Du 29 avril au 5 mai, la ville d’Ajaccio lance la première édition d’une semaine dédiée à son patrimoine. Entre héritage génois et figure napoléonienne, l’événement entend reconnecter les habitants à leur histoire, dans une démarche accessible, vivante et fédératrice.
Il y a parfois des évidences qui échappent aux regards les plus avertis. Deux dates, pourtant fondatrices pour Ajaccio, séparées d’à peine une semaine sur le calendrier : le 30 avril 1492, pose de la première pierre de la citadelle, et le 5 mai 1821, mort de Napoléon à Sainte-Hélène. « C’était tellement évident que l’on ne s’en était jamais rendu compte », confie Philippe Perfettini, chef du projet patrimoine de la ville.
De cette simple observation est née une idée ambitieuse : consacrer une semaine entière à ce qui constitue « l’essence de notre territoire ajaccien ».
Intitulée « De l’histoire à la légende », cette première édition se veut bien plus qu’une programmation culturelle. Elle s’inscrit dans une démarche de fond : faire du patrimoine un outil de transmission, de partage et de construction identitaire. « Mon travail consiste à rendre le patrimoine vivant, faire le passeur entre l’histoire et les habitants, des plus jeunes aux plus âgés », explique Philippe Perfettini. Archives, témoignages, mémoire des vivants : tout est mobilisé pour dresser « un panorama complet de l’histoire d’Ajaccio ».
Entre Gênes et Napoléon
La semaine s’articule autour de deux piliers majeurs : la période génoise et la figure de Napoléon. Deux époques, deux récits, mais une même volonté : comprendre ce qui fonde l’identité ajaccienne.
Dès l’ouverture, le mercredi 29 avril, un après-midi de conférences réunira historiens et spécialistes dans la Grande Galerie du Palais Fesch. Les interventions de Philippe Colombani, Antoine-Marie Graziani et Philippe Perfettini poseront les bases historiques de cette plongée dans le passé.
Le lendemain, place au terrain. Le jeudi 30 avril, une visite guidée de l’Antiquarium Saint-Jean permettra d’explorer les racines les plus anciennes de la ville, avant une immersion dans le chantier archéologique de la citadelle. Le vendredi 1er mai prolongera cette exploration à travers l’urbanisme et les monuments emblématiques de la période génoise : vieille ville, édifices religieux, rue Fesch. « Il s’agit de contextualiser la naissance d’Ajaccio », précise Philippe Perfettini, évoquant notamment le site paléochrétien de Saint-Jean et l’époque antérieure à la citadelle.
Napoléon, de l’histoire au mythe
À partir du week-end, la figure de Napoléon s’impose progressivement. Samedi et dimanche marquent une transition entre héritage génois et mémoire impériale, notamment à travers le site des Milelli, puis au Casone.
De cette simple observation est née une idée ambitieuse : consacrer une semaine entière à ce qui constitue « l’essence de notre territoire ajaccien ».
Intitulée « De l’histoire à la légende », cette première édition se veut bien plus qu’une programmation culturelle. Elle s’inscrit dans une démarche de fond : faire du patrimoine un outil de transmission, de partage et de construction identitaire. « Mon travail consiste à rendre le patrimoine vivant, faire le passeur entre l’histoire et les habitants, des plus jeunes aux plus âgés », explique Philippe Perfettini. Archives, témoignages, mémoire des vivants : tout est mobilisé pour dresser « un panorama complet de l’histoire d’Ajaccio ».
Entre Gênes et Napoléon
La semaine s’articule autour de deux piliers majeurs : la période génoise et la figure de Napoléon. Deux époques, deux récits, mais une même volonté : comprendre ce qui fonde l’identité ajaccienne.
Dès l’ouverture, le mercredi 29 avril, un après-midi de conférences réunira historiens et spécialistes dans la Grande Galerie du Palais Fesch. Les interventions de Philippe Colombani, Antoine-Marie Graziani et Philippe Perfettini poseront les bases historiques de cette plongée dans le passé.
Le lendemain, place au terrain. Le jeudi 30 avril, une visite guidée de l’Antiquarium Saint-Jean permettra d’explorer les racines les plus anciennes de la ville, avant une immersion dans le chantier archéologique de la citadelle. Le vendredi 1er mai prolongera cette exploration à travers l’urbanisme et les monuments emblématiques de la période génoise : vieille ville, édifices religieux, rue Fesch. « Il s’agit de contextualiser la naissance d’Ajaccio », précise Philippe Perfettini, évoquant notamment le site paléochrétien de Saint-Jean et l’époque antérieure à la citadelle.
Napoléon, de l’histoire au mythe
À partir du week-end, la figure de Napoléon s’impose progressivement. Samedi et dimanche marquent une transition entre héritage génois et mémoire impériale, notamment à travers le site des Milelli, puis au Casone.
