Dans un contexte marqué par une série de sinistres volontaires visant entreprises et établissements à l’approche de la saison estivale, les inquiétudes se ravivent autour des pressions qui pèsent sur le tissu économique insulaire. Ce vendredi, lors de la séance de questions orales de l’Assemblée de Corse, le conseiller territorial d’Avanzemu Saveriu Luciani a tiré la sonnette d’alarme sur une situation qu’il juge de plus en plus préoccupante, appelant à des dispositifs de soutien renforcés pour les victimes. En réponse, le président de l’Exécutif Gilles Giovannangeli a exhorté l’État à honorer les engagements annoncés et à accélérer la mise en œuvre de moyens concrets face à la criminalité organisée.
« La recrudescence des incendies criminels a pris ces dernières semaines une ampleur insoupçonnée. Plusieurs établissements ont de nouveau été ciblés à l’orée de la saison estivale, dans une Corse qui, bien malheureusement, s’habitue à subir des destructions d’entreprises ». Ce vendredi, à l’occasion de la séance de questions orales de l’Assemblée de Corse, de Saveriu Luciani pour Avanzemu a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur la situation mortifère dans laquelle s’enfonce l’île.
Rappelant que si des initiatives citoyennes sont prises autour des Collectifs qui dénoncent les dérives mafieuses et « participent activement à une réaction salutaire et à la mobilisation de notre société », il a également pointé le travail de fond entrepris par l’Assemblée de Corse depuis la commission violence de Dominique Bucchini, jusqu’à la session de février 2025 dédiée aux dérives mafieuses. « Pour autant, force est de constater qu’en dépit de ces innombrables gestes, le phénomène perdure, anéantissant régulièrement jusqu’au plus petit commerce de cette île », a-t-il repris en appuyant : « L’emprise mafieuse, qui ne peut se résumer à ces seuls incendies, a rarement été aussi pesante. La liberté d’entreprendre est ainsi « mise sous tutelle », sans réelle perspective d’amélioration du climat. Dans un pays qui bat tous les records, du coût de la vie à la précarité, des addictions de toutes sortes à la spéculation, personne n’est à l’abri du feu, des pressions, du chantage ou des menaces ». De facto, il a entendu interroger l’Exécutif sur les solutions qui existent à court terme pour soutenir les différents entrepreneurs ou citoyens victimes de ces actes. « N’est-il pas temps d’envisager un fonds dédié ou une mesure particulière ? Comment pouvons-nous prolonger, dès maintenant, les initiatives dédiées à la construction d’une société de droit et d’apaisement ? », a-t-il insisté.
« L'État doit assumer ses responsabilités et respecter ses engagements »
En réponse, le nouveau président de l’Exécutif, Gilles Giovannangeli, a tout d’abord souhaité « dénoncer avec force les incendies, les destructions, les pressions et les menaces qui frappent les entreprises, les commerces, les exploitants agricoles, les établissements touristiques ». « C'est s'attaquer à la liberté d'entreprendre, bien sûr, mais c'est au-delà s'attaquer à des emplois, à des salariés, à des territoires, et enfin c'est s'attaquer tout simplement à une partie de notre économie », a-t-il argué en martelant : « Nous le disons régulièrement avec force, autonomie ou non, l'État doit assumer ses responsabilités et respecter ses engagements en la matière, parce qu'on est sur un sujet qui relève de ses prérogatives ». Et de rappeler qu’en février 2025, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait promis devant l’Assemblée de Corse la création d’un pôle spécialisé contre la criminalité organisée à Bastia, mais également un renforcement des moyens judiciaires, avec l’arrivée de 53 magistrats, de greffiers et d'attachés de justice spécialisée. Des annonces qui avaient été présentées « comme un renforcement sans précédent des moyens de l'État contre le crime organisé en Corse avec un calendrier fixé à 2027 ». « Or disons-le clairement aujourd'hui, ces engagements ne sont pas tenus. Ils ne se traduisent ni par une mobilisation effective des moyens annoncés, ni par des résultats suffisamment visibles pour les Corses et pour les entreprises qui sont frappées », a grincé le président de l’Exécutif en enjoignant l'État à tenir ses promesses.
« La Corse ne doit pas détourner les yeux »
Par ailleurs, il a entendu souligner que depuis octobre dernier, une commission contre les pratiques mafieuses, « cadre institutionnel inédit et unique », a été mis en place par l’Assemblée de Corse « afin d'inscrire cette lutte dans la durée ». « Cette commission n'est pas un symbole, c'est un choix politique, un acte politique à portée démocratique, économique et éducative », a-t-il déroulé.
Enfin, pour répondre à la question du conseiller territorial d’Avanzemu il a indiqué que pour aider les entreprises touchées par des incendies et autres actes criminels, la Collectivité de Corse va se donner « les moyens d'agir encore de manière plus importante », en concertation avec l’État - « dans ses fonctions judiciaires, juridiques et de protection » -, avec l'établissement public de commerce de Corse - « dans l'accompagnement de proximité, et l'évaluation des besoins » -, et l'ADEC - « dans les questions économiques et de soutien financier » -. « À ce titre, je présenterai dès le mois de juillet un nouveau dispositif qui précisera et qui amplifiera le cadre d'intervention. L'enjeu est simple : ne pas laisser les entreprises victimes toutes seules face aux difficultés, face aux banques, face aux assurances, face aux démarches administratives ou bien sûr face aux besoins de trésorerie. Notre objectif c’est d'organiser une réponse rapide, lisible et opérationnelle », a-t-il annoncé avant de conclure : « La Corse ne doit pas détourner les yeux. Elle ne peut pas s'habituer à la peur. Elle ne doit pas accepter que l'économie réelle soit placée sous pression ou sous tutelle des bandes mafieuses. Chaque femme, chaque homme, chaque entreprise qui travaille, investit, crée de l'emploi et refuse de céder à la pression, doit savoir une chose : la Collectivité de Corse sera à ses côtés ».
