Plus de deux heures de discussions n'auront pas permis de débloquer le principal point de crispation entre l'État et Scola Corsa. Réunis ce vendredi en préfecture d'Ajaccio, les représentants du réseau immersif, de l'État et de la Collectivité de Corse ont enregistré des avancées sur la sécurisation juridique du financement de l'association. En revanche, la question des cinq postes supplémentaires réclamés par Scola Corsa reste entière. À la veille d'une importante manifestation de soutien organisée à Bastia, le président du réseau, Ghjaseppu Turchini, dénonce une nouvelle temporisation de l'État.
Après les réunions des 7 et 13 mai, une nouvelle rencontre s'est tenue ce vendredi en préfecture d'Ajaccio autour de l'avenir de Scola Corsa. Pendant plus de deux heures, les représentants de l'association, les services de l'État, le rectorat et la Collectivité de Corse ont poursuivi leurs échanges afin de trouver une issue au conflit qui oppose depuis plusieurs semaines le réseau immersif à l'administration.
À l'issue de la réunion, Ghjaseppu Turchini a reconnu une évolution positive sur un point majeur : la sécurisation juridique des financements de l'association. Selon le président de Scola Corsa, « les services préfectoraux et rectoraux ont validé une grande partie des propositions formulées par l'association concernant la répartition des financements de la subvention accordée par la Collectivité de Corse, actuellement contestée devant le tribunal administratif ».
Vers un retrait du recours préfectoral ?
L'objectif de ce travail technique consiste à démontrer qu'une part importante de cette aide ne finance pas directement les salaires des enseignants mais des actions de soutien et de promotion de la langue corse, relevant des compétences de la Collectivité. « Cela va plutôt dans le bon sens », reconnaît le président de Scola Corsa, tout en soulignant que cette analyse doit encore être validée par les ministères concernés, notamment celui de l'Éducation nationale.
Cette évolution pourrait avoir des conséquences importantes sur le recours déposé par le préfet de Corse contre la subvention de 1,3 million d'euros accordée à l'association. Pour Ghjaseppu Turchini, le travail réalisé ouvre désormais la possibilité d'une reconsidération du dossier par l'État et pourrait même conduire au retrait du référé engagé devant le tribunal administratif. Une hypothèse qui aurait été évoquée au cours des échanges par le préfet lui-même. Pour autant, aucune décision définitive n'a encore été prise. « Tout reste suspendu à une validation de Paris », résume le président de Scola Corsa, qui déplore l'absence de garanties écrites et de calendrier précis.
Le blocage persiste sur les cinq postes manquants
Mais comme lors des deux précédentes réunions, la principale pierre d'achoppement demeure la contractualisation des postes d'enseignants. Aujourd'hui, six postes ont été confirmés par l'État. Une décision déjà annoncée ces dernières semaines mais qui ne répond toujours pas à la revendication centrale de Scola Corsa : la contractualisation des onze postes réclamés pour sécuriser durablement le fonctionnement du réseau.
Pour Ghjaseppu Turchini, le problème est simple : sans ces cinq postes supplémentaires, les difficultés seront simplement reportées d'une année. « Si nous restons à ce niveau de contractualisation, les besoins non couverts cette année viendront s'ajouter aux nouveaux besoins de l'année suivante. Nous nous retrouverons exactement dans la même situation », explique-t-il. Le dirigeant estime que seule une contractualisation généralisée des enseignants permettrait de placer Scola Corsa dans la même situation que les autres réseaux immersifs de France, qui bénéficient depuis plusieurs décennies d'un modèle stabilisé et juridiquement sécurisé.
