À l'occasion de la réception du Capu Rossu, son deuxième navire neuf propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL), Corsica Linea franchit une nouvelle étape dans sa transition environnementale. Cette arrivée intervient dans une année symbolique pour la compagnie maritime qui célèbre ses dix ans d'existence. Entre investissements, innovation et ambition de réduire son empreinte carbone, Pierre-Antoine Villanova, directeur général de la compagnie, revient pour CNI sur les enjeux de cette nouvelle mise en service.
Pascal Trojani, président de Corsica Linea et Pierre-Antoine Villanova, directeur général (Photos : Paule Santoni)
La réception du Capu Rossu constitue un événement important pour Corsica Linea. Que représente-t-il pour la compagnie ?
Quand on regarde les dix dernières années, une étape essentielle a été le lancement de notre démarche de décarbonation et de transition environnementale. Aujourd'hui, nous franchissons un cap important avec ce deuxième navire au GNL. Notre objectif est clair : réduire nos émissions de CO₂ de 40 % d'ici 2030. Le Capu Rossu va contribuer directement à cet objectif. Mais surtout, nous annonçons aujourd'hui une première en France : une liaison maritime entre la Corse et le continent qui utilisera du BioGNL, c'est-à-dire du gaz certifié d'origine renouvelable. Cette solution permet de réduire jusqu'à 90 % les émissions de CO₂ liées au carburant utilisé.
Cette mise en service s'inscrit-elle dans une stratégie globale ou s'agit-il d'une étape isolée ?
Cela s'inscrit pleinement dans un plan global de décarbonation. La transition environnementale est un processus long qui se construit par étapes successives. Aujourd'hui est une étape importante, mais rien ne s'arrête là. Au contraire, nous sommes dans une dynamique continue qui doit nous permettre d'atteindre nos objectifs à l'horizon 2030.
Le GNL est souvent présenté comme une énergie de transition. Partagez-vous cette analyse ?
Oui, c'est une énergie de transition. Mais c'est aussi une solution crédible pour les vingt prochaines années. Nous accélérons aujourd'hui cette transition grâce au BioGNL qui permet d'aller beaucoup plus loin dans la réduction des émissions de carbone. C'est une avancée concrète et immédiatement opérationnelle.
Quels investissements cette transition représente-t-elle pour la compagnie ?
Depuis cinq ans, Corsica Linea a investi près de 500 millions d'euros dans sa transition environnementale. Cela comprend l'acquisition de deux nouveaux navires au GNL, mais également l'ensemble des transformations techniques réalisées sur notre flotte existante.
Peut-on imaginer l'arrivée d'autres navires de ce type dans les années à venir ?
C'est évidemment notre souhait. Nous aimerions pouvoir mettre en service ce type de navire tous les deux ou trois ans. Mais il faut avoir conscience que ce sont des investissements considérables. Nous devons d'abord intégrer cet effort financier avant d'envisager de nouvelles acquisitions. Nous étudions également la possibilité de transformer certains navires de notre flotte actuelle afin qu'ils puissent utiliser ces nouveaux carburants. C'est une piste sérieuse pour accélérer encore notre transition.
Quand on regarde les dix dernières années, une étape essentielle a été le lancement de notre démarche de décarbonation et de transition environnementale. Aujourd'hui, nous franchissons un cap important avec ce deuxième navire au GNL. Notre objectif est clair : réduire nos émissions de CO₂ de 40 % d'ici 2030. Le Capu Rossu va contribuer directement à cet objectif. Mais surtout, nous annonçons aujourd'hui une première en France : une liaison maritime entre la Corse et le continent qui utilisera du BioGNL, c'est-à-dire du gaz certifié d'origine renouvelable. Cette solution permet de réduire jusqu'à 90 % les émissions de CO₂ liées au carburant utilisé.
Cette mise en service s'inscrit-elle dans une stratégie globale ou s'agit-il d'une étape isolée ?
Cela s'inscrit pleinement dans un plan global de décarbonation. La transition environnementale est un processus long qui se construit par étapes successives. Aujourd'hui est une étape importante, mais rien ne s'arrête là. Au contraire, nous sommes dans une dynamique continue qui doit nous permettre d'atteindre nos objectifs à l'horizon 2030.
Le GNL est souvent présenté comme une énergie de transition. Partagez-vous cette analyse ?
Oui, c'est une énergie de transition. Mais c'est aussi une solution crédible pour les vingt prochaines années. Nous accélérons aujourd'hui cette transition grâce au BioGNL qui permet d'aller beaucoup plus loin dans la réduction des émissions de carbone. C'est une avancée concrète et immédiatement opérationnelle.
Quels investissements cette transition représente-t-elle pour la compagnie ?
Depuis cinq ans, Corsica Linea a investi près de 500 millions d'euros dans sa transition environnementale. Cela comprend l'acquisition de deux nouveaux navires au GNL, mais également l'ensemble des transformations techniques réalisées sur notre flotte existante.
Peut-on imaginer l'arrivée d'autres navires de ce type dans les années à venir ?
