Ce jeudi 9, à Ajaccio, Inizià et l’ADEME ont officiellement scellé un partenariat stratégique autour de l’écoconception. Une convention qui a pour objectif d'accompagner les entreprises corses vers des modèles plus durables, tout en renforçant leur compétitivité dans un contexte de transition écologique et de durcissement réglementaire.
C'est une étape structurante pour l'économie insulaire. Ce jeudi, au siège d’Inizià, sur le port Charles Ornano à Ajaccio, l’incubateur territorial et l’ADEME ont signé une partenariat qui vient lancer une nouvelle mission dédiée à l’écoconception en Corse.
Dans un contexte où la transition écologique devient un facteur clé de compétitivité, les deux structures entendent ainsi unir leurs expertises pour accompagner les porteurs de projets et les entreprises vers des modèles plus responsables. « Il s’agit de donner une chance supplémentaire aux entreprises de s’engager dans les transitions et de concevoir des produits et services avec le moins d’impact possible », souligne Jean-Marc Ambrosiani, le directeur régional de l'ADEME.
Un changement de paradigme pour les entreprises Dans un contexte où la transition écologique devient un facteur clé de compétitivité, les deux structures entendent ainsi unir leurs expertises pour accompagner les porteurs de projets et les entreprises vers des modèles plus responsables. « Il s’agit de donner une chance supplémentaire aux entreprises de s’engager dans les transitions et de concevoir des produits et services avec le moins d’impact possible », souligne Jean-Marc Ambrosiani, le directeur régional de l'ADEME.
Depuis plusieurs années, Inizià a amorcé un virage stratégique : l’innovation seule ne suffit plus. Désormais, les projets accompagnés doivent démontrer un impact positif. « Nous engageons les entreprises dans une démarche d’innovation responsable dès leur création », explique Muriel Fagni, la présidente de l'incubateur territorial. L’écoconception s’impose comme un levier central de cette transformation. En intégrant les enjeux environnementaux dès la phase de conception — là où se déterminent jusqu’à 80 % des impacts — les entreprises peuvent réduire significativement leur empreinte écologique tout en améliorant leur performance.
Au-delà de la contrainte réglementaire, cette approche devient un véritable atout économique. Les entreprises qui l’adoptent peuvent réduire de 20 à 30 % leurs coûts sur l’ensemble du cycle de vie d’un produit ou d’un service. Un enjeu d’autant plus crucial en Corse, territoire insulaire confronté à des contraintes d’approvisionnement et à une forte dépendance aux marchés extérieurs. Sur l’île, la question environnementale est particulièrement sensible. Gestion des déchets, pression touristique, dépendance aux importations : autant de défis qui renforcent la pertinence de l’écoconception.
Un accompagnement structuré et opérationnel
« Réduire les déchets, mais aussi notre dépendance à des fournisseurs éloignés, est un enjeu majeur », rappelle Jean-Marc Ambrosiani. « L’ambition est aussi culturelle : montrer que les produits et services conçus en Corse peuvent devenir exemplaires en matière de durabilité ». Autre évolution majeure : les marchés publics intègrent désormais des critères environnementaux de plus en plus exigeants. Pour les PME et start-up corses, s’adapter n’est plus une option, mais une condition d’accès aux appels d’offres.
La convention prévoit la mise en place d’un véritable parcours d’accompagnement pour les entreprises : sensibilisation, diagnostic, études approfondies et orientation vers des dispositifs de financement, notamment via l’appel à projets de l’ADEME dédié à l’écoconception en Corse. L’ADEME met également à disposition des outils concrets, comme des bases de données en open data permettant d’évaluer l’impact environnemental des produits et services. Surtout, ce dispositif vise à démocratiser l’écoconception. « Ce n’est pas réservé aux grandes entreprises. Les PME, souvent plus agiles, sont capables d’inventer de nouveaux modèles », insiste le directeur régional de l’ADEME.
Des acteurs locaux déjà engagés
Des acteurs locaux déjà engagés
Sur le terrain, certaines entreprises corses ont déjà intégré ces principes. C’est le cas de Centrale Corse Bio, qui valorise des huiles alimentaires usagées en détergent naturel. Pour sa directrice générale, Brigitte Dubeuf, l’écoconception est au cœur du modèle économique : « Nous partons d’un déchet pour créer un produit local, sans chimie de synthèse, avec un impact positif sur l’environnement. »
Son entreprise illustre le potentiel de l’économie circulaire en Corse : production locale, réduction des déchets, circuits courts. Autant d’atouts qui pourraient trouver de nombreux débouchés, notamment auprès des collectivités, des ports, des transports ou des infrastructures publiques.
Si la volonté est bien présente, notamment chez les jeunes entrepreneurs, le passage à l’action reste parfois freiné par un manque de lisibilité et d’accompagnement. C’est précisément ce que cette convention entend corriger. En offrant un point d’entrée structuré, des outils et des financements, Inizià et l’ADEME espèrent enclencher une dynamique durable. Une ambition claire : faire de l’écoconception non seulement une nécessité environnementale, mais aussi un moteur de développement économique pour la Corse.