L’Université de Corse crée un institut destiné à structurer et fédérer la recherche en santé sur l’île. Trois axes prioritaires (santé publique, infectiologie et vieillissement) ont été retenus pour répondre aux besoins locaux et poser les bases du futur centre hospitalier régional universitaire.
L’Université de Corse franchit une nouvelle étape dans le développement de la filière santé avec la création d’un institut de recherche. Un choix stratégique, dans la continuité des formations progressivement mises en place ces dernières années. « On s’est d’abord préoccupé de lancer la première année d’accès aux études de santé, ensuite, on a mis en place le troisième cycle délocalisé en médecine générale avec Marseille et Nice, et il y a eu également la mise en place de la licence en soins infirmiers, et plus récemment l’ouverture de l'école des cadres en santé », explique Liliane Berti, directrice de l'institut de recherche.
Si l’université a décidé de créer cet institut, c’est avant tout pour pouvoir structurer la recherche en santé. « On a vu qu'il y avait de la recherche qui était faite partout, mais qu’on ne savait pas vraiment ce que faisaient les uns et les autres. Tout le monde faisait de la recherche, mais chacun dans son coin, alors il fallait l’organiser et la fédérer pour la rendre beaucoup plus lisible », précise-t-elle. « Les missions de l’institut seront donc d’organiser et structurer tout ce qui se fait en recherche. C’est un catalyseur pour faire le lien entre les deux mondes, et aller du laboratoire au lit du patient, et revenir au laboratoire si besoin. »
Pour orienter ses travaux, l’institut a retenu trois thématiques prioritaires, en lien avec les besoins spécifiques de la Corse : la santé publique, l’infectiologie et le vieillissement. « On a énormément travaillé sur l’infectiologie, la santé publique, et dans le vieillissement, il y a toutes les pathologies neurodégénératives, les maladies chroniques… L’idée, ce n'est pas de faire ce qui est fait ailleurs dans des gros centres, c'est de faire quelque chose qui est bien adapté au territoire dans lequel on est. En Corse, on a une population vieillissante, on a des problématiques qu’on retrouve sur l’île, c'est pour ça qu'on a choisi ces thématiques. »
Pour concrétiser cette démarche, l’institut met en place un premier appel à projets destiné à « faire émerger des projets innovants translationnels sur le territoire ». « L’idée, c’est d’essayer de donner un but en commençant par de petites actions de structuration, des projets translationnels qui impliquent différents partenaires, dont l'université, pour apprendre à travailler ensemble », souligne Liliane Berti. « Et l'avantage, c'est que cet institut est associé à une chaire hospitalo-universitaire qui va organiser des colloques, des séminaires, des projets pédagogiques, et ça va donner une lisibilité à toutes les actions. Elle sera mise en place au mois de septembre, et lors de cette journée, on donnera les lauréats des projets qui auront été sélectionnés. »
Pour l’université, l’enjeu est aussi de préparer l’avenir de la santé en Corse. « L’objectif, c’est vraiment le futur CHRU, parce qu’il faut une recherche structurée, lisible et visible. Pour pouvoir créer un CHRU, on a d’abord besoin de structurer la recherche. L'objectif, c’est de ramener des médecins dans le giron de la recherche, mais c'est aussi de favoriser toutes les coopérations entre les laboratoires de l'université, les équipes hospitalières et les acteurs territoriaux, pour essayer de fédérer tout le monde vers la recherche en santé. Et avec ce premier cycle complet, il y a des modules d'initiation à la recherche avec des possibilités de montrer ce qu'on fait en stage, et une fois que les étudiants seront en internat, ils pourront faire de la recherche à ce niveau-là, puisqu'elle sera structurée. Il faut construire un socle de recherche pour le futur CHRU. »