C'est évidemment notre souhait. Nous aimerions pouvoir mettre en service ce type de navire tous les deux ou trois ans. Mais il faut avoir conscience que ce sont des investissements considérables. Nous devons d'abord intégrer cet effort financier avant d'envisager de nouvelles acquisitions. Nous étudions également la possibilité de transformer certains navires de notre flotte actuelle afin qu'ils puissent utiliser ces nouveaux carburants. C'est une piste sérieuse pour accélérer encore notre transition.
Vous évoquez également la création d'un corridor vert entre la Corse et le continent. Où en est ce projet ?
Avec cette liaison Bastia-Marseille alimentée au BioGNL, nous franchissons déjà une étape importante. Notre ambition est désormais d'embarquer l'ensemble des acteurs de la chaîne logistique dans cette démarche afin de décarboner toujours davantage cette ligne maritime. La transition écologique ne dépend pas uniquement du navire ou de son armateur. Elle nécessite l'engagement de tous les partenaires qui interviennent dans le transport maritime.
Les exigences environnementales européennes se renforcent. Comment les abordez-vous ?
Notre objectif est de réduire les émissions de CO₂ de manière durable. Cela passe bien sûr par l'évolution des navires, mais aussi par une réflexion plus large sur les flux de marchandises. À terme, nous aimerions transporter moins de fret sur certaines catégories de produits si la Corse parvient à développer davantage sa production locale, notamment dans le domaine agroalimentaire. Plus l'île produira ce qu'elle consomme, moins il sera nécessaire de transporter certaines marchandises et plus les émissions pourront diminuer. Tous ces sujets sont liés.
Dix ans après sa création, quel regard portez-vous sur le parcours de Corsica Linea ?
C'est avant tout beaucoup d'émotion. Lorsque l'entreprise a été créée, nombreux étaient ceux qui nous donnaient quelques mois d'existence seulement. Dix ans plus tard, nous sommes toujours là et nous avons accompli des choses que nous n'aurions jamais imaginées. Aujourd'hui, nous sommes le deuxième employeur de marins français, nous avons créé 450 emplois de marins, nous sommes très engagés dans la transition environnementale et nous figurons parmi les compagnies maritimes européennes les mieux notées en matière de satisfaction client. L'entreprise a connu une progression remarquable. Ce que beaucoup ignorent également, c'est que près de la moitié de notre activité est aujourd'hui réalisée sur les lignes reliant la France et l'Afrique du Nord.
Dans ce contexte, quels sont les principaux défis qui attendent encore la compagnie ?
Nous faisons face à une concurrence très forte sur l'ensemble de la Méditerranée occidentale, notamment de la part des compagnies opérant sous pavillon italien. Cette situation existe sur les lignes corses mais aussi désormais sur les lignes vers l'Afrique du Nord. Nous continuons à défendre notre modèle et le pavillon français. Cela passe notamment par une meilleure régulation du transport maritime, qui nous paraît indispensable si l'on souhaite préserver à long terme un secteur maritime français compétitif et créateur d'emplois.
Avec cette liaison Bastia-Marseille alimentée au BioGNL, nous franchissons déjà une étape importante. Notre ambition est désormais d'embarquer l'ensemble des acteurs de la chaîne logistique dans cette démarche afin de décarboner toujours davantage cette ligne maritime. La transition écologique ne dépend pas uniquement du navire ou de son armateur. Elle nécessite l'engagement de tous les partenaires qui interviennent dans le transport maritime.
Les exigences environnementales européennes se renforcent. Comment les abordez-vous ?
Notre objectif est de réduire les émissions de CO₂ de manière durable. Cela passe bien sûr par l'évolution des navires, mais aussi par une réflexion plus large sur les flux de marchandises. À terme, nous aimerions transporter moins de fret sur certaines catégories de produits si la Corse parvient à développer davantage sa production locale, notamment dans le domaine agroalimentaire. Plus l'île produira ce qu'elle consomme, moins il sera nécessaire de transporter certaines marchandises et plus les émissions pourront diminuer. Tous ces sujets sont liés.
Dix ans après sa création, quel regard portez-vous sur le parcours de Corsica Linea ?
C'est avant tout beaucoup d'émotion. Lorsque l'entreprise a été créée, nombreux étaient ceux qui nous donnaient quelques mois d'existence seulement. Dix ans plus tard, nous sommes toujours là et nous avons accompli des choses que nous n'aurions jamais imaginées. Aujourd'hui, nous sommes le deuxième employeur de marins français, nous avons créé 450 emplois de marins, nous sommes très engagés dans la transition environnementale et nous figurons parmi les compagnies maritimes européennes les mieux notées en matière de satisfaction client. L'entreprise a connu une progression remarquable. Ce que beaucoup ignorent également, c'est que près de la moitié de notre activité est aujourd'hui réalisée sur les lignes reliant la France et l'Afrique du Nord.
Dans ce contexte, quels sont les principaux défis qui attendent encore la compagnie ?
Nous faisons face à une concurrence très forte sur l'ensemble de la Méditerranée occidentale, notamment de la part des compagnies opérant sous pavillon italien. Cette situation existe sur les lignes corses mais aussi désormais sur les lignes vers l'Afrique du Nord. Nous continuons à défendre notre modèle et le pavillon français. Cela passe notamment par une meilleure régulation du transport maritime, qui nous paraît indispensable si l'on souhaite préserver à long terme un secteur maritime français compétitif et créateur d'emplois.