Réunis au Palais des Congrès dans le cadre de la journée annuelle dédiée aux prisonniers politiques, militants, avocats et délégations étrangères ont dressé un constat commun : celui d’une pression judiciaire et policière persistante, au-delà des frontières.
Au Palais des Congrès d’Ajaccio, près d’une centaine de personnes ont pris place dans la salle, à l’appel de l’associu Sulidarità. Comme chaque année, cette journée du 17 avril consacrée aux prisonniers politiques, s’inscrit dans un temps long : celui d’une mobilisation qui entend documenter, alerter et fédérer.
À la tribune, des membres de l’associu Sulidarità côtoient juristes, militants et soutiens. Mais au-delà du cadre corse, la rencontre prend une dimension résolument internationale. Des délégations venues de territoires engagés dans des luttes similaires sont présentes : de la Catalogne à la Kanaky (Nouvelle-Calédonie), en passant par le Pays basque, intervenu par une courte vidéo. Autant de voix différentes, réunies autour d’un même diagnostic.
Des témoignages qui disent l’épreuve
Dès l’ouverture, Thierry Casolasco, président de l’associu Sulidarità, donne le ton : « Il s’agit de dénoncer les violences de la police politique que subissent nos militants. »
Très vite, les interventions s’éloignent des discours généraux pour s’ancrer dans des récits personnels. À la tribune, un militant kanak évoque la brutalité des interpellations et leurs répercussions familiales : « J’ai une petite fille de six ans qui a vu son père arrêté », avant de poursuivre : « Nous défendons la même cause : nous sommes un peuple qui refuse de disparaître et qui veut être maître de son destin. »
Derrière ces témoignages, une réalité s’impose : celle de trajectoires individuelles marquées par des procédures longues, des éloignements géographiques et un sentiment d’injustice durable.
À la tribune, des membres de l’associu Sulidarità côtoient juristes, militants et soutiens. Mais au-delà du cadre corse, la rencontre prend une dimension résolument internationale. Des délégations venues de territoires engagés dans des luttes similaires sont présentes : de la Catalogne à la Kanaky (Nouvelle-Calédonie), en passant par le Pays basque, intervenu par une courte vidéo. Autant de voix différentes, réunies autour d’un même diagnostic.
Des témoignages qui disent l’épreuve
Dès l’ouverture, Thierry Casolasco, président de l’associu Sulidarità, donne le ton : « Il s’agit de dénoncer les violences de la police politique que subissent nos militants. »
Très vite, les interventions s’éloignent des discours généraux pour s’ancrer dans des récits personnels. À la tribune, un militant kanak évoque la brutalité des interpellations et leurs répercussions familiales : « J’ai une petite fille de six ans qui a vu son père arrêté », avant de poursuivre : « Nous défendons la même cause : nous sommes un peuple qui refuse de disparaître et qui veut être maître de son destin. »
Derrière ces témoignages, une réalité s’impose : celle de trajectoires individuelles marquées par des procédures longues, des éloignements géographiques et un sentiment d’injustice durable.
Quand le droit devient un enjeu central
Face à ces récits, les avocats présents apportent une lecture juridique des situations évoquées. Me Lia Simoni, avocate au barreau de Bastia, pointe des interventions qu’elle juge « disproportionnées » et rappelle que certaines pratiques peuvent être appréciées à l’échelle européenne, notamment au regard de l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants.
Pour Me Emmanuel Mercinier Pantalacci, la pression ne se limite pas à l’incarcération : « Le non-procès constitue en lui-même un préjudice. » Il met en cause des dispositifs comme le contrôle judiciaire prolongé, qui maintiennent les personnes concernées dans une contrainte durable, sans perspective claire d’issue.
Enfin, même constat pour Me Marc-Antoine Luca, bâtonnier du barreau de Bastia, qui décrit une évolution des pratiques : les gardes à vue, autrefois réalisées en Corse, sont désormais majoritairement effectuées à Paris, accentuant l’éloignement et l’isolement des personnes interpellées.
Au-delà des cas individuels, les intervenants interrogent un cadre plus large. Président de la section corse de la Ligue des droits de l’homme, André Paccou alerte sur les effets des dispositifs antiterroristes. « Il nous faut en mesurer les dangers », souligne-t-il, appelant à replacer au centre du débat « le respect des droits de l’homme et de la dignité ».
Face à ces récits, les avocats présents apportent une lecture juridique des situations évoquées. Me Lia Simoni, avocate au barreau de Bastia, pointe des interventions qu’elle juge « disproportionnées » et rappelle que certaines pratiques peuvent être appréciées à l’échelle européenne, notamment au regard de l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants.
Pour Me Emmanuel Mercinier Pantalacci, la pression ne se limite pas à l’incarcération : « Le non-procès constitue en lui-même un préjudice. » Il met en cause des dispositifs comme le contrôle judiciaire prolongé, qui maintiennent les personnes concernées dans une contrainte durable, sans perspective claire d’issue.
Enfin, même constat pour Me Marc-Antoine Luca, bâtonnier du barreau de Bastia, qui décrit une évolution des pratiques : les gardes à vue, autrefois réalisées en Corse, sont désormais majoritairement effectuées à Paris, accentuant l’éloignement et l’isolement des personnes interpellées.
Au-delà des cas individuels, les intervenants interrogent un cadre plus large. Président de la section corse de la Ligue des droits de l’homme, André Paccou alerte sur les effets des dispositifs antiterroristes. « Il nous faut en mesurer les dangers », souligne-t-il, appelant à replacer au centre du débat « le respect des droits de l’homme et de la dignité ».
Ainsi, une critique se dessine : celle d’un regard persistant de l’État sur la société corse, perçue comme intrinsèquement violente, et qui contribuerait à justifier le maintien de mesures d’exception.
Une solidarité qui dépasse les frontières
Mais au-delà du constat, c’est une volonté de convergence qui s’exprime tout au long de la conférence. Pour Thierry Casolasco, l’enjeu dépasse largement le cadre local : « Nous faisons face à un système de répression politique qui cherche à criminaliser des idées. » Face à cela, il insiste sur une dynamique à l’œuvre : « Ce que nous avons vu aujourd’hui, personne ne pourra l’étouffer : la solidarité. »
Une solidarité qui relie, le temps d’une conférence mais aussi dans la durée, la Corse à la Kanaky, à la Catalogne et au Pays basque. Pour les organisateurs, le message est clair : loin d’être une parenthèse, ce rendez-vous annuel entend s’affirmer comme un point d’appui. Une base pour structurer, dans le temps, une réponse collective à ce qui est dénoncé comme « une répression politique organisée ».
Une solidarité qui dépasse les frontières
Mais au-delà du constat, c’est une volonté de convergence qui s’exprime tout au long de la conférence. Pour Thierry Casolasco, l’enjeu dépasse largement le cadre local : « Nous faisons face à un système de répression politique qui cherche à criminaliser des idées. » Face à cela, il insiste sur une dynamique à l’œuvre : « Ce que nous avons vu aujourd’hui, personne ne pourra l’étouffer : la solidarité. »
Une solidarité qui relie, le temps d’une conférence mais aussi dans la durée, la Corse à la Kanaky, à la Catalogne et au Pays basque. Pour les organisateurs, le message est clair : loin d’être une parenthèse, ce rendez-vous annuel entend s’affirmer comme un point d’appui. Une base pour structurer, dans le temps, une réponse collective à ce qui est dénoncé comme « une répression politique organisée ».