Flambée des prix des carburants : les pêcheurs bloquent les ports de commerce corses

Rédigé le 07/04/2026
Manon Perelli

Depuis 6 heures ce mardi, les pêcheurs bloquent toute entrée et sortie des ports d'Ajaccio, Propriano, Bonifacio, Porto-Vecchio, Bastia et l'Ile-Rousse, contraignant plusieurs ferries à attendre en mer et bloquant des centaines de passagers. Une action coup de poing qui a pour but de réclamer des mesures concrètes pour compenser le surcoût du carburant.

Le port d'Ajaccio est bloqué depuis ce mardi matin (Photo : Paule Santoni)

« Nous sommes à l’agonie ». C’est un signal d’alarme fort que les pêcheurs professionnels corses et u sindicatu pà a difesa di i piscadori corsi entendent lancer. Depuis ce mardi matin 6 heures, ils bloquent à l’aide de leurs embarcations les six ports de commerce de l’île. Un blocage qui empêche toute entrée et sortie des ports et contraint les navires qui devaient y accoster à attendre en mer, comme à Ajaccio où la Corsica Linea, la Corsica Ferries et un bateau de croisière patientent dans le golfe. À Bastia, ce sont plusieurs dizaines de passagers qui doivent pour leur part prendre leur mal en patience dans le port en attendant de pouvoir embarquer.
 
Une action coup de poing qui a pour objectif de réclamer des « mesures concrètes pour compenser le surcoût du carburant » et une « table ronde avec les dépôts pétroliers corses afin d’aligner le prix du carburant sur celui du continent ».
 

(Photo : Paule Santoni)

« Le manque d’écoute des institutions face à nos alertes répétées nous contraint aujourd’hui à organiser ce blocage. Cette situation nous déplaît, mais elle est devenue nécessaire », affirment les pêcheurs dans un communiqué en ajoutant : « La récente augmentation du prix du gasoil a un impact direct et brutal sur nos entreprises. Nous subissons déjà, hors période de crise, un écart de prix avec le continent d’environ 0,40 € par litre ». Et de marteler : « Cette situation n’est plus tenable ».
 
En outre, ils rappellent subir une « pression réglementaire croissante de la part des instances européennes, totalement déconnectée de la réalité de notre métier ». « Nous pratiquons une pêche artisanale, avec de fortes contraintes liées à notre territoire. Nous refusons d’être assimilés à la pêche industrielle », martèlent les pêcheurs en avertissant : « Notre métier est en danger. Derrière nous, ce sont des familles, un savoir-faire, une culture et un territoire qui risquent de disparaître ».

(Photo : Paule Santoni)