Dans le golfe d’Ajaccio Gloria Maris, exploitation aquacole portée par la famille Riera depuis près de quarante ans, a ouvert ses portes à des chefs venus découvrir ses méthodes. Entre héritage, développement international et volonté de changer l’image de l’aquaculture, l’entreprise cherche aujourd’hui à faire reconnaître un modèle qu’elle juge maîtrisé dans un secteur encore largement débattu.
(Photos Paule Santoni)
Au large du golfe d’Ajaccio, quelques bouées et infrastructures à la surface trahissent l’activité. Sous l’eau, en revanche, des milliers de poissons évoluent dans des enclos immergés, installés jusqu’à une quinzaine de mètres de profondeur. Depuis près de quarante ans, une famille y développe une exploitation aquacole devenue l’un des acteurs structurants de la filière en Corse.
À l’origine, un pari économique autant que territorial : produire du poisson en mer dans une île où l’aquaculture reste encore limitée et parfois contestée. Au fil des années, l’activité s’est consolidée jusqu’à atteindre près de deux millions de poissons élevés chaque année, principalement des maigres, mais aussi des loups et des daurades, destinés en grande partie à la restauration en Corse, sur le continent et à l’étranger.
« Ce que souhaitait mon père, Philippe Riera, c’était de créer une activité capable de générer de la richesse sur son île », résume son fils Bastien, aujourd’hui en charge de la structure.
Une transmission familiale et un métier en continu
Après des études à l’étranger, Bastien Riera a progressivement rejoint l’exploitation familiale. Une relève qui s’inscrit dans la continuité mais aussi dans l’adaptation d’un métier exigeant.
« C’est un métier qui demande d’être là tout le temps », explique-t-il. Surveillance des cages, gestion des cycles, anticipation des conditions météo : l’activité ne connaît pas vraiment de pause. « C’est un job à temps plein », insiste-t-il.
Dans le golfe d’Ajaccio, près des îles Sanguinaires, les deux sites de production reposent sur une organisation précise. Les espèces ne grandissent pas au même rythme. « Le maigre, par exemple, grandit deux fois plus vite que le loup », précise-t-il, ce qui impose une gestion fine des élevages.
Trois fois par semaine, le lundi, mercredi et vendredi, les équipes procèdent à la pêche. Les poissons sont regroupés, capturés à l’aide de grandes épuisettes, puis abattus par immersion dans la glace. Une méthode présentée comme garante de la qualité de la chair.
L’exploitation met en avant un taux de survie de 92 %, attribué notamment aux caractéristiques du site. « Il y a beaucoup de courants différents et donc des températures différentes dans le golfe d’Ajaccio », explique Bastien Riera.
Un groupe structuré entre Corse, continent et Sardaigne
Au-delà de son site historique ajaccien, l’entreprise s’est développée à l’échelle européenne. Elle exploite aujourd’hui plusieurs fermes aquacoles, dont une dans le nord de la France et une en Sardaigne.
Dans le golfe d’Ajaccio, près des îles Sanguinaires, les deux sites de production reposent sur une organisation précise. Les espèces ne grandissent pas au même rythme. « Le maigre, par exemple, grandit deux fois plus vite que le loup », précise-t-il, ce qui impose une gestion fine des élevages.
Trois fois par semaine, le lundi, mercredi et vendredi, les équipes procèdent à la pêche. Les poissons sont regroupés, capturés à l’aide de grandes épuisettes, puis abattus par immersion dans la glace. Une méthode présentée comme garante de la qualité de la chair.
L’exploitation met en avant un taux de survie de 92 %, attribué notamment aux caractéristiques du site. « Il y a beaucoup de courants différents et donc des températures différentes dans le golfe d’Ajaccio », explique Bastien Riera.
Un groupe structuré entre Corse, continent et Sardaigne
Au-delà de son site historique ajaccien, l’entreprise s’est développée à l’échelle européenne. Elle exploite aujourd’hui plusieurs fermes aquacoles, dont une dans le nord de la France et une en Sardaigne.
Chaque site a son positionnement : la ferme sarde est davantage orientée vers le bio, tandis que celle d’Ajaccio est engagée dans une démarche de qualité labellisée avec le Label Rouge. L’ensemble du groupe emploie plus de 40 personnes sur l’île, renforçant son ancrage économique tout en s’inscrivant dans une logique d’exportation.