Mais loin de se limiter à l’image figée de l’Empereur, la programmation interroge toutes les facettes du personnage : « Napoléon enfant dans sa ville, Napoléon au pouvoir, puis Napoléon après sa mort. Comment devient-il une légende ? » Le lundi, les collections du musée Fesch offrent une lecture artistique et mémorielle de cette construction du mythe. Le mardi, la visite de la chapelle impériale vient questionner l’appropriation locale de la mort de Napoléon, devenue un moment structurant du calendrier ajaccien.
L’objectif est clair : dépasser les clichés. « Quand on demandait aux Ajacciens ce qu’était Napoléon, on répondait : Empereur et guerre. On oubliait la dimension grandiose de cet homme. » Derrière la figure historique, c’est toute une trajectoire qui se dessine : celle d’un enfant d’Ajaccio devenu une référence majeure du XIXe siècle.
Un patrimoine pour tous
Au-delà du contenu, la volonté municipale est sans ambiguïté : s’adresser à tous. « Il y a ce vieux fantasme que la culture, le patrimoine, c’est pour une élite. C’est faux », tranche Philippe Perfettini.
Scolaires, actifs, retraités, habitants de tous les quartiers : chacun est invité à s’approprier cette histoire commune. Car l’enjeu dépasse largement la simple transmission de connaissances. « Le patrimoine est fédérateur. On vit une époque de dilution des identités. Les gens ont besoin de repères. »
Dans cette perspective, le patrimoine devient un outil de lien social, un moyen de rassembler autour d’une mémoire partagée et d’un territoire commun.
« Fabriquer des Ajacciens »
L’expression peut surprendre, mais elle résume l’ambition du projet. « Ma mission, c’est de fabriquer des Ajacciens », affirme le responsable du patrimoine. Un travail d’autant plus nécessaire que l’histoire locale reste encore peu documentée. « Étonnamment, il y a très peu de choses écrites sur l’histoire d’Ajaccio, de la préhistoire à nos jours. » D’où l’importance de collecter la mémoire des habitants et de la transmettre.
Cette semaine du patrimoine marque une première étape, mais elle a vocation à s’inscrire dans la durée. Son avenir dépendra de l’adhésion du public, même si les premiers retours sont déjà encourageants. « À chaque fois que l’on travaille sur l’histoire de la ville, ça fonctionne », assure Philippe Perfettini. Reste à trouver le bon équilibre : « Ce n’est pas du divertissement, c’est de l’histoire avec un langage adapté. » Du 29 avril au 5 mai, Ajaccio ne se contentera pas de raconter son passé. Elle le fera vivre, pour mieux le partager.
L’objectif est clair : dépasser les clichés. « Quand on demandait aux Ajacciens ce qu’était Napoléon, on répondait : Empereur et guerre. On oubliait la dimension grandiose de cet homme. » Derrière la figure historique, c’est toute une trajectoire qui se dessine : celle d’un enfant d’Ajaccio devenu une référence majeure du XIXe siècle.
Un patrimoine pour tous
Au-delà du contenu, la volonté municipale est sans ambiguïté : s’adresser à tous. « Il y a ce vieux fantasme que la culture, le patrimoine, c’est pour une élite. C’est faux », tranche Philippe Perfettini.
Scolaires, actifs, retraités, habitants de tous les quartiers : chacun est invité à s’approprier cette histoire commune. Car l’enjeu dépasse largement la simple transmission de connaissances. « Le patrimoine est fédérateur. On vit une époque de dilution des identités. Les gens ont besoin de repères. »
Dans cette perspective, le patrimoine devient un outil de lien social, un moyen de rassembler autour d’une mémoire partagée et d’un territoire commun.
« Fabriquer des Ajacciens »
L’expression peut surprendre, mais elle résume l’ambition du projet. « Ma mission, c’est de fabriquer des Ajacciens », affirme le responsable du patrimoine. Un travail d’autant plus nécessaire que l’histoire locale reste encore peu documentée. « Étonnamment, il y a très peu de choses écrites sur l’histoire d’Ajaccio, de la préhistoire à nos jours. » D’où l’importance de collecter la mémoire des habitants et de la transmettre.
Cette semaine du patrimoine marque une première étape, mais elle a vocation à s’inscrire dans la durée. Son avenir dépendra de l’adhésion du public, même si les premiers retours sont déjà encourageants. « À chaque fois que l’on travaille sur l’histoire de la ville, ça fonctionne », assure Philippe Perfettini. Reste à trouver le bon équilibre : « Ce n’est pas du divertissement, c’est de l’histoire avec un langage adapté. » Du 29 avril au 5 mai, Ajaccio ne se contentera pas de raconter son passé. Elle le fera vivre, pour mieux le partager.