Face à l'absence d'engagement supplémentaire sur les postes, le président du réseau n'a pas caché sa déception. S'il reconnaît les avancées techniques obtenues sur le financement, il estime que les discussions peinent à déboucher sur des décisions concrètes. « Nous avons exprimé le sentiment qu'il y avait une forme de temporisation », indique-t-il, tout en précisant que les services de l'État invoquent les délais administratifs et juridiques nécessaires à l'examen du dossier. Scola Corsa demande désormais qu'une nouvelle réunion soit organisée dès la semaine prochaine. Le calendrier devient en effet particulièrement serré. L'association doit rapidement reformuler sa demande de subvention auprès de la Collectivité de Corse afin qu'elle puisse être examinée lors des prochaines sessions de l'Assemblée de Corse. Or la dernière session utile avant la rentrée scolaire pourrait intervenir dès la fin juillet.
Les parlementaires corses interpellent le Premier ministre
Cette nouvelle réunion intervient dans un contexte de mobilisation politique inédit. Mardi dernier, les six parlementaires corses — les députés Michel Castellani, François-Xavier Ceccoli, Paul-André Colombani et Laurent Marcangeli, ainsi que les sénateurs Jean-Jacques Panunzi et Paul-Toussaint Parigi — ont adressé un courrier commun au Premier ministre. Dans cette lettre, ils demandent à l'État de respecter les engagements pris concernant la contractualisation généralisée du réseau à hauteur de onze postes.
Pour les élus, cette mesure constitue « la seule capable de sécuriser définitivement la structure et d'aller vers une solution apaisée au recours préfectoral ». Ils rappellent également que « la moitié du chemin a été parcourue » avec les six postes accordés, mais estiment indispensable d'aller au bout du processus afin de placer Scola Corsa dans les mêmes conditions que les autres réseaux immersifs existant dans plusieurs régions françaises.
Une forte mobilisation attendue samedi à Bastia
À cette mobilisation institutionnelle s'ajoute une mobilisation populaire qui ne faiblit pas. Selon Ghjaseppu Turchini, plus de 180 communes corses ont adopté une motion de soutien à Scola Corsa, représentant près de 75 % de la population de l'île. Plus de 500 entreprises ont également affiché leur soutien, tandis qu'un manifeste en faveur du réseau a déjà recueilli près de 10 000 signatures.
Dans ce contexte, une importante manifestation est annoncée ce samedi à Bastia. Les organisateurs espèrent transformer cette démonstration de force en message adressé directement à Paris, alors que les discussions se poursuivent. « Il existe aujourd'hui un véritable élan sociétal autour de Scola Corsa et il faut que cela soit pris en compte », insiste Ghjaseppu Turchini. À la veille de ce nouveau rendez-vous dans la rue, l'association maintient donc la pression. Si le dialogue avec l'État se poursuit, l'essentiel reste encore à obtenir : les cinq postes qui, selon elle, conditionnent la pérennité même du réseau immersif corse.
Vers un retrait du recours préfectoral ?
L'objectif de ce travail technique consiste à démontrer qu'une part importante de cette aide ne finance pas directement les salaires des enseignants mais des actions de soutien et de promotion de la langue corse, relevant des compétences de la Collectivité. « Cela va plutôt dans le bon sens », reconnaît le président de Scola Corsa, tout en soulignant que cette analyse doit encore être validée par les ministères concernés, notamment celui de l'Éducation nationale.
Cette évolution pourrait avoir des conséquences importantes sur le recours déposé par le préfet de Corse contre la subvention de 1,3 million d'euros accordée à l'association. Pour Ghjaseppu Turchini, le travail réalisé ouvre désormais la possibilité d'une reconsidération du dossier par l'État et pourrait même conduire au retrait du référé engagé devant le tribunal administratif. Une hypothèse qui aurait été évoquée au cours des échanges par le préfet lui-même. Pour autant, aucune décision définitive n'a encore été prise. « Tout reste suspendu à une validation de Paris », résume le président de Scola Corsa, qui déplore l'absence de garanties écrites et de calendrier précis.
