Pietracorbara honore San Pancraziu

Rédigé le 18/05/2026
Philippe Jammes

Ce dimanche 17 mai, Lapedina, à Pietracorbara, a fêté San Pancraziu, un de ses deux saints du petit hameau avec Saint Guillaume. Une célébration organisée par l’association « Chapelles de Pietracorbara ».

La procession


Dans cette belle commune du Cap Corse, huit chapelles s’étagent de la Marine à Lapedina, dernier hameau niché à 380 m d’altitude. Pour renouer avec les traditions, perpétuer les célébrations et entretenir ces chapelles, une association est née voilà plusieurs années : Les chapelles de Pietracorbara.
« Nous avons comme objectif de participer à la restauration et l'animation du patrimoine religieux de la commune et nous nous employons à fêter tous les Saints tout au long de l’année » explique Sylvia Burroni, une de ses chevilles ouvrières.
La chapelle San Pancraziu se trouve sur le « sentier des lumières » et il faut grimper dans les ruelles du hameau pour l’atteindre. Certains fidèles y perdent même leur souffle. Mais la bâtisse religieuse en vaut la peine.
Très ancienne elle a été restaurée une première fois lors de la réinstallation des religieux sur l'île au XIXe siècle, puis de nouveau vers les années 1930 et enfin en 1990 après un incendie. Elle est un lieu de culte très ancien dédié à un jeune martyr de l'Église primitive : San Pancrace.
En Corse il est perçu comme le patron des bergers et des bandits.


Dans son homélie, le Père Benoît, en charge du Sanctuaire de Lavasina, retraça avec passion la vie du saint, tenant en haleine les fidèles amassés dans la chapelle. « Né en 290, d'une famille noble de Phrygie, il se retrouve vite orphelin. Confié à son oncle, il est converti au christianisme à Rome par le pape Caïus. Dénoncé comme chrétien pour ne pas avoir voulu effectuer un sacrifice pour le compte de l'empereur Dioclétien, celui-ci le fera décapiter en 304 à l’âge de 14 ans ».
Incarnant l'innocence et la pureté de l'enfant, Saint Pancrace est célébré partout dans le monde et est bien présent sur notre île. Jadis, les croyants du Cap se rendaient en pèlerinage à Lapedina car un « miracle » s’y serait déroulé, selon les écrits de l’abbé Lhostis.


Au fond de la chapelle, derrière l’autel, une béquille est accrochée au mur. Elle appartiendrait au maître ébéniste Giovanni, un artisan du XIXe siècle. Paralysé des jambes et alors qu’il supervisait la pause d’une niche en bois monumentale dans la chapelle Saint-Pancrace, les ouvriers sans doute pressés de partir manger l’oublièrent à l’intérieur. Se voyant abandonné, il voulut prendre ses béquilles pour tenter d’atteindre la porte mais soudain se dressa sur ses jambes et marcha. Une des béquilles laissées dans la chapelle a brûlé au cours de l’incendie de 1990 qui a détruit l’intérieur de la sacristie. L’autre béquille sauvée des flammes a été accrochée au fond de l’église (voir sur la photo).


Ce dimanche, à 16 heures, la chapelle s’est avérée bien trop petite pour abriter tous les paroissiens venus assister à la messe du Père Benoît, une messe superbement chantée par la chorale « Core di Sisco » dirigée par l’accordéoniste siscais Armand Paoli, Après une petite procession du Saint autour de la chapelle, un sympathique buffet a réuni tout le monde à l’extérieur.
 
 

l'autel de la chapelle avec au fond la béquille !


La messe a été célébrée par le père Benoît