 5 juin dernier. Toutefois, le dossier ne pourrait être finalisé à ce stade en raison de documents manquants du côté du club.

« Le club n'ayant pas fourni l'ensemble de ses pièces sociales et fiscales, un courriel lui a été adressé via la plateforme AWS pour l'aviser de l'attribution du marché et lui demander la remise des pièces manquantes, notamment les attestations relatives à l'emploi de la main-d'œuvre étrangère », explique la Collectivité. La CdC précise que la notification officielle du marché pourra intervenir dès réception de ces documents, étape indispensable avant tout versement.


Un avenir suspendu aux prochains jours

Entre les difficultés de trésorerie reconnues par la Ville d'Ajaccio et la procédure administrative en cours du côté de la Collectivité de Corse, le GFCA Volley se retrouve aujourd'hui dans l'attente. Relégué sportivement en Ligue B mais désireux de rebondir rapidement, le club joue désormais une course contre la montre. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si les versements annoncés permettront au Gazélec de franchir l'échéance du 30 juin et d'éviter une cessation de paiement qui pourrait mettre en péril l'avenir du volley-ball professionnel ajaccien.