Des chefs embarqués pour voir “la réalité du produit”
Lundi dernier, plusieurs dizaines de chefs ont été invités à embarquer au large d’Ajaccio pour découvrir les installations et échanger avec les équipes.
Objectif : confronter les perceptions à la réalité du terrain. « Je n’aimais pas les produits d’élevage. Ce qui m’a fait changer d’avis, c’est de visiter la ferme », confie le chef Richard Toix. Pour Simon Andrews, chef du restaurant A Nepita, l’intérêt est avant tout professionnel : « Venir ici me permet de voir exactement ce qui se fait, c’est intéressant de voir un peu plus en profondeur avant que je travaille le produit. » Même logique pour Franck Radiu, de La Terrasse du Fesch : « En tant que cuisinier, je veux de bons produits, car avec un bon produit de base, on n’a pas besoin de faire de transformation exceptionnelle. »
Des chefs embarqués pour voir “la réalité du produit”
Lundi dernier, plusieurs dizaines de chefs ont été invités à embarquer au large d’Ajaccio pour découvrir les installations et échanger avec les équipes.
Objectif : confronter les perceptions à la réalité du terrain. « Je n’aimais pas les produits d’élevage. Ce qui m’a fait changer d’avis, c’est de visiter la ferme », confie le chef Richard Toix. Pour Simon Andrews, chef du restaurant A Nepita, l’intérêt est avant tout professionnel : « Venir ici me permet de voir exactement ce qui se fait, c’est intéressant de voir un peu plus en profondeur avant que je travaille le produit. » Même logique pour Franck Radiu, de La Terrasse du Fesch : « En tant que cuisinier, je veux de bons produits, car avec un bon produit de base, on n’a pas besoin de faire de transformation exceptionnelle. »
Une activité entre transparence affichée et débat environnemental
En ouvrant ses installations, l’exploitation cherche aussi à améliorer l’image de l’aquaculture auprès de ses prescripteurs. Une stratégie assumée, dans un contexte où le secteur reste discuté. « On est assisté, épaulé par des gens qui ont des regards critiques mais constructifs sur l’impact que l’on peut avoir », affirme Bastien Riera. L’entreprise assure que des études n’auraient pas montré d’impact sur la posidonie autour des installations par exemple. Une position qui s’inscrit toutefois dans un débat scientifique plus large, les effets de l’aquaculture dépendant fortement des pratiques et des environnements locaux.
Au-delà des enjeux d’image, le secteur fait face à une autre incertitude : le changement climatique. « Ça va être dévastateur pour notre métier », reconnaît Bastien Riera, évoquant la hausse des températures de l’eau et ses conséquences potentielles sur les élevages, même si la profondeur du golfe d’Ajaccio offre encore une certaine marge d’adaptation.
Entre transmission familiale, structuration industrielle et volonté de changer les perceptions, cette ferme aquacole illustre ainsi les équilibres fragiles d’une filière en pleine évolution.
En ouvrant ses installations, l’exploitation cherche aussi à améliorer l’image de l’aquaculture auprès de ses prescripteurs. Une stratégie assumée, dans un contexte où le secteur reste discuté. « On est assisté, épaulé par des gens qui ont des regards critiques mais constructifs sur l’impact que l’on peut avoir », affirme Bastien Riera. L’entreprise assure que des études n’auraient pas montré d’impact sur la posidonie autour des installations par exemple. Une position qui s’inscrit toutefois dans un débat scientifique plus large, les effets de l’aquaculture dépendant fortement des pratiques et des environnements locaux.
Au-delà des enjeux d’image, le secteur fait face à une autre incertitude : le changement climatique. « Ça va être dévastateur pour notre métier », reconnaît Bastien Riera, évoquant la hausse des températures de l’eau et ses conséquences potentielles sur les élevages, même si la profondeur du golfe d’Ajaccio offre encore une certaine marge d’adaptation.
Entre transmission familiale, structuration industrielle et volonté de changer les perceptions, cette ferme aquacole illustre ainsi les équilibres fragiles d’une filière en pleine évolution.