Rappelant que si des initiatives citoyennes sont prises autour des Collectifs qui dénoncent les dérives mafieuses et « participent activement à une réaction salutaire et à la mobilisation de notre société », il a également pointé le travail de fond entrepris par l’Assemblée de Corse depuis la commission violence de Dominique Bucchini, jusqu’à la session de février 2025 dédiée aux dérives mafieuses. « Pour autant, force est de constater qu’en dépit de ces innombrables gestes, le phénomène perdure, anéantissant régulièrement jusqu’au plus petit commerce de cette île », a-t-il repris en appuyant : « L’emprise mafieuse, qui ne peut se résumer à ces seuls incendies, a rarement été aussi pesante. La liberté d’entreprendre est ainsi « mise sous tutelle », sans réelle perspective d’amélioration du climat. Dans un pays qui bat tous les records, du coût de la vie à la précarité, des addictions de toutes sortes à la spéculation, personne n’est à l’abri du feu, des pressions, du chantage ou des menaces ». De facto, il a entendu interroger l’Exécutif sur les solutions qui existent à court terme pour soutenir les différents entrepreneurs ou citoyens victimes de ces actes. « N’est-il pas temps d’envisager un fonds dédié ou une mesure particulière ? Comment pouvons-nous prolonger, dès maintenant, les initiatives dédiées à la construction d’une société de droit et d’apaisement ? », a-t-il insisté.
« L'État doit assumer ses responsabilités et respecter ses engagements »
En réponse, le nouveau président de l’Exécutif, Gilles Giovannangeli, a tout d’abord souhaité « dénoncer avec force les incendies, les destructions, les pressions et les menaces qui frappent les entreprises, les commerces, les exploitants agricoles, les établissements touristiques ». « C'est s'attaquer à la liberté d'entreprendre, bien sûr, mais c'est au-delà s'attaquer à des emplois, à des salariés, à des territoires, et enfin c'est s'attaquer tout simplement à une partie de notre économie », a-t-il argué en martelant : « Nous le disons régulièrement avec force, autonomie ou non, l'État doit assumer ses responsabilités et respecter ses engagements en la matière, parce qu'on est sur un sujet qui relève de ses prérogatives ». Et de rappeler qu’en février 2025, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait promis devant l’Assemblée de Corse la création d’un pôle spécialisé contre la criminalité organisée à Bastia, mais également un renforcement des moyens judiciaires, avec l’arrivée de 53 magistrats, de greffiers et d'attachés de justice spécialisée. Des annonces qui avaient été présentées « comme un renforcement sans précédent des moyens de l'État contre le crime organisé en Corse avec un calendrier fixé à 2027 ». « Or disons-le clairement aujourd'hui, ces engagements ne sont pas tenus. Ils ne se traduisent ni par une mobilisation effective des moyens annoncés, ni par des résultats suffisamment visibles pour les Corses et pour les entreprises qui sont frappées », a grincé le président de l’Exécutif en enjoignant l'État à tenir ses promesses.
« La Corse ne doit pas détourner les yeux »
Par ailleurs, il a entendu souligner que depuis octobre dernier, une commission contre les pratiques mafieuses, « cadre institutionnel inédit et unique », a été mis en place par l’Assemblée de Corse « afin d'inscrire cette lutte dans la durée ». « Cette commission n'est pas un symbole, c'est un choix politique, un acte politique à portée démocratique, économique et éducative », a-t-il déroulé.
Enfin, pour répondre à la question du conseiller territorial d’Avanzemu il a indiqué que pour aider les entreprises touchées par des incendies et autres actes criminels, la Collectivité de Corse va se donner « les moyens d'agir encore de manière plus importante », en concertation avec l’État - « dans ses fonctions judiciaires, juridiques et de protection » -, avec l'établissement public de commerce de Corse - « dans l'accompagnement de proximité, et l'évaluation des besoins » -, et l'ADEC - « dans les questions économiques et de soutien financier » -. « À ce titre, je présenterai dès le mois de juillet un nouveau dispositif qui précisera et qui amplifiera le cadre d'intervention. L'enjeu est simple : ne pas laisser les entreprises victimes toutes seules face aux difficultés, face aux banques, face aux assurances, face aux démarches administratives ou bien sûr face aux besoins de trésorerie. Notre objectif c’est d'organiser une réponse rapide, lisible et opérationnelle », a-t-il annoncé avant de conclure : « La Corse ne doit pas détourner les yeux. Elle ne peut pas s'habituer à la peur. Elle ne doit pas accepter que l'économie réelle soit placée sous pression ou sous tutelle des bandes mafieuses. Chaque femme, chaque homme, chaque entreprise qui travaille, investit, crée de l'emploi et refuse de céder à la pression, doit savoir une chose : la Collectivité de Corse sera à ses côtés ».