Bastia : la CAB dresse ses ambitions pour le handisport

Rédigé le 07/05/2026
Christophe Giudicelli

La Communauté d’agglomération de Bastia a lancé, ce jeudi 7 mai, les bases de sa politique en faveur du handisport, à l’occasion d’une initiation au basket fauteuil sur le parquet du cosec Pepito-Ferretti. Entre investissements, structuration et communication la CAB veut faire émerger une véritable dynamique sur le territoire.

Bastia : la CAB dresse ses ambitions pour le handisport

Une initiation au basket fauteuil sur le parquet du Cosec Pepito-Ferretti. La Communauté d’Agglomération de Bastia souhaiterait aller plus loin : des entraînements, des matchs, un championnat et, pourquoi pas, un Bastiais ou une Bastiaise para-athlète de haut niveau ? Ce jeudi 7 mai, la CAB a posé les premiers jalons de sa politique sportive pour la nouvelle mandature : valoriser les 15 millions d’euros investis pour la rénovation des infrastructures, créer un territoire de compétition international et promouvoir le handisport.

Sur le parquet, ballon orange en main, Maryline Taddei, polyhandicapée, tente des paniers : « Avant mon accident, j’étais très sportive, je faisais du judo, du footing. Le fait d’avoir accès au sport, en plus en mixité avec des personnes valides, ça nous redonne une place dans la société et une estime de nous. On se dit qu’on n’est pas fichu, qu’on n’est pas mis à l’écart et qu’on est des êtres humains comme les autres. »

Communiquer et valoriser le handisport

Amener les personnes en situation de handicap vers le sport, c’est l’ambition de Carulina Colombani, vice-présidente en charge du sport à la Communauté d’agglomération. 400 000 euros ont été investis pour rendre les équipements accessibles, auxquels s’ajoute l’achat de fauteuils multisports d’ici la rentrée. Pour l’élue communautaire, il faut faciliter l’accès à la pratique sportive : « On a identifié un manque d’organisation, même s’il existe déjà beaucoup d’associations. Au niveau de la CAB, on va essayer d’être le moteur d’une véritable politique inclusive par le sport. Les associations comme l’APF (Association des Paralysés de France) ont déjà détecté un public. », tout en étant plus actif dans la communication.

Installé en Corse depuis longtemps, Sébastien Mesnil, ancien manager de l’équipe de France féminine de basket et à la tête de Corsica Sensi Handicap, a pris la tête de la séance de basket fauteuil et va dans le sens de la CAB : « Aujourd’hui, on peut faire du basket, du tennis, du handibike, du ping-pong, du rugby », mais « tout le monde fait de chaque côté son travail ». Il plaide pour la création d’une ligue corse handisport afin de mieux structurer la discipline.
Une position également partagée par Michel Morrachini, chargé de développement des actions associatives et sportives pour l’Association des Paralysés de France (APF) en Corse : « On est l’une des seules régions où l’on ne dispose pas de comité handisport ayant un rôle fédérateur. » Plusieurs facteurs expliquent cela selon lui : la démographie, la difficulté à obtenir du matériel, l’accessibilité aux équipements et le manque de communication. Des freins que la Communauté d’agglomération de Bastia souhaite lever avec sa politique sportive.

Lever les freins à la pratique 
Le gros du chantier reste à venir pour l’ensemble des partenaires, et le basket est l’une des meilleures portes d’entrée, indique Sébastien Mesnil : « On peut le pratiquer en mixte avec des personnes qui sont ou non en situation de handicap. » Une pratique jugée ludique par les participants. Un bon point pour l’APF, qui a rappelé la difficulté à attirer ce type de public vers le sport : « Il faut faire comprendre aux personnes que c’est possible, même si c’est une activité adaptée. La plupart du temps, elles prennent du plaisir malgré le handicap. Il faut les rassurer. »

Pour Youssef Elouar, le président du Furiani Basket Club : « C’est une très belle initiative. On compte aller vers la création d’une équipe. Mais pour cela, on devra associer plusieurs clubs pour en constituer une. En organisant des journées comme celle-ci, on peut attirer des joueurs, ou encore proposer des démonstrations lors de tournois. »
Pour son homologue Benjamin Fecsh, président de l’EFOB : « On est preneur de ça, ça fait connaître les deux sports », rappelant que pour que cela prenne, il faut une véritable émulation, avec un championnat, des compétitions et des créneaux d’entraînement, tout en soulignant : « Nous en sommes au départ. »
Enfin, pour Maxime Ancien, tennisman en fauteuil bien connu en Corse, qui pour l’occasion a quitté son court de tennis pour le parquet de basket, la promotion du handisport passe par la continuité : « Il faut garder la dynamique, et c’est ça qui est compliqué. » Mais chez les participants, l’envie d’avoir une activité sportive est bien présente !