Elu président de l'Association nationale des élus du littoral (ANEL) en septembre, Jean-Charles Orsucci se rendra mercredi matin à Serra di Ferro, où il rencontrera plusieurs élus insulaires de communes côtières. Un temps d'échange au cours duquel pourront être explorées des solutions, au regard des principales préoccupations de ces élus corses. Des préoccupations qu'il connaît bien, lui qui est maire de Bonifacio, et qu'il pourra relayer au niveau national.
Jean-Charles Orsucci, en septembre dernier lors du congrès de l'ANEL à Bonifacio, lors duquel il a succédé à Yannick Moreau à la présidence. (Photo mairie de Bonifacio)
- Mercredi à Serra di Ferro, vous allez animer une rencontre avec les élus insulaires du littoral, dans vos nouvelles fonctions de président de l'ANEL. En tant que maire de Bonifacio, ce type de rendez-vous, vous y avez déjà participé. Aujourd'hui vous allez l'animer. Qu'est-ce que ça change dans votre approche ?
- Je me souviens avoir participé à l’espace Saint-Jacques de Bonifacio à une rencontre régionale de l’ANEL, qui avait été organisée par mon prédécesseur. C'est souvent le moyen d'échanger avec la présidence de l'association et avec les services. Moi aujourd’hui, je n’ai plus du tout le même rôle. J'ai plutôt vocation à interpeller. Je serai accompagné mercredi du délégué général de l'ANEL et d'un autre collaborateur qui travaille notamment sur les questions juridiques et en relation avec le Parlement. Et j'ai maintenant six mois d'expérience, ce qui me permet aujourd’hui de mieux appréhender les questions qui sont aujourd'hui évoquées par l'ANEL. Mais aussi de me rendre compte de mes carences. Pour ne rien vous cacher, la pêche bretonne n'a pas grand-chose à voir avec la pêche insulaire !
- Quels sujets allez-vous évoquer mercredi avec les maires du littoral corse à Serra di Ferro ?
- L'objectif de cette réunion, ce sera de présenter les travaux sur lesquels nous travaillons avec l'ANEL, que ce soit la création du fonds pour le trait de côte, la question de l'actualisation de la loi littorale ou la gestion des flux. Il s’agit aussi d'être à l'écoute des élus pour savoir ce que l’ANEL a vocation à faire remonter. On a aussi des partenaires, comme le Cluster maritime français (qui rassemble des acteurs de l’écosystème maritime, NDLR) qui sera présent à nos côtés. C'est bien aussi de faire connaître les partenaires possibles, parce que dans le monde du nautisme notamment, la Corse a encore beaucoup à faire.
- Vous prévoyez un temps d’échange d’une heure et demie avec les maires insulaires. Mais étant vous-même maire d’une commune corse littorale, leurs préoccupations, vous les connaissez. Est-ce que, mercredi, l’heure sera moins au diagnostic, et plus à la recherche de solutions ?
- Mon rôle, ce sera de faire un état des lieux. Je prends un exemple, sur la création d’un fonds pour la gestion du trait de côte et les problèmes d'érosion. Je n'aurai pas forcément de bonnes nouvelles à apporter, parce que nos discussions avec le gouvernement sont âpres, et elles sont même plutôt bloquées aujourd'hui.
- Pourquoi ?
La création de ce fonds que je préconise doit permettre aux communes du littoral de pouvoir faire des diagnostics, avoir de l'ingénierie ou être indemnisées. Ce fonds, on souhaite qu'il soit alimenté par la solidarité nationale. L'État rechigne aujourd’hui à le créer, car au regard de ses contraintes budgétaires, il refuse de créer de nouvelles dépenses et estime que les opportunités financières que nous, l’ANEL, avons identifiées, pourraient être utilisées dans d’autres secteurs. Nous souhaitons que ce fonds soit alimenté par une taxe sur les éoliennes et sur une taxe sur le chiffre d'affaires des plate-formes de location saisonnière, puisque ce sont des recettes qui sont générées sur nos territoires littoraux.
- Compte tenu de la problématique de l’érosion côtière, y a-t-il un risque, à court, moyen, long terme, de voir engager le repli stratégique d'habitations trop proche du littoral en Corse ?
- Oui, notamment du côté de la Plaine orientale. Je ne sais pas dire dans le détail, mais il faut appréhender les risques, que ce soit pour des maisons principales, des maisons secondaires, des établissements hôteliers ou de restauration, qui participent au développement économique de nos territoires et à leur attractivité. Et en écoutant les élus en Corse, j’ai réalisé que je n'avais pas conscience du problème de la salanisation des eaux douces dans nos communes littorales, qui se produit avec la montée des eaux de mer. On a ce genre de soucis aujourd'hui.
- Face à la montée des eaux, le maire de Prunelli di Fiumorbu, André Rocchi, estime que des solutions peuvent être trouvées à l’échelle d’un territoire communal et il se propose d’en expérimenter. Qu’en pensez-vous ?
- Oui, la solution n'est pas forcément que financière. Elle peut être technique, juridique, mais il faut qu'on partage les outils. Est-ce qu'il faut laisser davantage de main au préfet pour pouvoir appréhender les choses ? De toute manière, dans l'ADN de l'ANEL, la solution qui sera peut-être appliquée à Perros-Guirec ou à Bidart ne sera pas la même à Papeete et à Bonifacio. On a bien compris aussi que l'État a plus de facilité à discuter de financements quand il s'agit de biens publics plutôt que de biens privés. Mais nous, on a ces deux missions à assumer.