Le blocage persiste sur les cinq postes manquants
Mais comme lors des deux précédentes réunions, la principale pierre d'achoppement demeure la contractualisation des postes d'enseignants. Aujourd'hui, six postes ont été confirmés par l'État. Une décision déjà annoncée ces dernières semaines mais qui ne répond toujours pas à la revendication centrale de Scola Corsa : la contractualisation des onze postes réclamés pour sécuriser durablement le fonctionnement du réseau.
Pour Ghjaseppu Turchini, le problème est simple : sans ces cinq postes supplémentaires, les difficultés seront simplement reportées d'une année. « Si nous restons à ce niveau de contractualisation, les besoins non couverts cette année viendront s'ajouter aux nouveaux besoins de l'année suivante. Nous nous retrouverons exactement dans la même situation », explique-t-il. Le dirigeant estime que seule une contractualisation généralisée des enseignants permettrait de placer Scola Corsa dans la même situation que les autres réseaux immersifs de France, qui bénéficient depuis plusieurs décennies d'un modèle stabilisé et juridiquement sécurisé.
Face à l'absence d'engagement supplémentaire sur les postes, le président du réseau n'a pas caché sa déception. S'il reconnaît les avancées techniques obtenues sur le financement, il estime que les discussions peinent à déboucher sur des décisions concrètes. « Nous avons exprimé le sentiment qu'il y avait une forme de temporisation », indique-t-il, tout en précisant que les services de l'État invoquent les délais administratifs et juridiques nécessaires à l'examen du dossier. Scola Corsa demande désormais qu'une nouvelle réunion soit organisée dès la semaine prochaine. Le calendrier devient en effet particulièrement serré. L'association doit rapidement reformuler sa demande de subvention auprès de la Collectivité de Corse afin qu'elle puisse être examinée lors des prochaines sessions de l'Assemblée de Corse. Or la dernière session utile avant la rentrée scolaire pourrait intervenir dès la fin juillet.
Les parlementaires corses interpellent le Premier ministre
Cette nouvelle réunion intervient dans un contexte de mobilisation politique inédit. Mardi dernier, les six parlementaires corses — les députés Michel Castellani, François-Xavier Ceccoli, Paul-André Colombani et Laurent Marcangeli, ainsi que les sénateurs Jean-Jacques Panunzi et Paul-Toussaint Parigi — ont adressé un courrier commun au Premier ministre. Dans cette lettre, ils demandent à l'État de respecter les engagements pris concernant la contractualisation généralisée du réseau à hauteur de onze postes.
Pour les élus, cette mesure constitue « la seule capable de sécuriser définitivement la structure et d'aller vers une solution apaisée au recours préfectoral ». Ils rappellent également que « la moitié du chemin a été parcourue » avec les six postes accordés, mais estiment indispensable d'aller au bout du processus afin de placer Scola Corsa dans les mêmes conditions que les autres réseaux immersifs existant dans plusieurs régions françaises.
Une forte mobilisation attendue samedi à Bastia
À cette mobilisation institutionnelle s'ajoute une mobilisation populaire qui ne faiblit pas. Selon Ghjaseppu Turchini, plus de 180 communes corses ont adopté une motion de soutien à Scola Corsa, représentant près de 75 % de la population de l'île. Plus de 500 entreprises ont également affiché leur soutien, tandis qu'un manifeste en faveur du réseau a déjà recueilli près de 10 000 signatures.
Dans ce contexte, une importante manifestation est annoncée ce samedi à Bastia. Les organisateurs espèrent transformer cette démonstration de force en message adressé directement à Paris, alors que les discussions se poursuivent. « Il existe aujourd'hui un véritable élan sociétal autour de Scola Corsa et il faut que cela soit pris en compte », insiste Ghjaseppu Turchini. À la veille de ce nouveau rendez-vous dans la rue, l'association maintient donc la pression. Si le dialogue avec l'État se poursuit, l'essentiel reste encore à obtenir : les cinq postes qui, selon elle, conditionnent la pérennité même du réseau immersif corse.