Réunis ce jeudi après-midi, les élus du conseil municipal de Bastia ont examiné plusieurs rapports, dont certains ont suscité de vifs échanges entre la majorité et l’opposition, notamment sur le budget et les indemnités des élus.
(Photos Gérard Baldocchi)
C’est un conseil municipal sous tension qui s’est tenu à Bastia, jeudi après-midi, où plusieurs rapports ont suscité de vifs échanges entre majorité et opposition. À commencer par le débat d’orientation budgétaire de la ville, présenté « dans un contexte de crise budgétaire majeure de l’État », une crise « qui doit conduire à développer des stratégies d’anticipation aux fins d’amortir les diminutions de dotations et de subventions ». La municipalité propose ainsi d’augmenter la taxe foncière « de 85 euros par an en moyenne, soit moins de 8 euros par mois pour chaque foyer fiscal propriétaire de biens immobiliers ».
Elle rappelle également que « contrairement à la plupart des communes qui ont procédé régulièrement à des réactualisations ou des augmentations », cet impôt n’a pas été revalorisé à Bastia depuis 2009. « Lorsque nous regardons notre fiche d’imposition foncière, nous voyons parfois des augmentations, mais celles-ci ne sont pas dues à la commune elle-même et à ce sur quoi elle peut actionner », a indiqué Didier Grassi, adjoint au maire délégué aux finances, précisant que le taux de la taxe foncière à Bastia « restera quand même inférieur à la moyenne nationale ».
De son côté, l’opposition a vivement contesté cette orientation, dénonçant « un mauvais signal envoyé à la population et aux commerçants ». « Cette décision relève d’un mensonge par omission », a martelé Julien Morganti. « Jamais pendant la campagne vous n’avez annoncé cette mesure. La hausse touche tout le monde, les propriétaires mais aussi les locataires sur lesquels elle sera répercutée. » De son côté, Sylvain Fanti a interpelé Gilles Simeoni en lançant que « vous devez assumer ce choix, pas le maquiller en fatalité », et que cette décision est « un manque de respect envers les Bastiais qui payent leurs impôts et qui attendent des résultats et qui vont payer sans rien avoir en retour ».
En réponse, Hélène Beretti, 3e adjointe, a expliqué que la majorité « a pleinement conscience que cette évolution n’est pas anodine » mais qu’elle est « devenue nécessaire » après près de deux décennies sans augmentation et un « contexte actuel trop incertain ». « Aujourd’hui, il s’agit d’une question structurelle : il nous faut garantir un modèle soutenable dans la durée », a-t-elle précisé.
Les indemnités d’élus sous le feu des critiques
Également présenté lors du conseil municipal, le rapport numéro 31 sur les indemnités de fonction allouées au maire et aux adjoints a quant à lui fait réagir en amont de la séance. Sur les réseaux sociaux, Sacha Bastelica et Jean-Michel Lamberti, candidats aux élections municipales de cette année, ont dénoncé « une faillite éthique et politique » et une municipalité « qui a choisi de se servir plutôt que de servir les Bastiais les plus défavorisés ». Si face aux critiques, Didier Grassi avait réagi via un communiqué, affirmant qu’« il n’y a aucune hausse du montant de l’enveloppe d’indemnités des élus proposée au vote du prochain conseil municipal », il a tenu, lors de celui-ci, à clarifier sa position.
Selon lui, les indemnités, majorées de 25 %, seront partagées entre 13 adjoints, alors que le calcul des indemnités totales pouvant être accordées s’établit quant à lui sur 12 adjoints. Ainsi, « dans l’hypothèse où le maire déciderait de donner des délégations supplémentaires à certains conseillers municipaux, les indemnités seraient prises à l’intérieur de l’enveloppe que nous allons voter de 31 219 euros, et elles seraient à la baisse, et d’ailleurs, elles le sont déjà pour les adjoints par rapport à la mandature de 2020 ». Dans le détail, le maire touchera donc 5 446,44 euros brut, et les adjoints 1982,52 euros brut.
Avant le vote, Gilles Simeoni s’est quant à lui exprimé par rapport aux critiques ayant émané sur les réseaux sociaux affirmant que « la polémique vient d’une mauvaise interprétation du rapport ». « Mais quand on démontre, chiffres à l’appui, que l’analyse erronée procède d’une erreur de bonne foi, on reconnaît ensuite qu’il n’y a pas matière », a-t-il expliqué, soulignant que la polémique « vient alimenter une logique de défiance vis-à-vis des élus ». Le rapport a finalement été adopté, malgré un vote contre ou une non-participation de l’opposition.