Ajaccio -12 ans de prison pour "blanchiment"

Rédigé le 05/05/2026
La rédaction avec AFP

Décrit comme un pilier du gang corse du Petit Bar, Mickaël Ettori, 53 ans, a été condamné mardi à douze ans de prison pour d’importantes opérations de blanchiment international au profit de cette bande criminelle accusée de "brasser des millions".

En prononçant également une amende d'1,5 million d’euros, le tribunal correctionnel de Marseille a confirmé intégralement sa décision du 28 mai 2025 au terme de laquelle M. Ettori, considéré comme le financier de cette équipe, avait été condamné en son absence.
Les gendarmes avaient mis fin, le 13 décembre 2025 à cinq ans de cavale et le fugitif avait fait opposition à sa condamnation prononcée par défaut.
Au terme de trois jours d’audience, du 28 au 30 avril, Mickaël Ettori "n’a pas convaincu le tribunal" de ce que son train de vie fastueux, entre 2018 et 2021, était justifié par une activité occulte dans le négoce des montres de luxe et non pas par le trésor de guerre du Petit Bar, a indiqué sa présidente Patricia Krummenacker.
Selon le parquet de Marseille qui avait requis "entre douze et quatorze ans" de prison, Mickaël Ettori était "le pont entre le monde de la criminalité organisée et le monde de la finance en col blanc", au service d’une "association mafieuse impliquée depuis des décennies dans des trafics internationaux de stupéfiants, des extorsions de commerce" et qui a mis "une chape de plomb sur la Corse-du-Sud".
"Ils captent des activités économiques pour faire de l'argent et ont brassé des millions", avaient détaillé les deux procureurs Isabelle Candau et Mathieu Bertola.
Aux yeux de l'accusation, Mickaël Ettori occupe un rôle de premier plan dans "un trio de décideurs" aux côtés de Pascal Porri et de Jacques Santoni, puissant patron du Petit Bar.
Mickaël Ettori a accueilli le jugement depuis une salle de visioconférence du centre pénitentiaire d’Aix-en-Provence.
Confronté aux propos des membres du Petit Bar captés lors de sonorisations de leurs appartements parisiens, d’écoutes téléphoniques et mis face aux déclarations de certains condamnés qui ont reconnu des opérations bancaires et des remises d’espèces, le tribunal observe que "les explications ou tentatives d’explications" de Mickaël Ettori sont "incohérentes".
Il s'agissait bien, selon les juges, de "rapatrier des fonds placés en amont [à l’étranger et notamment en Chine] afin de financer son train de vie mais également celui du clan du Petit Bar et de ses proches, et de financer des projets d’investissement".
Selon les juges, l’association de malfaiteurs avait "pour finalité de préparer des opérations de placement de fonds occultes par Jacques Santoni et son équipe (...) comme, par exemple, des projets immobiliers à Courchevel ou l’acquisition d’un bowling à Ajaccio".