- Une concertation avec les maires, comme celle de mercredi à Serra di Ferro, peut vous permettre de revenir vers l'État avec plus de poids et d'argument ?
- En tout cas, on l'espère, et nous ça nous permettra de voir si, localement, on peut être utile. Le Cluster maritime français, qui fédère l'ensemble des actions économiques, peut aussi aider à trouver des interlocuteurs. C’est aussi ça notre rôle : être dans un maillage entre monde économique et monde associatif.
- Je me souviens avoir participé à l’espace Saint-Jacques de Bonifacio à une rencontre régionale de l’ANEL, qui avait été organisée par mon prédécesseur. C'est souvent le moyen d'échanger avec la présidence de l'association et avec les services. Moi aujourd’hui, je n’ai plus du tout le même rôle. J'ai plutôt vocation à interpeller. Je serai accompagné mercredi du délégué général de l'ANEL et d'un autre collaborateur qui travaille notamment sur les questions juridiques et en relation avec le Parlement. Et j'ai maintenant six mois d'expérience, ce qui me permet aujourd’hui de mieux appréhender les questions qui sont aujourd'hui évoquées par l'ANEL. Mais aussi de me rendre compte de mes carences. Pour ne rien vous cacher, la pêche bretonne n'a pas grand-chose à voir avec la pêche insulaire !
- Quels sujets allez-vous évoquer mercredi avec les maires du littoral corse à Serra di Ferro ?
- L'objectif de cette réunion, ce sera de présenter les travaux sur lesquels nous travaillons avec l'ANEL, que ce soit la création du fonds pour le trait de côte, la question de l'actualisation de la loi littorale ou la gestion des flux. Il s’agit aussi d'être à l'écoute des élus pour savoir ce que l’ANEL a vocation à faire remonter. On a aussi des partenaires, comme le Cluster maritime français (qui rassemble des acteurs de l’écosystème maritime, NDLR) qui sera présent à nos côtés. C'est bien aussi de faire connaître les partenaires possibles, parce que dans le monde du nautisme notamment, la Corse a encore beaucoup à faire.
- Vous prévoyez un temps d’échange d’une heure et demie avec les maires insulaires. Mais étant vous-même maire d’une commune corse littorale, leurs préoccupations, vous les connaissez. Est-ce que, mercredi, l’heure sera moins au diagnostic, et plus à la recherche de solutions ?
- Mon rôle, ce sera de faire un état des lieux. Je prends un exemple, sur la création d’un fonds pour la gestion du trait de côte et les problèmes d'érosion. Je n'aurai pas forcément de bonnes nouvelles à apporter, parce que nos discussions avec le gouvernement sont âpres, et elles sont même plutôt bloquées aujourd'hui.
- Pourquoi ?
La création de ce fonds que je préconise doit permettre aux communes du littoral de pouvoir faire des diagnostics, avoir de l'ingénierie ou être indemnisées. Ce fonds, on souhaite qu'il soit alimenté par la solidarité nationale. L'État rechigne aujourd’hui à le créer, car au regard de ses contraintes budgétaires, il refuse de créer de nouvelles dépenses et estime que les opportunités financières que nous, l’ANEL, avons identifiées, pourraient être utilisées dans d’autres secteurs. Nous souhaitons que ce fonds soit alimenté par une taxe sur les éoliennes et sur une taxe sur le chiffre d'affaires des plate-formes de location saisonnière, puisque ce sont des recettes qui sont générées sur nos territoires littoraux.
- Compte tenu de la problématique de l’érosion côtière, y a-t-il un risque, à court, moyen, long terme, de voir engager le repli stratégique d'habitations trop proche du littoral en Corse ?
- Oui, notamment du côté de la Plaine orientale. Je ne sais pas dire dans le détail, mais il faut appréhender les risques, que ce soit pour des maisons principales, des maisons secondaires, des établissements hôteliers ou de restauration, qui participent au développement économique de nos territoires et à leur attractivité. Et en écoutant les élus en Corse, j’ai réalisé que je n'avais pas conscience du problème de la salanisation des eaux douces dans nos communes littorales, qui se produit avec la montée des eaux de mer. On a ce genre de soucis aujourd'hui.
- Face à la montée des eaux, le maire de Prunelli di Fiumorbu, André Rocchi, estime que des solutions peuvent être trouvées à l’échelle d’un territoire communal et il se propose d’en expérimenter. Qu’en pensez-vous ?
- Oui, la solution n'est pas forcément que financière. Elle peut être technique, juridique, mais il faut qu'on partage les outils. Est-ce qu'il faut laisser davantage de main au préfet pour pouvoir appréhender les choses ? De toute manière, dans l'ADN de l'ANEL, la solution qui sera peut-être appliquée à Perros-Guirec ou à Bidart ne sera pas la même à Papeete et à Bonifacio. On a bien compris aussi que l'État a plus de facilité à discuter de financements quand il s'agit de biens publics plutôt que de biens privés. Mais nous, on a ces deux missions à assumer.
- Une concertation avec les maires, comme celle de mercredi à Serra di Ferro, peut vous permettre de revenir vers l'État avec plus de poids et d'argument ?
- En tout cas, on l'espère, et nous ça nous permettra de voir si, localement, on peut être utile. Le Cluster maritime français, qui fédère l'ensemble des actions économiques, peut aussi aider à trouver des interlocuteurs. C’est aussi ça notre rôle : être dans un maillage entre monde économique et monde associatif.