Communauté d’agglomération de Bastia : un débat budgétaire marqué par la prudence face aux incertitudes

Rédigé le 07/04/2026
Christophe Giudicelli

La Communauté d’Agglomération de Bastia a tenu, ce mardi 7 avril, son débat d’orientation budgétaire. Si pour Louis Pozzo di Borgo la santé économique de la CAB est excellente, la prudence est de mise. Le contexte national et international peut, et va, dégrader les finances de l’institution. Un début de mandature qui sera marqué par des choix à faire en matière de budget.

Communauté d’agglomération de Bastia : un débat budgétaire marqué par la prudence face aux incertitudes

Premier débat d’orientation budgétaire de la nouvelle mandature à la Communauté d’Agglomération de Bastia. Comme chaque printemps, la collectivité débat de ses orientations budgétaires pour l’année. Un moment crucial, car les différents crédits alloués influeront sur la politique de la communauté d’agglomération.

Un exercice budgétaire contraint

Cette première réunion du conseil communautaire s’inscrit dans un contexte national et international assez houleux, dont les retombées se font ressentir jusqu’au fin fond des cinq communes bastiaises. Hausse du coût de l’énergie et des matières premières, mais aussi en raison des « réformes nationales qui impactent la collectivité et des dotations qui fondent comme neige au soleil, notamment une perte sèche de 3 millions d’euros », a précisé d’entrée le président Louis Pozzo di Borgo, fraîchement reconduit à la tête de l’institution qui compte 254 agents.

Exemple concret : « nos taux de financement vont passer de 63 % à 50 % » et « quid de l’après PTIC (Plan de Transformation et d’Investissement pour la Corse) ? », qui privera les collectivités d’apports financiers.

Trouver des marges de manœuvre
Mission pour la CAB : trouver des marges de manœuvre pour naviguer dans ce contexte subi et continuer les investissements. Si, comme l’indique Louis Pozzo di Borgo : « la CAB aura les moyens de continuer ses actions (14 millions d’euros de dette), il faudra privilégier et hiérarchiser. Aujourd’hui, on peut se projeter jusqu’en 2032 ». Le président estime aussi que « des années difficiles s’annoncent » avec « une dégradation ».

Pour autant, indique Louis Pozzo di Borgo, il faudra « prendre des décisions fortes pour relever ensemble les défis » avant de plaider pour « un pacte financier et fiscal ».
Autrement dit : la prudence sera de mise dans la gestion pour éviter tout dérapage financier comme l’institution a connu par le passé.

Avant le vote du budget le 22 avril, des pistes ont déjà été avancées et Louis Pozzo di Borgo rassure : « nous serons dans la maîtrise tout en créant de la richesse sur le territoire ».
Sur le budget des déchets (16,7 millions d’euros en 2025), « l’objectif est de tendre vers l’autonomie financière en maîtrisant les coûts du service », a indiqué le président de la CAB, pour éviter d’abonder afin de trouver l’équilibre via le budget principal.

L’accent sera aussi mis sur les transports, avec un investissement de 11 millions d’euros prévu entre 2026 et 2032. « On a passé les 14 000 abonnés pour 800 000 euros de recettes », explique Louis Pozzo di Borgo. Un fait qui est dû à la tarification sociale mise en place selon les revenus des abonnés. Une subvention d’équilibre de 400 000 euros est nécessaire : « à nous de trouver les marges de manœuvre dans le budget principal, mais aussi de trouver une autre clientèle », conclut Louis Pozzo di Borgo. Cette subvention d’équilibre pourrait atteindre les 700 000 euros à l’horizon 2032.

Concernant la compétence GEMAPI (Gestion et Prévention des Inondations), 21,7 millions d’euros d’investissements sont prévus.
Du côté de l’opposition, Julien Morganti a rappelé qu’il fallait « prendre en compte la situation nationale et internationale à laquelle on peut rajouter un contexte régional instable », ajoutant que « la vigilance doit être érigée en principe ».

La Communauté d’Agglomération de Bastia a également procédé à l’élection des derniers membres du bureau. Carulina Colombani a été élue 11e vice-présidente. Conseillers supplémentaires : Jean-Charles Leonardi, Nathalie Graziani-Valery, Jean-Michel Savelli.

Délégations des vice-présidents et membres supplémentaires du bureau (2026-2032)

 
  1. Gilles Simeoni : Partenariats avec les territoires, coopération intercommunale, promotion de la langue corse et politique locale de l’habitat
  2. Marie-Hélène Padovani : Développement et mise en œuvre de la politique touristique et de la stratégie de l’action sociale communautaire
  3. Guy Armanet : Stratégie financière et pilotage des ressources communautaires
  4. Michel Simonpietri : Protection et bien-être animal
  5. Michel Rossi : Transition écologique, énergétique et coopération internationale
  6. Laurent Papazian : Politique locale de la santé
  7. Emmanuelle de Gentili : Cohésion sociale, citoyenneté et politique de la ville
  8. Pierre Orsini : Développement économique, innovation et attractivité entrepreneuriale
  9. Philippe Cimino : Gestion de l’eau, milieux aquatiques, prévention des risques, résilience territoriale et mise en œuvre de la politique sociale communautaire
  10. Marie-Dominique Giamarchi : Prévention des risques professionnels et qualité de vie au travail
  11. Carulina Colombani : Développement de la pratique sportive, du sport-santé et de l’inclusion sociale

Membres supplémentaires du bureau

  • Jean-Charles Leonardi : Prévention, gestion et valorisation des déchets – économie circulaire
  • Nathalie Valéry-Graziani : Relations aux usagers, modernisation et amélioration de la qualité du service public
  • Jean-Michel Savelli : Numérique, innovation et modernisation